Cuisine croate · Mijoté au paprika · Recette
Paprikash croate au poulet mijoté au paprika avec quenelles à la cuillère
Cuisses et pilons de poulet braisés dans une sauce rouge d’oignons, poivron, tomate et paprika doux, avec des quenelles souples façonnées à la cuillère.
Catégorie : Goulache et plat au paprika/Cuisine : Croatie/Difficulté : Intermédiaire
Le paprika comme matière de sauce
Le paprikaš de poulet appartient aux plats mijotés du nord et de l’est de la Croatie, dans une zone culinaire où oignon, paprika et cuisson en cocotte forment une base familière. La sauce n’est pas une simple garniture colorée : elle se construit à partir d’une quantité généreuse d’oignons fondus, de sucs de poulet et de paprika ajouté hors du feu pour éviter l’amertume. La version présentée associe cuisses et pilons, dont la peau et les os donnent du corps au jus, à des quenelles déposées à la cuillère, proches des žličnjaci ou noklice servis dans plusieurs cuisines de la région.
Le paprika doit rencontrer la graisse chaude, jamais une cocotte brûlante et sèche.
Les morceaux de poulet sont épongés, salés puis saisis côté peau. Il n’est pas nécessaire de les rincer; une surface sèche brunit mieux et limite les projections. La graisse rendue sert à cuire les oignons lentement. Le poivron rouge et la carotte apportent une douceur végétale, tandis que la tomate reste mesurée afin de ne pas transformer le plat en sauce tomate. Le paprika doux domine; une petite pointe de paprika fort peut renforcer la chaleur sans obscurcir le parfum principal.
Le paprika en poudre brûle vite. La cocotte quitte donc le feu avant son ajout, puis reçoit immédiatement la tomate et le bouillon. Ce geste dissout les pigments et les arômes dans la matière grasse sans les exposer à une chaleur sèche. Le poulet revient ensuite dans une sauce assez fluide pour mijoter. La température reste basse, avec quelques bulles régulières. La viande est prête quand elle atteint au moins 74 °C près de l’os et qu’une fourchette entre facilement dans la cuisse.
Les quenelles se préparent pendant le mijotage. Farine, œufs, eau, sel et un peu d’huile donnent une pâte épaisse qui tombe lentement de la cuillère. Un repos de dix minutes hydrate la farine et empêche les quenelles de se défaire. Elles sont déposées directement dans la sauce, en petits volumes, car elles gonflent presque du double. La cocotte reste couverte pendant les premières minutes; la vapeur cuit leur dessus tandis que la sauce cuit leur base. Une quenelle ouverte doit montrer un centre tendre sans farine sèche.
Le plat repose dix minutes avant le service. Ce temps permet à la sauce de s’épaissir légèrement et aux quenelles d’absorber une partie du jus sans devenir lourdes. Le paprikash se sert dans une assiette creuse, avec un morceau de poulet, plusieurs quenelles et assez de sauce pour les enrober. Une salade de concombre ou de chou apporte un contraste frais. La réussite se lit dans une sauce rouge orangé, brillante mais non grasse, un poulet tendre et des quenelles irrégulières qui gardent la marque de la cuillère.
La consistance de la sauce doit être réglée avant l’arrivée des quenelles. Elle paraît alors un peu plus fluide que le résultat final, puisque la farine des quenelles absorbe du liquide pendant la cuisson et le repos. Si la sauce est déjà épaisse, 100 à 150 ml de bouillon chaud sont ajoutés avant de déposer la pâte. À l’inverse, une sauce trop claire peut réduire quelques minutes après retrait temporaire du poulet. Ce réglage protège les quenelles : elles cuisent dans un milieu assez liquide pour gonfler, mais restent nappées au moment du service.
De la saisie aux quenelles — quatre contrôles
La recette en bref. Cuisses et pilons sont saisis, puis retirés pendant que les oignons, la carotte et le poivron fondent dans la graisse rendue. Le paprika doux est ajouté hors du feu et mouillé aussitôt avec tomate et bouillon. Le poulet mijote jusqu’à 74 °C au cœur. Une pâte épaisse de farine, œufs, eau, huile et sel repose dix minutes, puis tombe par petites cuillerées dans la sauce. Les quenelles cuisent couvertes, sont retournées une fois et restent tendres au centre. Après un repos final, chaque portion reçoit du poulet, trois ou quatre quenelles et une sauce rouge orangé suffisamment épaisse pour les napper.
Ingrédients
Pour le paprikash
- Cuisses et pilons de poulet, 1,6 kg — environ 6 pièces, avec peau et os
- Sel fin, 10 g — divisé entre le poulet et la sauce
- Huile neutre, 25 ml — seulement si le poulet rend peu de graisse
- Oignons, 450 g — hachés finement
- Carottes, 250 g — coupées en rondelles épaisses
- Poivron rouge, 250 g — taillé en lanières courtes
- Ail, 3 gousses — hachées
- Paprika doux, 20 g — frais et parfumé
- Paprika fort, 1 g — facultatif
- Concentré de tomate, 30 g — pour soutenir la sauce
- Tomates concassées, 300 g — sans excès de jus
- Bouillon de volaille non salé, 650 ml — ajusté pendant le mijotage
- Feuille de laurier, 1 — retirée avant le service
- Poivre noir, ½ c. à café — fraîchement moulu
Pour les quenelles à la cuillère
- Farine de blé, 240 g — type T45 ou T55
- Œufs, 2 gros — environ 100 g sans coquille
- Eau, 120 ml — à température ambiante
- Huile neutre, 15 ml — assouplit la mie
- Sel fin, 3 g — dans la pâte
Mijotage et quenelles, étape par étape
Construire la sauce
Séchez et saisissez le poulet
Épongez le poulet, salez-le avec 7 g de sel et posez-le côté peau dans une cocotte chaude. Faites dorer 8 à 10 minutes, retournez 3 minutes puis réservez. Ne rincez pas la volaille crue.
Fondez les légumes
Gardez environ 30 ml de graisse dans la cocotte. Ajoutez oignons, carottes et poivron; cuisez 12 à 15 minutes à feu moyen-doux jusqu’à ce que l’oignon soit souple. Ajoutez l’ail pendant 1 minute.
Ajoutez le paprika hors du feu
Retirez la cocotte du feu, incorporez les deux paprikas pendant 20 secondes, puis ajoutez immédiatement concentré, tomates et bouillon. Le paprika doit parfumer la graisse sans brunir.
Mijoter le poulet
Remettez les morceaux
Ajoutez laurier, poivre et reste de sel. Replacez le poulet, peau vers le haut, en laissant une partie émerger de la sauce.
Cuisez doucement
Couvrez partiellement et faites mijoter 40 à 45 minutes. Retournez une fois. La chair doit atteindre 74 °C près de l’os et se détacher facilement sous la fourchette.
Former et cuire les quenelles
Mélangez la pâte
Battez œufs, eau, huile et sel. Ajoutez la farine et remuez juste assez pour obtenir une pâte épaisse qui tombe lentement. Laissez reposer 10 minutes.
Déposez à la cuillère
Humidifiez deux cuillères. Prélevez des portions de 20 à 25 g et faites-les tomber dans les espaces entre les morceaux de poulet. Elles doivent rester petites et irrégulières.
Terminez la cuisson
Couvrez et laissez frémir 8 minutes. Retournez les quenelles, puis cuisez encore 5 à 7 minutes. Ouvrez-en une : le centre doit être tendre et sans trace de farine crue.
Laissez reposer
Retirez le laurier, goûtez le sel et laissez la cocotte hors du feu pendant 10 minutes avant de servir.
Service, conservation et réglages de sauce
Service
Une assiette creuse reçoit un morceau de poulet, trois ou quatre quenelles et une louche de sauce. Une salade de concombre à la crème, une salade de chou ou des cornichons apportent de l’acidité. Aucun autre féculent n’est nécessaire.
Conservation et réchauffage
Le paprikash se garde 3 jours au réfrigérateur dans un récipient fermé. Les quenelles absorbent la sauce; un peu de bouillon peut être ajouté au réchauffage. Portez le poulet et la sauce à 74 °C. La congélation convient au poulet et à la sauce pendant 2 mois, mais les quenelles deviennent plus tendres.
Quatre variations possibles
Des hauts de cuisse désossés réduisent la cuisson de 10 minutes; des poivrons jaunes remplacent les rouges; le paprika fort peut être supprimé; 100 g de crème aigre peuvent être incorporés hors du feu pour une sauce plus douce, sans la faire bouillir ensuite.
Trois repères de cuisine d’essai
Un paprika ancien donne surtout de la couleur et peu d’arôme. Une sauce qui bout fortement émulsionne la graisse et resserre le poulet. Des quenelles trop grosses restent crues au centre avant que leur surface ne se défasse.
Matériel
Une cocotte large de 5 à 6 litres permet de disposer le poulet en une couche. Deux cuillères, un thermomètre à sonde et un fouet court pour la pâte suffisent au reste de la préparation.
Valeurs nutritionnelles par portion
- Calories
- ≈ 650 kcal
- Glucides
- ≈ 49 g
- Protéines
- ≈ 48 g
- Lipides
- ≈ 29 g
- Fibres
- ≈ 6 g
- Sodium
- ≈ 820 mg
Principaux allergènes : gluten et œufs. Estimation calculée à partir de valeurs de référence standard pour 1 portion sur 6; les marques, la perte de cuisson, l’absorption et le partage des portions font varier le résultat.
La sauce doit napper la cuillère, le poulet céder près de l’os et chaque quenelle garder une forme irrégulière.
Le plat repose sur une succession courte de gestes exacts : saisir, fondre l’oignon, protéger le paprika de la chaleur sèche et calibrer les quenelles. Quand ces points sont respectés, le mijoté reste franc, chaleureux et reproductible.