Piperade — compotée basque de tomate, piment doux et oignon
La piperade commence par les légumes, pas par les œufs. Son noyau est l’association oignon, tomate et piment doux, relevée à la fin par le piment d’Espelette. Les œufs ou le jambon de Bayonne sont des manières connues de la servir, mais ils restent hors de cette préparation de base afin de ne pas transformer le plat en brouillade de poivrons ni en shakshuka.
Le piment doux d’Anglet convient particulièrement bien lorsqu’il est disponible : il est peu piquant, relativement fin de peau et cohérent avec le profil basque. À défaut, un poivron vert doux à peau fine constitue l’adaptation pratique. Il ne faut pas remplacer les 500 g de piment doux par la même masse de piment fort : la majorité du légume sert à apporter douceur, volume et texture, tandis que 2 g de piment d’Espelette suffisent pour la chaleur mesurée.
La sauteuse large favorise l’évaporation. Les oignons s’assouplissent d’abord sans colorer, puis viennent les lanières de piment doux et l’ail. Les tomates sont ajoutées seulement lorsque les autres légumes sont déjà souples. La cuisson se poursuit à découvert jusqu’à disparition de l’aspect aqueux et obtention d’une texture suffisamment liée pour qu’une trace de spatule reste visible quelques instants.
La finition se situe entre le ragoût et la purée. Les légumes sont fondants, brillants et presque confits, tout en restant identifiables. Il n’y a ni objectif de brunissement, ni fromage, ni œuf dans la base. Cette retenue permet de servir la piperade seule, en accompagnement ou comme composante d’autres assiettes basques.


