Cuisine andorrane · Plat principal · Recette
Escudella i carn d’olla en deux services avec bouillon, pilota et viandes
Un bouillon longuement mijoté avec bœuf, porc, poulet, saucisses, pilota, pois chiches et légumes, présenté en deux temps: soupe aux coquillettes, puis grand plat de viandes et de légumes.
Catégorie : Plat principal/ Cuisine : Andorre/ Difficulté : Avancée/ Méthode : Mijotage lent/ Temps total : 4 h

Le cadrage horizontal souligne le service en deux temps: bouillon clair aux pâtes au premier plan, viandes, pilota, pois chiches et légumes réunis dans le grand plat.
Escudella i carn d’olla, un même pot pour deux services
L’escudella i carn d’olla est moins une soupe isolée qu’une architecture de repas. Le même pot fournit d’abord un bouillon servi avec de petites pâtes, puis un plat de viandes, saucisses, pilota, pois chiches et légumes. En Andorre, ce type de préparation correspond aux cuisines de montagne où un long mijotage transforme des morceaux variés en plusieurs services. La richesse ne vient pas d’un épaississement. Elle se construit par étapes, avec des os, des viandes fraîches, des charcuteries, des légumes d’hiver et une eau maintenue juste sous l’ébullition forte.
Le pot ne cuit pas tout au même rythme: chaque ingrédient entre quand le temps restant correspond à sa texture.
Le choix des morceaux répond à leur temps de cuisson. Le jarret de bœuf et les travers de porc entrent en premier; ils donnent du corps au bouillon et supportent trois heures de chaleur douce. Le poulet rejoint le pot plus tard pour rester entier. Les saucisses blanches et noires ne sont ajoutées qu’à la fin, faute de quoi leur texture se défait et leur sel envahit le liquide. Les pois chiches déjà cuits suivent la même logique. Ils ont seulement besoin de se réchauffer et de prendre le goût du bouillon.
La pilota, grosse boulette de viande, demande une attention particulière. Le mélange de bœuf et de porc est lié avec œuf, chapelure, lait, ail et persil, puis façonné en deux cylindres épais pour une cuisson régulière. Une légère pellicule de chapelure aide la surface à tenir au contact du bouillon. La viande hachée doit atteindre 71 °C au cœur. Après cuisson, les pilotas reposent quelques minutes avant d’être tranchées; servies trop tôt, elles se fendent et perdent leur jus dans le plat.
Les légumes sont introduits par densité. Carottes, poireaux et céleri parfument le fond; le chou et les pommes de terre viennent assez tard pour garder une forme nette. Une cuisson à gros bouillons casserait les légumes, troublerait la soupe et émulsionnerait la graisse. Le bon réglage montre de petites bulles espacées. Le pot est partiellement couvert, ce qui limite l’évaporation tout en laissant le cuisinier écumer et contrôler chaque ajout. Le sel se corrige seulement après l’arrivée des saucisses.
Au moment du service, environ trois litres de bouillon sont prélevés et portés à frémissement dans une seconde casserole avec les pâtes. La soupe ouvre le repas. Le grand plat suit, organisé par familles: viandes tranchées, saucisses, pilota, pois chiches, pommes de terre, carottes et chou. Cette séparation garde les textures lisibles et permet de choisir sa portion. La recette nourrit dix personnes et demande un récipient d’au moins douze litres. Le travail actif se concentre au début et lors des ajouts; entre ces moments, la réussite repose sur une chaleur stable et une surveillance tranquille.
La quantité du pot permet de préparer le repas la veille, à condition de refroidir vite le bouillon et les garnitures séparément. Le lendemain, la graisse solidifiée se retire facilement et le bouillon retrouve sa fluidité en chauffant. Les légumes les plus fragiles gagnent toutefois à être cuits le jour du service. Cette organisation réduit le travail au dernier moment sans transformer le grand plat en assemblage réchauffé sans relief.
Trois heures de mijotage — quatre entrées
Recette en bref. Le jarret de bœuf et les travers de porc démarrent dans l’eau froide, puis mijotent avec poireaux, céleri, carottes et poulet. Une pilota de bœuf et porc, liée avec œuf, chapelure, lait, ail et persil, rejoint le pot avec le chou et les pommes de terre. Les saucisses et les pois chiches cuits arrivent pendant les vingt-cinq dernières minutes. Une partie du bouillon est ensuite filtrée et utilisée pour cuire des pâtes en coquille. La soupe est servie d’abord; les viandes, saucisses, pilota, pois chiches et légumes sont rangés sur un grand plat pour le second service. La cuisson reste au frémissement afin de préserver un bouillon net et des garnitures entières.
Ingrédients
Pour le bouillon et les viandes
- Jarret de bœuf avec os, 700 g — en un gros morceau
- Travers de porc, 500 g — séparés en deux bandes
- Poulet avec os, 700 g — cuisses et hauts de cuisse
- Eau froide, 6 litres — plus un peu si le niveau baisse
- Poireaux, 200 g — nettoyés et coupés en deux
- Céleri branche, 150 g — en tronçons
- Carottes, 300 g — entières si elles sont petites
- Chou vert, 500 g — en gros quartiers
- Pommes de terre, 700 g — pelées, de taille proche
- Pois chiches cuits, 300 g — égouttés
- Saucisse blanche, 250 g — piquée une fois
- Saucisse noire, 200 g — ajoutée en fin de cuisson
- Sel fin, 12 g — à corriger après les saucisses
- Poivre noir en grains, 2 g — environ 1 cuillère à café
Pour la pilota et la soupe
- Bœuf haché, 250 g — pour la pilota
- Porc haché, 250 g — pour la pilota
- Œuf, 1 gros — pour lier
- Chapelure, 60 g — plus 10 g pour fariner légèrement
- Lait entier, 50 ml — pour assouplir la mie
- Ail, 2 gousses — hachées finement
- Persil plat, 20 g — haché
- Pâtes en coquille, 250 g — cuites dans le bouillon filtré
Préparation, étape par étape
Construire le bouillon
Démarrer à froid
Placez le jarret et les travers dans un pot de 12 litres. Ajoutez 6 litres d’eau froide et chauffez lentement jusqu’aux premiers frémissements, environ 25 minutes.
Écumer
Retirez la mousse pendant 15 minutes, puis ajoutez les grains de poivre et 6 g de sel. Réglez le feu pour que seules de petites bulles remontent par intervalles.
Ajouter les premiers légumes
Après 45 minutes de mijotage, ajoutez poireaux, céleri, carottes et poulet. Poursuivez 60 minutes avec le couvercle entrouvert.
Préparer et cuire la pilota
Mélanger la farce
Faites gonfler 60 g de chapelure dans le lait 5 minutes. Ajoutez bœuf, porc, œuf, ail, persil et 2 g de sel; mélangez juste assez pour lier.
Façonner
Formez deux cylindres de même taille, roulez-les dans les 10 g de chapelure restants et placez-les au frais 15 minutes.
Ajouter les garnitures denses
Après 1 h 45 de cuisson totale, plongez les pilotas, le chou et les pommes de terre. Maintenez le frémissement 45 minutes, jusqu’à ce qu’un couteau traverse une pomme de terre avec une légère résistance.
Finir et servir en deux temps
Cuire les charcuteries
Ajoutez les saucisses et les pois chiches. Cuisez encore 25 minutes, jusqu’à 74 °C pour le poulet et 71 °C au centre des pilotas. Goûtez le bouillon avant d’ajouter le reste du sel.
Préparer la soupe
Prélevez 3 litres de bouillon, filtrez-les dans une seconde casserole et portez à frémissement. Cuisez les pâtes 8 à 10 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient tendres mais gardent leur forme.
Dresser la carn d’olla
Sortez viandes, saucisses, pilotas et légumes. Laissez reposer 8 minutes, tranchez les pièces et rangez-les avec les pois chiches sur un grand plat chaud.
Organiser le repas
Servez d’abord la soupe aux pâtes. Apportez ensuite le grand plat avec un peu de bouillon chaud à part pour humidifier les portions.
Service, conservation et adaptations
Service et accords
La soupe se présente dans des bols profonds, avec une quantité modérée de pâtes pour laisser le bouillon visible. Le second service peut être accompagné de pain grillé, d’huile d’olive et d’un condiment acide, tel qu’une moutarde douce ou des cornichons. Un rouge peu tannique supporte les viandes sans durcir le goût du chou. Les convives choisissent librement entre viande, pilota, saucisse et légumes.
Conservation et réchauffage
Le bouillon et les garnitures doivent refroidir séparément dans des récipients peu profonds et rejoindre le réfrigérateur sous deux heures. Ils se gardent trois jours. Le bouillon se porte à ébullition franche une minute; viandes et légumes se réchauffent doucement dans une partie de ce bouillon jusqu’à 74 °C. Les pâtes restent séparées pour ne pas absorber tout le liquide. Le bouillon seul se congèle trois mois.
Variations et substitutions
Quatre choix restent cohérents: remplacer les travers par de l’épaule de porc; utiliser une seule saucisse douce si la noire manque; échanger les pois chiches contre des haricots blancs; remplacer les pâtes en coquille par de petits vermicelles. Une version plus légère retire une partie de la graisse froide du bouillon le lendemain, sans changer la structure du service.
Conseils du chef et matériel
Le pot doit offrir assez d’espace pour que les ingrédients ne se tassent pas. Une écumoire enlève les protéines coagulées sans brasser le liquide. Les saucisses entrent tard et le sel se règle après leur cuisson. Le matériel comprend un pot de 12 litres, une seconde casserole de 4 litres, une écumoire, une passoire fine, un thermomètre, deux grandes pinces et un plat chauffé pour la carn d’olla.
Valeurs nutritionnelles par portion
- Calories
- ≈ 820 kcal
- Glucides
- ≈ 53 g
- Protéines
- ≈ 55 g
- Lipides
- ≈ 43 g
- Fibres
- ≈ 8 g
- Sodium
- ≈ 1100 mg
Allergènes : gluten, œuf, lait et céleri; les saucisses peuvent ajouter sulfites ou autres allergènes selon leur composition. L’estimation repose sur les portions comestibles, inclut pâtes et garnitures et varie selon les morceaux, le gras retiré et la charcuterie.
Deux services, un seul bouillon et une chronologie qui protège chaque texture.
L’escudella devient lisible quand le pot n’est pas traité comme une cuisson simultanée. Les morceaux longs ouvrent le bouillon, les légumes gardent leur forme, la pilota reste juteuse et les saucisses conservent leur caractère. Le repas peut alors passer de la soupe au grand plat sans perdre la cohérence du premier feu.