Sarma serbe au chou fermenté, viande et riz
La sarma existe dans de nombreux pays des Balkans et bien au-delà, mais la feuille, la proportion de viande et de riz, la présence de fumé et la manière de cuire changent d’une cuisine à l’autre. En Serbie, la sarma préparée avec du chou fermenté appartient particulièrement au répertoire d’hiver et des grandes tables de fête. Elle ne doit pas être confondue avec les sarma de feuilles de vigne, plus légères et construites autrement.
Ici, les feuilles de chou fermenté sont utilisées entières. Leur nervure centrale est amincie pour permettre un rouleau serré sans couper la feuille. Si le chou est extrêmement salé, un rinçage bref suffit ; un long trempage retirerait aussi l’acidité et une partie du caractère recherché.
La farce associe 400 g de porc haché, 300 g de bœuf haché et 100 g de riz cru. Le riz n’est pas précuit : il gonfle pendant le mijotage et absorbe le liquide aromatique contenu dans le rouleau. C’est pourquoi la farce doit être répartie régulièrement sans être comprimée. Un rouleau trop serré ou trop plein limite la place nécessaire à l’expansion du riz.
L’oignon est assoupli dans le saindoux avant d’être mêlé à la viande. Il ne doit pas brunir ; le but est de le rendre tendre et doux. L’ail n’arrive qu’en fin de cuisson de l’oignon, puis l’ensemble est légèrement refroidi avant de rencontrer la viande crue. Le paprika et le poivre donnent un fond épicé discret, tandis que le sel est volontairement mesuré car le chou et la poitrine fumée en contiennent déjà beaucoup.
Dans la casserole, les rouleaux sont disposés très serrés, fermeture vers le bas. Des chutes de chou protègent le fond et les morceaux de poitrine fumée ainsi que le laurier sont répartis entre les couches. Une cuisson lente d’environ trois heures attendrit les feuilles et hydrate le riz sans faire éclater les rouleaux.
La texture du chou et celle du riz sont des repères culinaires, mais la sécurité de la farce de viande hachée se contrôle séparément : un rouleau placé au centre de la casserole doit atteindre 71 °C. Le mijotage prolongé y conduit normalement, mais le thermomètre permet de vérifier directement le point le plus lent à chauffer.