Recette
Fuži au žgvacet de volaille pâtes façonnées à la mainet sauce d’Istrie longuement mijotée
Les fuži sont de petites pâtes d’Istrie formées à partir de losanges dont deux pointes se pincent autour d’un manche fin. Elles accompagnent ici un žgvacet de volaille : des morceaux de poulet dorés, puis mijotés avec oignon, tomate, vin blanc et herbes jusqu’à ce que la sauce devienne brillante et assez dense pour entrer dans les replis de la pâte. Le repos du pâton limite le retrait au laminage, tandis qu’une finition avec l’eau de cuisson lie le jus sans farine supplémentaire. La volaille reste juteuse, les fuži gardent une mâche ferme et chaque pièce retient une part mesurée de sauce.
- Quantité
- 6 portions
- Préparation
- 1 h
- Cuisson
- 1 h 20
- Repos de la pâte
- 30 min
- Temps total
- 2 h 50
- Par portion
- ≈ 680 kcal
01 · Contexte, texture et technique
Façonner les fuži pour qu’ils retiennent un žgvacet concentré
La pâte demande de la fermeté, le ragoût une réduction lente et l’assemblage une courte émulsion avec l’eau de cuisson.
En Istrie, les fuži comptent parmi les formes de pâtes les plus reconnaissables. Une feuille de pâte est découpée en petits losanges, puis deux angles opposés se rejoignent autour d’un bâtonnet ou du manche fin d’une cuillère en bois. Le geste crée un tube irrégulier, ouvert aux extrémités, qui accroche les sauces épaisses. Ces pâtes se servent avec des préparations aux truffes, au gibier ou avec le žgvacet, un ragoût local de viande construit sur l’oignon, la tomate et le vin. La version présentée utilise des hauts de cuisse de poulet, plus tolérants au mijotage que le blanc.
Le pâton est volontairement ferme. Des œufs assurent la couleur et la structure, tandis qu’une petite quantité d’eau permet d’ajuster l’hydratation sans rendre la feuille collante. Après le pétrissage, le gluten reste tendu et la pâte se rétracte ; trente minutes de repos suffisent pour l’assouplir. Le laminage peut se faire au rouleau, mais une machine à pâtes donne une épaisseur plus régulière. Une feuille trop mince se déchire au pincement, alors qu’une feuille trop épaisse donne des jointures dures après cuisson.
Le žgvacet commence par une vraie coloration de la volaille. Les morceaux sont séchés, salés modérément puis saisis en plusieurs fois. Cette croûte fournit les sucs qui donneront de la profondeur à la sauce. L’oignon cuit ensuite assez longtemps pour perdre son goût cru et se fondre dans le jus. Le concentré de tomate est chauffé jusqu’à devenir brique, puis le vin blanc décolle le fond de la cocotte. La tomate ne doit pas dominer ; elle sert de liaison et soutient le goût de la viande.
Le poulet mijote à couvert, puis la cocotte est découverte pour réduire le liquide. Les hauts de cuisse atteignent au moins 74 °C au cœur et deviennent assez tendres pour se détacher en gros filaments, sans se désagréger entièrement. Une partie de la viande peut rester en morceaux afin que le plat conserve du relief. Le romarin et le laurier parfument la cuisson, mais ils sont retirés avant le mélange avec les pâtes pour éviter une amertume résineuse.
Les fuži cuisent rapidement dans une grande quantité d’eau salée. Ils sont transférés encore fermes dans la cocotte avec une louche d’eau de cuisson riche en amidon. Deux minutes de brassage doux suffisent pour que la sauce nappe les surfaces et pénètre les tubes. Le plat se sert immédiatement : une attente prolongée ferait boire tout le jus à la pâte et alourdirait la texture. Une petite quantité de fromage dur peut finir l’assiette, sans couvrir le caractère du žgvacet.
Le fuži bien formé reste ouvert aux deux extrémités : sa jointure tient à l’ébullition et son creux recueille la sauce au lieu de la laisser au fond de l’assiette.
Pâton ferme et reposé
Il se lamine sans farine excessive et garde une jointure nette après le pincement.
Volaille saisie par lots
La coloration développe des sucs ; une cocotte surchargée ferait bouillir la viande.
Finition dans la sauce
Deux minutes avec un peu d’eau de cuisson lient le žgvacet aux replis des fuži.
02 · Dosages et fonctions
Ingrédients pour six assiettes généreuses
La recette associe une pâte aux œufs façonnée le jour même et un ragoût de poulet assez réduit pour la napper.
Pour les fuži
- 400 g de farine de blé type 00 ou T45Prévoir un peu de farine pour le plan de travail.
- 4 œufs moyensEnviron 200 g sans coquille.
- 15 ml d’huile d’olive
- 20 à 40 ml d’eauÀ ajouter seulement si le pâton reste friable.
- 5 g de sel fin
Pour le žgvacet de volaille
- 1,2 kg de hauts de cuisse de poulet désossésSans peau, coupés en gros morceaux.
- 30 ml d’huile d’olive
- 450 g d’oignons jaunes émincés
- 2 gousses d’ail hachées
- 20 g de concentré de tomate
- 300 g de tomates concassées
- 200 ml de vin blanc secUne malvoisie d’Istrie convient, sans être indispensable.
- 350 ml de bouillon de volaille peu salé
- 1 feuille de laurier
- 1 petite branche de romarin
- 8 g de sel finÀ ajuster selon le bouillon.
- 2 g de poivre noir moulu
- 20 g de persil plat hachéAjouté à la fin.
- 40 g de fromage dur râpéFacultatif au service, mais compté dans la nutrition.
03 · Gestes, temps et signes de cuisson
Façonner les fuži et mijoter le žgvacet
Les pâtes sèchent brièvement pendant que la volaille cuit doucement dans une sauce au vin, à la tomate et aux aromates.
Pétrir et façonner les fuži
1 h 15Pétrir une pâte ferme
Réunir la farine, les œufs, l’huile et le sel. Pétrir 8 à 10 minutes en ajoutant l’eau par petites quantités seulement si la pâte reste friable ; elle doit devenir lisse, dense et non collante.
Laisser détendre le pâton
Envelopper la pâte et la laisser reposer 30 minutes à température ambiante. Cette pause doit la rendre plus souple sans qu’elle se dessèche.
Laminer et découper les losanges
Diviser le pâton en quatre, laminer chaque morceau à environ 1 mm d’épaisseur puis découper des bandes de 4 cm et des losanges réguliers de 4 cm.
Former les fuži
Poser un fin manche en bois au centre d’un losange, rabattre deux pointes opposées, les humidifier à peine et les pincer fermement. Retirer le manche et déposer la pâte sur un linge fariné.
Cuire le žgvacet
1 h 20Saisir la volaille
Éponger le poulet, l’assaisonner avec la moitié du sel puis le dorer dans l’huile chaude en trois lots, 3 à 4 minutes par face. Réserver sans entasser les morceaux.
Fondre l’oignon
Baisser le feu, ajouter les oignons et cuire 12 à 15 minutes en raclant les sucs. Ils doivent devenir blond foncé, souples et presque confits.
Construire la sauce
Ajouter l’ail et le concentré de tomate, cuire 1 minute, puis verser le vin. Réduire de moitié avant d’ajouter les tomates, le bouillon, le laurier, le romarin, le reste du sel et le poivre.
Mijoter jusqu’à tendreté
Remettre le poulet, couvrir et laisser frémir 35 minutes. Découvrir, poursuivre 15 à 20 minutes et vérifier que la volaille atteint au moins 74 °C ; la sauce doit napper le dos d’une cuillère.
Cuire les pâtes et assembler
10 minCuire les fuži
Plonger les fuži dans 4 l d’eau bouillante salée et cuire 3 à 5 minutes selon leur épaisseur. Prélever 150 ml d’eau de cuisson avant de les égoutter.
Lier les pâtes au ragoût
Retirer le laurier et le romarin, ajouter les fuži dans la cocotte avec 80 ml d’eau de cuisson et mélanger doucement 2 minutes. Incorporer le persil et servir avec le fromage râpé.
Repères de texture pour la pâte, la volaille et la sauce
- Épaisseur des fuži
- environ 1 mm
- Sécurité volaille
- ≥ 74 °C
- Consistance finale
- nappante
La feuille reste souple au pincement sans donner une jointure pâteuse.
Mesurer au centre du plus gros morceau avant de réduire la sauce à découvert.
La sauce adhère à la pâte et ne forme pas une flaque aqueuse sous les fuži.
04 · Après la cuisson
Servir sans laisser les pâtes absorber toute la sauce
Le žgvacet peut être préparé à l’avance, mais les fuži gagnent à être cuits et assemblés juste avant le repas.
Service et accompagnements
Répartir les fuži dans des assiettes creuses chauffées, avec plusieurs morceaux de volaille et assez de sauce pour les enrober. Une salade de feuilles amères ou de chou finement émincé apporte un contraste frais. Un vin blanc sec et structuré accompagne le plat sans renforcer l’acidité de la tomate.
Conservation et réchauffage
Refroidir le ragoût en moins de deux heures et le conserver jusqu’à trois jours à moins de 4 °C. Garder les pâtes séparées lorsqu’un reste est prévu. Réchauffer la sauce jusqu’à frémissement, ajouter les fuži avec un peu d’eau et atteindre 74 °C au centre avant le service.
Quatre variations fiables
- Remplacer le poulet par une pintade découpée, avec 15 à 20 minutes de mijotage supplémentaires.
- Utiliser des fuži secs de bonne qualité et suivre leur temps de cuisson, sans modifier le ragoût.
- Ajouter 150 g de champignons bruns poêlés pendant la réduction finale de la sauce.
- Pour une sauce sans alcool, remplacer le vin par 180 ml de bouillon et 20 ml de jus de citron.
Trois conseils de cuisine
- Façonner les fuži pendant que le žgvacet mijote évite un long séchage qui fragiliserait les jointures.
- Ne pas fariner lourdement les pâtes : l’excédent trouble l’eau et donne une sauce farineuse.
- Si le ragoût devient trop épais avant la cuisson des pâtes, le détendre seulement avec leur eau amidonnée.
05 · Estimation par portion
Valeurs nutritionnelles approximatives
Estimation pour six portions, fromage compris, avec hauts de cuisse désossés et bouillon peu salé.
- Calories
- ≈ 680 kcal
- Glucides
- ≈ 78 g
- Protéines
- ≈ 42 g
- Lipides
- ≈ 22 g
- Fibres
- ≈ 5 g
- Sodium
- ≈ 720 mg
Portion : 1 assiette sur 6. Allergènes principaux : gluten, œufs et lait. Estimation fondée sur des valeurs de référence standard ; les marques, le parage, l’absorption et le partage modifient le résultat réel.