Préparer le keşkek turc à l’agneau
Le keşkek naît de trois transformations lentes. Le blé mondé gonfle, se fend et libère son amidon ; le pois chiche s’attendrit dans le fond ; l’agneau avec os enrichit le liquide avant de se détacher en fibres. Le résultat n’est pas un pilaf aux grains séparés, mais une masse crémeuse qui se pose doucement dans le plat sans devenir une soupe.
Le trempage séparé rapproche les temps de cuisson du blé et des pois chiches. Une marmite lourde, couverte avec une petite ouverture, maintient un frémissement régulier sans brûler la base. L’agneau doit dépasser la seule cuisson sanitaire : il est prêt lorsque l’os se libère et que la viande s’effiloche sans résistance. Chaque os et cartilage dur est ensuite retiré avec soin.
Le battage à très chaud constitue une véritable étape de cuisson. Une partie de l’agneau retourne dans la marmite, l’autre reste pour la garniture, puis la cuillère écrase, tire et replie jusqu’à obtenir une texture élastique qui nappe. Le beurre reçoit paprika et pul biber hors du feu pendant quelques secondes seulement, afin de rester rouge et parfumé plutôt que brun et amer.
Pour 8 portions généreuses, prévoir 35 minutes de préparation, 10–12 heures de trempage et environ 3 heures 30 minutes de cuisson, battage compris.

.webp)
.webp)