Podvarak serbe au chou fermenté, porc et lard fumé
Le podvarak transforme un chou fermenté déjà très expressif en un plat de four concentré. Le chou est associé à de l'épaule de porc, du lard fumé, de l'oignon, du paprika doux, du laurier et un peu d'ail. Le résultat recherché n'est pas une choucroute en bouillon : il doit rester moelleux, mais presque toute l'eau libre doit disparaître avant le service.
La première décision se prend avant même d'allumer le feu. Le chou fermenté est égoutté, goûté et rincé brièvement seulement s'il est vraiment trop salé, puis pressé de nouveau. Cette étape est importante parce que le lard fumé apporte déjà beaucoup de sel. Les 3 g de sel prévus servent uniquement à assaisonner le porc ; il n'est pas question de corriger ensuite à l'aveugle.
Le porc est d'abord coloré, puis le lard et l'oignon rejoignent la cocotte. Ce fond gras et aromatique reçoit ensuite le paprika, le chou, le poivre, le laurier et 300 ml d'eau. Vingt-cinq minutes sur le feu assouplissent le chou et homogénéisent l'assaisonnement avant le passage au four.
La cuisson au four se fait à 200 °C. Une phase couverte favorise l'attendrissement du porc et du chou ; la fin découverte concentre et colore. Le morceau de porc le plus épais doit atteindre au moins 63 °C et bénéficier d'au moins 3 minutes de repos, mais l'épaule est cuite bien au-delà de ce minimum jusqu'à devenir tendre à la fourchette.
La dernière dizaine de minutes hors du four n'est pas décorative : le bouillonnement se calme, les jus se répartissent et le plat se portionne plus proprement. Le podvarak doit alors présenter des bords de chou légèrement brunis, une viande tendre et aucune mare de liquide au fond de la cocotte.