Éclade de moules : cuisson oléronaise sous aiguilles de pin
L’éclade de moules est indissociable de sa cuisson en plein air. Sur le littoral de Charente-Maritime, notamment autour de l’île d’Oléron et de Royan, les moules sont rangées très serrées sur une planche, puis ensevelies sous des aiguilles de pin sèches que l’on enflamme. Cette flambée courte et intense n’est pas une mise en scène autour de moules cuites autrement : elle constitue la technique même de l’éclade, avec ses coquilles noircies par la suie et son service directement après le feu.
La sécurité commence bien avant l’allumage. Les moules doivent provenir d’une filière commerciale autorisée et surveillée, rester froides et vivantes, puis être brossées et débarrassées de leur byssus. Les coquilles cassées sont jetées, tout comme une moule ouverte qui ne se referme pas lorsqu’on la tapote. Après cuisson, toute moule demeurée fermée est éliminée. Ces contrôles visuels ne remplacent toutefois jamais le contrôle de la zone de récolte : la cuisson ordinaire ne détruit pas de façon fiable les biotoxines marines.
Le feu doit être géré comme toute flamme nue extérieure. La planche est installée sur une zone autorisée et incombustible, loin des bâtiments, de la végétation sèche, des enfants et de tout surplomb. Une couche régulière de 10 à 15 cm d’aiguilles de pin sèches recouvre les coquillages, sans accélérant. De l’eau ou un extincteur adapté doit rester à portée de main depuis l’allumage jusqu’à ce que les cendres soient noyées, remuées et totalement froides. En cas de vent, d’interdiction locale de feu ou de conditions sèches dangereuses, il faut renoncer plutôt que transposer la cuisson sous un toit ou à l’intérieur.


