Griller un küşleme comme à Gaziantep
Le mot küşleme ne désigne pas n’importe quels cubes d’agneau. À Gaziantep, il nomme les deux petits filets maigres placés près de la colonne de l’animal, des pièces rares traditionnellement étroites d’environ 17–18 cm et 150–200 g chacune. Cette rareté et leur tendreté expliquent le traitement retenu : gros morceaux, huile d’olive, sel et charbon très chaud.
Le küşleme se distingue donc du kuzu şiş de gigot ou d’épaule, qui peut recevoir oignon et yaourt. Le filet n’a besoin d’aucun attendrissement ; acide, lait, ail ou mélange d’épices lourd masqueraient sa saveur et brûleraient. Chaque membrane argentée doit pourtant être retirée avec une lame souple, car cette fine bande resterait coriace malgré la tendreté du muscle.
Les pièces larges et régulières s’enfilent sans compression sur des brochettes plates. Quatre faces brunissent rapidement au-dessus de braises vives sans hautes flammes. La tradition peut viser une cuisson rosée, mais la sécurité domestique prévaut : plusieurs centres atteignent au moins 63°C puis reposent trois minutes. Pide chaud, oignon au sumac, poivrons et tomate restent des accompagnements, jamais une sauce qui cache le filet.
Pour 4 portions, prévoir 30 minutes de préparation, généralement 6–10 minutes de gril dans une cuisson totale de 10 minutes, puis 3 minutes de repos.
.webp)
.webp)
.webp)