À propos des spaghetti alla carbonara
La carbonara est avant tout une question de maîtrise de la chaleur. La sauce ne contient pas de crème : son onctuosité vient des œufs, du Pecorino râpé et de l’amidon apporté par les pâtes chaudes et un peu d’eau de cuisson. La poêle doit être assez chaude pour épaissir le mélange, mais pas au point de faire coaguler les œufs en grumeaux.
La recette actuelle de l’Accademia Italiana della Cucina, indiquée « all’uso di Roma », prévoit des spaghetti, du guanciale, des œufs, du Pecorino, de l’huile d’olive, de l’ail, du poivre noir et du sel. D’autres versions romaines reconnues omettent l’ail et l’huile ajoutée et utilisent uniquement la graisse rendue par le guanciale. Cette version de Travel S Helper suit la formule de l’Accademia sans mélanger discrètement plusieurs traditions concurrentes.
Le guanciale doit rendre sa graisse progressivement. Une saisie trop forte dès le départ peut colorer l’extérieur tout en laissant la graisse caoutchouteuse ; une chaleur modérée laisse le temps à la graisse de fondre et permet aux parties maigres de dorer tout en restant moelleuses. La graisse rendue fait partie de la sauce, elle ne se jette pas.
Le moment décisif arrive lorsque les pâtes rejoignent la poêle de guanciale. Retirer la poêle du feu avant d’ajouter le mélange aux œufs. Une ou deux cuillerées d’eau de cuisson détendent l’émulsion, tandis qu’un mélange énergique répartit la sauce avant qu’elle ne surchauffe.
Le Pecorino Romano apporte à la fois du sel et de la structure ; l’eau des pâtes doit donc être moins salée que pour une sauce tomate. Ajuster l’assaisonnement seulement à la fin, après avoir tenu compte du sel du guanciale et du fromage.



