Pastis gascon aux pommes, pâte étirée à la main et Armagnac
Le pastis gascon est une pâtisserie, et non la boisson anisée qui porte le même nom de pastis. Dans le Gers, il est également désigné comme croustade ; sa caractéristique déterminante est une pâte étirée à la main jusqu’à devenir presque translucide, puis disposée en couches irrégulières et croustillantes autour des pommes. Sur la majeure partie de la surface, la feuille doit être assez fine pour laisser voir le tissu placé dessous.
L’étirage est plus simple et plus sûr à deux, chacun travaillant d’un côté opposé d’une grande table stable. La pâte est pétrie jusqu’à devenir élastique, repose une heure entière, puis se travaille par-dessous avec le dos des mains bien à plat, sans pincer la feuille du bout des doigts. Les petites déchirures peuvent être réparées, mais tirer brutalement sur une pâte insuffisamment détendue ne ferait qu’agrandir les ruptures. Les pommes sont tranchées finement et les couches sont disposées sans les tasser afin de laisser la vapeur s’échapper et les bords sécher.
L’Armagnac est mesuré plutôt que versé librement, et le calcul nutritionnel ne suppose pas que tout son alcool disparaît au four. Le dessert cuit jusqu’à ce que les feuilles supérieures deviennent ambrées et croustillantes et que les pommes soient tendres, puis repose 30 minutes afin que les jus de fruits se stabilisent. Une pâte filo du commerce peut reproduire une partie du feuilletage, mais pas la texture de la pâte étirée à la main ; elle ne convient donc que comme adaptation clairement signalée.


