Plats nationaux français

Matelote d’anguille angevine

Une matelote angevine de Loire où l’anguille marine au froid dans du vin rouge et du Cognac avant d’être braisée avec oignons, ail et pruneaux puis légèrement liée à la chapelure.

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Matelote d’anguille angevine — présenté dans un plat de service
Temps de préparation 25 minutes
Temps de cuisson 60 minutes
Temps total 565 minutes
Quantité obtenue 4 portions de plat principal avec environ 550 ml de sauce
Présentation

Matelote d’anguille angevine au vin rouge et aux pruneaux

La matelote d’anguille angevine prend une direction nettement différente de la tourangelle. Son profil repose sur du vin rouge d’Anjou, une petite quantité de Cognac ou d’eau-de-vie de raisin, des oignons, de l’ail et des pruneaux. L’anguille marine toute une nuit au réfrigérateur, et ce même liquide devient ensuite la sauce de cuisson. Une chapelure grossière apporte la liaison finale. Il n’y a ici ni base Bourgueil-tomate-fumet ni mélange des deux traditions ligériennes.

Utiliser uniquement de l’anguille déjà abattue, dépouillée et nettoyée par un professionnel. Les darnes de 5 cm sont immergées avec le vin, l’alcool et les pruneaux pendant 8 heures à 4 °C ou moins. Après égouttage, toute la marinade est conservée. L’anguille est brièvement colorée, les oignons sont attendris et le mélange au vin est réduit avant le retour du poisson. Le Cognac n’est pas flambé, ce qui évite un risque domestique inutile.

Le braisage final reste doux. Chaque darne épaisse doit atteindre 63 °C et la chair doit se détacher de l’arête centrale sans que le morceau ne s’effondre. Une fois l’anguille cuite, le bouquet garni ficelé est retiré et les 80 g de pain sec réduits en chapelure grossière épaississent la sauce juste assez pour qu’elle nappe la cuillère. Les pruneaux restent dans le plat, et environ 550 ml de sauce sont répartis entre les quatre portions.

Points clés

Points clés

  • Faire mariner uniquement au réfrigérateur, jamais sur le plan de travail.
  • Égoutter l’anguille pour la coloration tout en conservant toute la marinade destinée à la sauce.
  • Réduire le mélange au vin avant de remettre l’anguille pour éviter de faire bouillir le poisson trop longtemps.
  • Utiliser juste assez de chapelure pour napper légèrement et non pour obtenir une pâte.
Ingrédients

Ingrédients

  • 900 g d’anguille dépouillée et nettoyée professionnellement — avec arête centrale ; en darnes de 5 cm
  • 600 ml de vin rouge sec d’Anjou — contient des sulfites
  • 40 ml de Cognac ou d’eau-de-vie de raisin
  • 120 g de pruneaux dénoyautés
  • 150 g de petits oignons — pelés et coupés en deux s’ils sont gros
  • 10 g d’ail — finement haché
  • 30 g de beurre doux
  • 80 g de pain de campagne — séché puis réduit en chapelure grossière
  • 1 bouquet garni — solidement ficelé
  • 6 g de sel fin
  • 1 g de poivre noir — moulu
Préparation

Préparation

Préparation

  1. Faire mariner au froid. Placer les darnes d’anguille préparées professionnellement dans un récipient non réactif avec les 600 ml de vin rouge d’Anjou, les 40 ml de Cognac et les 120 g de pruneaux. Couvrir et réfrigérer 480 minutes, soit 8 heures, à 4 °C ou moins. L’anguille doit être entièrement entourée de marinade et rester froide ; les pruneaux doivent se gorger de liquide. Ne pas laisser mariner à température ambiante et ne pas préparer une anguille vivante ou entière à domicile.

  2. Égoutter et préparer. Égoutter l’anguille au-dessus du récipient afin de récupérer toute la marinade, préparer les 150 g d’oignons et les 10 g d’ail, puis ficeler solidement le bouquet garni. Compter 15 minutes à froid. Garder l’anguille au réfrigérateur jusqu’à ce que la cocotte soit prête. Les surfaces doivent être égouttées mais encore humides, et aucune marinade ne doit être perdue.

  3. Dorer l’anguille. Faire fondre la moitié des 30 g de beurre et colorer brièvement les deux faces coupées des darnes pendant 8 minutes à feu moyen-vif. Les retirer sur une assiette propre. Les faces doivent être légèrement dorées sans que la chair commence à se défaire. Se protéger des projections de beurre chaud.

  4. Colorer les oignons. Ajouter le beurre restant et les petits oignons, puis cuire 10 minutes à feu moyen jusqu’à légère coloration. Ajouter l’ail en fin de cuisson. Les oignons doivent être légèrement dorés et assouplis sur les bords ; l’ail doit devenir parfumé sans brûler.

  5. Réduire la marinade. Verser dans la cocotte toute la marinade vin-Cognac conservée avec les pruneaux, ajouter le bouquet garni, les 6 g de sel et 1 g de poivre, puis réduire 17 minutes à frémissement soutenu. Le liquide doit diminuer d’environ un tiers et l’odeur d’alcool devenir moins vive. Ne pas flamber ; les vapeurs restent inflammables près d’une flamme nue.

  6. Braiser l’anguille. Remettre les darnes et braiser 20 minutes à feu doux. Contrôler plusieurs morceaux épais : ils doivent tous atteindre 63 °C. La chair doit céder depuis l’arête centrale tout en gardant la forme de la darne. Manipuler avec précaution car de fines arêtes peuvent subsister.

  7. Lier légèrement. Retirer entièrement le bouquet garni, incorporer les 80 g de chapelure grossière et laisser frémir 5 minutes à feu doux, juste jusqu’à ce que la sauce nappe légèrement l’anguille et atteigne environ 550 ml. Vérifier qu’aucune ficelle ni tige d’herbe ne reste dans la cocotte. La sauce doit couvrir la cuillère sans devenir pâteuse.

Service, conservation et substitutions

Pratique

Substitutions et adaptations

- Un vin rouge sec de la zone plus large Anjou-Loire peut remplacer une appellation plus précise, avec une modification du caractère du vin. - Ne pas supprimer les pruneaux si l’objectif est de conserver ce profil angevin ; sans eux, la préparation se rapproche d’une matelote au vin rouge plus générique.

En cas de problème

La sauce devient pâteuse : trop de chapelure a été ajoutée ou la réduction a été poussée trop loin. Viser seulement une légère texture nappante.

En cas de problème

Les darnes se fendent au service : le frémissement final était trop vigoureux ou les ustensiles de transfert trop étroits.

En cas de problème

L’odeur d’alcool reste agressive : prolonger correctement la réduction de la marinade avant de remettre le poisson.

Valeurs nutritionnelles par portion

Valeurs nutritionnelles par portion

  • Taille de portion Environ 160 g d’anguille comestible avec pruneaux et sauce
  • Calories 620 kcal
  • Glucides 40 g
  • Protéines 34 g
  • Lipides 30 g
  • Fibres 4 g
  • Sodium 780 mg
Allergènes et sécurité alimentaire

Allergènes et sécurité alimentaire

Allergènes : Poisson ; gluten (pain de blé) ; lait (beurre) ; sulfites (vin).

Utiliser une anguille issue d’une filière légale, déjà abattue, dépouillée et nettoyée professionnellement.

Faire mariner uniquement au réfrigérateur.

Cuire l’anguille jusqu’à 63 °C.

Prévenir les convives de la présence de l’arête centrale et de nombreuses arêtes fines.

Ne pas flamber l’alcool ; une partie peut subsister après cuisson.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Pourquoi ajouter des pruneaux ?

Ils participent au profil angevin de cette matelote et la distinguent volontairement de la version tourangelle au Bourgueil, tomate et fumet.

Faut-il flamber le Cognac ?

Non. Il entre dans la marinade froide puis réduit avec le vin. Ne pas l’enflammer évite un risque de flamme inutile à domicile.

Peut-on jeter la marinade ?

Non. Elle constitue la base de la sauce ; la jeter modifierait à la fois le procédé et la base nutritionnelle.

Pour finir

Pour finir

  • Résultat : Une matelote angevine où l’anguille braisée, les pruneaux et la sauce au vin rouge restent nettement identifiables.
  • Technique décisive : Maintenir toute la marinade à 4 °C ou moins et réduire le vin avant le retour du poisson.