Alexandrie, en Égypte, se situe au confluent du delta du Nil et de la mer Méditerranée. Cette ville, qui a été tour à tour sous domination impériale, a influencé les religions du monde et a abrité certains des plus grands esprits de l'histoire. Fondée en 331 avant J.-C. par Alexandre le Grand, Alexandrie est l'une des villes les plus importantes et les plus vastes de l'Antiquité, et un centre majeur pour la science, la culture et le savoir. Sous la dynastie ptolémaïque, elle a rapidement supplanté Memphis comme capitale de l'Égypte et est devenue un carrefour florissant où les cultures grecque, égyptienne, puis romaine, se sont rencontrées et mêlées.

Elle s'étend sur environ 40 km le long de la côte nord du pays et, surnommée la « Fiancée de la Méditerranée », la ville est une destination touristique prisée et un important centre industriel. En flânant dans ses rues aujourd'hui, on découvre des colonnes romaines se dressant à l'ombre de villas du XIXe siècle et de tours d'habitation aux façades de verre : autant de strates d'histoire qui se superposent à la vue de tous.

Alexandrie antique a légué au monde deux de ses monuments les plus célèbres. Le phare d'Alexandrie, le Pharos, figurait parmi les sept merveilles du monde antique. Dominant jadis le port de la ville, ce magnifique édifice guidait les marins en toute sécurité vers le rivage. Construit au IIIe siècle avant J.-C., il a survécu à de nombreux conflits et s'est dressé fièrement pendant des siècles avant d'être détruit par un séisme dévastateur. En 1994, des plongeurs ont retrouvé ses vestiges au fond de la baie d'Alexandrie. La Grande Bibliothèque d'Alexandrie, quant à elle, attirait des érudits du monde entier venus étudier les mathématiques, l'astronomie, la philosophie et la littérature. Aucun vestige de la bibliothèque originelle ne subsiste, mais la Bibliotheca Alexandrina actuelle en est une reconstitution moderne, fondée en 2002.

Sous les rues de la ville se trouvent les catacombes de Kom El Shoqafa, le plus grand site funéraire romain d'Égypte, datant du IIe siècle après J.-C., et témoignant d'un mélange unique de cultures égyptienne, grecque et romaine. Découvertes en 1900 – grâce à la chute d'un âne – elles sont aménagées sur plusieurs niveaux de sarcophages et de chambres. Ce type de collision culturelle caractérise Alexandrie plus que n'importe quel empire. La ville a également joué un rôle déterminant dans le christianisme primitif, en étant le siège du patriarcat d'Alexandrie. L'Église copte orthodoxe et l'Église grecque orthodoxe d'Alexandrie y puisent toutes deux leurs racines, une lignée spirituelle qui remonte à près de deux mille ans.

Lorsque la conquête arabe de l'Égypte en 641 ap. J.-C. transféra la capitale à Fustat (plus tard intégrée au Caire), la puissance politique d'Alexandrie déclina, sans toutefois disparaître. Son port lui permit de conserver son importance commerciale, et à la fin du XVIIIe siècle, la ville se reconstruisait autour du commerce du coton et de sa position de carrefour entre la Méditerranée et la mer Rouge. Marchands, diplomates et aventuriers venus de toute l'Europe affluèrent, insufflant à Alexandrie une énergie cosmopolite qu'elle n'avait plus connue depuis l'Antiquité.

En 2025, Alexandrie comptait 5,6 millions d'habitants et s'étendait sur 2 818 km², ce qui en faisait la deuxième ville d'Égypte. Son port, le plus important du pays, disposait de quatre bassins, dont le port ouest qui traitait 60 à 70 % des importations et exportations égyptiennes. Alexandrie était considérée comme un pôle majeur de l'industrie pétrolière égyptienne, abritant d'importantes installations de raffinage, de production et de maintenance. Fin 2025, la ville demeurait un centre important de raffinage du pétrole brut. Le tourisme, le transport maritime et l'industrie manufacturière complètent une économie qui la place parmi les plus productives d'Afrique du Nord. Les plages d'Alexandrie constituent un autre atout majeur, avec des sites populaires comme les plages de Maamoura, Gleem et San Stefano, parfaits pour la baignade ou les sports nautiques, tandis que les complexes hôteliers en bord de mer offraient aux visiteurs la possibilité de profiter de la beauté de la Méditerranée.

Pour les voyageurs, Alexandrie offre une expérience unique, différente de celle du Caire et de Louxor : elle raconte une histoire unique, reflétant non seulement l’histoire pharaonique, mais aussi le patrimoine gréco-romain, méditerranéen, ottoman et moderne de l’Égypte. Vous pourrez explorer la citadelle de Qaitbay, une forteresse majestueuse érigée sur l’emplacement de l’ancien phare de Pharos, construite au XVe siècle par le sultan Qaitbay et offrant une vue panoramique sur la mer Méditerranée. Vous pourrez admirer la colonne de Pompée, une magnifique colonne de granit rouge s’élevant à environ 27 mètres, construite en 297 après J.-C. en l’honneur de l’empereur Dioclétien et l’une des plus hautes colonnes monolithiques au monde. Enfin, vous pourrez visiter la Bibliotheca Alexandrina, un bâtiment moderne de onze étages de forme cylindrique abritant plus de huit millions de livres.

Alexandrie n'a jamais été une pièce de musée. C'est une ville portuaire vivante, active, grouillante et bruyante, qui se trouve reposer sur l'un des sites archéologiques les plus importants au monde. Cette tension entre l'ancien et le quotidien est précisément ce qui la rend si intéressante à visiter.

Ville Égypte méditerranéenne Alexandrie · Alexandrie

Alexandrie, Égypte — Tous les faits

Al-Iskandariya · Ville portuaire méditerranéenne d'Égypte
Fondée par Alexandre le Grand · Ancienne capitale du savoir, du commerce et de la culture
vers 331 av. J.-C.
Fondé
2 679 km²
Zone du Gouvernorat
Port méditerranéen
Identité
MANGER
Fuseau horaire
🌊
Porte méditerranéenne de l'Égypte
Alexandrie est la principale ville méditerranéenne d'Égypte et l'un des ports les plus importants au monde sur le plan historique. Fondée par Alexandre le Grand, elle devint un centre légendaire de savoir, de commerce et de vie cosmopolite aux époques hellénistique et romaine. Aujourd'hui, elle demeure un port maritime majeur, un pôle industriel et une capitale culturelle, réputée pour sa longue corniche, son identité maritime affirmée et son riche patrimoine grec, romain, ottoman et égyptien moderne.
🏛️
Siège du gouvernorat
Alexandrie
La deuxième ville d'Égypte en termes de prestige
🗣️
Langue
arabe
L'arabe égyptien d'Alexandrie est largement parlé.
Identité
Ville portuaire
Commerce et navigation en Méditerranée
🏺
Patrimoine
Alexandrie antique
Bibliothèque, phare et héritage classique
🧭
Région
Côte nord de l'Égypte
Le delta borde la Méditerranée
🕐
Fuseau horaire
Heure de l'Est (UTC+2)
Comme dans le reste de l'Égypte
🚆
Transport
Chemin de fer, port, route
Étroitement lié au Caire et au Delta
🏖️
Connu pour
Vue sur la corniche et la mer
La promenade côtière la plus connue d'Égypte

Alexandrie a longtemps été un point de rencontre entre le monde méditerranéen et la vallée du Nil : une ville où le savoir, le commerce et l'identité maritime ont façonné son caractère pendant plus de deux millénaires.

— Profil de la ville
Géographie physique
EmplacementDelta du Nil nord-ouest, sur la côte méditerranéenne de l'Égypte
LittoralLongue côte méditerranéenne avec baies, ports, plages et la célèbre Corniche
Forme urbaineUne ville côtière dense s'étendant d'est en ouest le long de la mer et à l'intérieur des terres vers le delta
ClimatClimat méditerranéen, avec des hivers doux et humides et des étés chauds et humides.
PaysageTerrain principalement urbain et côtier de faible altitude, avec des rivages sablonneux, des installations portuaires et des quartiers bâtis.
Raccordement d'eauIndirectement liée à l'économie du delta du Nil et directement aux routes maritimes méditerranéennes
Rôle naturelL'une des principales ouvertures maritimes de l'Égypte pour le commerce, la navigation et l'industrie
Zone du GouvernoratEnviron 2 679 km²
Zones géographiques
Ouest

El-Montaza et la corniche orientale

Quartiers balnéaires réputés pour leurs zones résidentielles, leurs vues sur la mer, leurs jardins publics et leur ambiance estivale de station balnéaire.

Centre

Noyau historique

Le cœur historique de la ville, où les bâtiments de l'époque coloniale, les marchés, les axes de transport et les rues anciennes à usage mixte rythment le quotidien.

Port

Zone portuaire et industrielle

Le front de mer d'Alexandrie est une zone d'activité intense, liée au transport maritime, à la logistique, à l'entreposage, au raffinage et à la production industrielle.

Sud

Corridor intérieur

Des quartiers qui relient Alexandrie au Delta et au Caire par voie ferroviaire, routière et commerciale.

Baie

Zone du port oriental et de la citadelle

Une zone côtière historique associée à l'ancien front de mer de la ville, à la citadelle de Qaitbay et à la tradition disparue des phares de Pharos.

Nord

Ceinture de plage

La périphérie maritime de la ville, avec ses promenades, ses plages, ses hôtels et ses espaces de loisirs publics, façonne l'identité d'Alexandrie comme ville estivale classique d'Égypte.

Chronologie historique
331 av. J.-C.
Alexandre le Grand fonde Alexandrie sur la côte méditerranéenne de l'Égypte, établissant une nouvelle ville conçue pour une importance impériale et maritime.
IIIe siècle avant notre ère
La bibliothèque d'Alexandrie et le phare d'Alexandrie deviennent des symboles du savoir et de la navigation dans le monde antique.
Époque hellénistique
Alexandrie devient l'un des grands centres intellectuels de la Méditerranée, abritant des érudits, des scientifiques, des philosophes et des traducteurs.
30 av. J.-C.
L’Égypte devient une partie du monde romain, et Alexandrie demeure une ville majeure de commerce, d’administration et de savoir.
Ère du début de l'ère chrétienne
Alexandrie devient l'un des centres les plus importants du christianisme primitif et des études théologiques.
VIIe siècle de notre ère
La conquête arabe intègre Alexandrie dans un nouvel ordre politique et culturel, tandis que la ville demeure un port important.
Périodes ottomane et moderne
Alexandrie demeure le principal débouché de l'Égypte sur la Méditerranée, remodelée par le commerce, les migrations et la modernisation.
XIXe siècle
Sous l'égide de l'Égypte modernisatrice et grâce au commerce international, la ville connaît une expansion rapide, attirant Grecs, Italiens, Levantins et autres.
XXe siècle
Alexandrie devient une ville égyptienne cosmopolite, associée à la littérature, au cinéma, aux loisirs balnéaires et à la croissance industrielle.
années 1990
La Bibliotheca Alexandrina est conçue comme un hommage moderne à l'ancienne bibliothèque d'Alexandrie.
2002
L'ouverture de la Bibliotheca Alexandrina redonne à Alexandrie sa réputation de ville du savoir et de la culture.
Présent
Alexandrie demeure la principale ville portuaire méditerranéenne d'Égypte, alliant tourisme patrimonial, industrie, éducation et vie urbaine.
Port, industrie, logistique et tourisme
L'économie d'Alexandrie repose sur son port, ses voies maritimes, la logistique, les activités pétrolières, l'agroalimentaire, le textile, la chimie et l'industrie manufacturière. Le tourisme y joue également un rôle important, notamment autour de la Corniche, de la Citadelle de Qaitbay, des catacombes romaines et de la Bibliothèque d'Alexandrie. La ville est un acteur majeur du commerce d'import-export égyptien et demeure l'un des centres commerciaux côtiers les plus importants du pays.
Aperçu économique
Principaux secteursPorts et transport maritime, logistique, industrie manufacturière, services pétroliers, agroalimentaire, tourisme et éducation
Rôle du portL'un des ports méditerranéens les plus importants d'Égypte et une porte d'entrée majeure pour le commerce
IndustrieLe raffinage, la chimie, le textile, l'ingénierie et la fabrication de biens de consommation sont des activités industrielles majeures.
TourismeLes sites patrimoniaux, les musées, les plages et les loisirs balnéaires favorisent l'activité des visiteurs.
ÉducationLes universités et les instituts de recherche font d'Alexandrie un centre académique autant qu'un centre commercial.
TransportDes liaisons routières et ferroviaires solides relient la ville au Caire et au delta du Nil.
Économie alimentaireLa pêche, la distribution agricole et le commerce côtier sont importants pour la vie quotidienne.
Valeur stratégiqueLa position portuaire de la ville lui confère une importance à long terme dans l'économie nationale égyptienne.
Mélange économique
Ports et commerce~35%
Industrie et fabrication~30%
Services et éducation~20%
Tourisme et culture~15%

La force d'Alexandrie ne réside pas seulement dans son histoire, mais aussi dans sa géographie : une ville côtière dont le port, la promenade et les institutions relient encore aujourd'hui l'Égypte au monde méditerranéen.

— Résumé de l'économie urbaine
📚
Une ville de bibliothèques, de littérature et de vie en bord de mer
Alexandrie est souvent décrite comme la ville la plus cosmopolite d'Égypte, riche d'un héritage façonné par les influences grecques, romaines, coptes, arabes, ottomanes et égyptiennes modernes. Elle est célèbre pour l'ancienne Bibliothèque d'Alexandrie, la Bibliotheca Alexandrina, la Corniche, ses cafés en bord de mer et une atmosphère littéraire qui transparaît dans les œuvres d'écrivains tels que Constantin Cavafy et Lawrence Durrell. Sa culture mêle rythme maritime, élégance urbaine et un fort sentiment d'appartenance au territoire.
Société et culture
PopulationL'une des plus grandes zones urbaines d'Égypte, avec une population métropolitaine très importante
LangueL'arabe, en particulier l'arabe égyptien, dans la vie quotidienne
ReligionMajoritairement musulmane, avec des communautés chrétiennes et une longue histoire de diversité religieuse
Culture alimentaireLes fruits de mer, la cuisine de rue et les plats influencés par le delta sont au cœur de la cuisine locale.
Identité littéraireConnue pour ses romans, sa poésie et son lien étroit avec la littérature méditerranéenne moderne
Arts et médiasLe cinéma, la musique et la télévision utilisent souvent Alexandrie comme symbole de nostalgie, d'été et de sophistication urbaine.
Espace publicLa Corniche est l'un des espaces sociaux emblématiques de la ville.
Vie académiqueLes universités et les instituts de recherche confèrent à la ville une importance capitale pour la science et l'enseignement supérieur.
Points forts culturels
Bibliothèque d'Alexandrie Ancienne bibliothèque d'Alexandrie Citadelle de Qaitbay Corniche, front de mer Venez aux catacombes d'El Shoqafa Amphithéâtre romain Palais de Montaza Cuisine méditerranéenne Littérature alexandrine Seafront Cafés Patrimoine de la ville portuaire Histoire cosmopolite Cinéma égyptien Héritage gréco-romain Culture estivale de la ville L'héritage de Pharos

Alexandrie à travers les âges : une chronologie historique

L'histoire d'Alexandrie s'étend sur plus de 2 300 ans. Chaque époque a laissé des traces — certaines construites, d'autres submergées — mais toutes ont contribué à sa réputation durable.

Avant 331 av. J.-C. : La ville portuaire de Rhakotis

Avant l'arrivée d'Alexandre, une petite ville portuaire appelée Rhakotis Le site était occupé. Il abritait un temple égyptien et une population mixte copte et phénicienne. À proximité se trouvaient de puissantes cités côtières : Canope, Héraclée et Menouthis. Ces sites antiques ont sombré dans la baie à la suite de tremblements de terre et de crues du Nil, ne laissant que des vestiges (récemment redécouverts sous les eaux).

331 av. J.-C. – 30 av. J.-C. : La fondation et l'âge d'or ptolémaïque

331 av. J.-C. (Fondation) : Alexandre le Grand fonda Alexandrie le 7 avril 331 av. J.-C. sur un promontoire en bord de mer. Il ambitionnait d'en faire une grande métropole hellénistique et une capitale commerciale reliant la Grèce et l'Asie. La légende raconte qu'il fit galoper son cheval Bucéphale autour du site pour en délimiter les contours. Ce dernier fut choisi pour son port en eau profonde et sa situation stratégique au carrefour des routes commerciales du Nil et de la Méditerranée.

Dynastie ptolémaïque (323-30 av. J.-C.) : Après la mort d'Alexandre, son général Ptolémée Ier Sôter se proclama pharaon d'Égypte. Alexandrie devint la capitale du nouveau royaume ptolémaïque. Sous Ptolémée II Philadelphe, la ville connut un essor remarquable. Ses institutions les plus célèbres…la Grande Bibliothèque et Mouseion (académie de recherche)Des instituts furent fondés, attirant les plus grands esprits de l'époque. Le mathématicien Euclide, le géographe Ératosthène (qui mesura avec précision la circonférence de la Terre), des astronomes, des poètes et des médecins firent d'Alexandrie un centre du savoir. Le plan de la ville, structuré par des colonnades, des temples et des théâtres, s'étendit sur 10 km² à l'époque romaine.

  • Population: À la fin de la période hellénistique, Alexandrie était peut-être la plus grande ville du monde, habitée par des Grecs, des Juifs (Alexandrie comptait un quartier juif d'environ 50 000 habitants à son apogée), des Égyptiens et d'autres populations coexistant dans un milieu cosmopolite.
  • Économie: La richesse de la ville provenait du commerce (textiles, céréales, papyrus), de la fabrication du verre et du lin, et de son port stratégique. Elle frappait également une monnaie largement utilisée.
  • Culture: Le grec était la langue véhiculaire. Le célèbre complexe du Sérapéum (construit plus tard en l'honneur de Sérapis) et le phare de l'île de Pharos (dont la construction fut initiée par Ptolémée II) furent édifiés durant cette période.

La dynastie atteignit son apogée sous Cléopâtre VIICléopâtre, dernière reine ptolémaïque, corégna avec ses frères et son fils de 51 à 30 av. J.-C., depuis les palais royaux d'Alexandrie. Ses alliances avec Jules César et Marc Antoine eurent un impact mondial, mais sa défaite face à Octave (futur empereur Auguste) en 30 av. J.-C. mit fin à la domination ptolémaïque. Cléopâtre mourut à Alexandrie en août 30 av. J.-C.

30 av. J.-C. – 641 apr. J.-C. : Alexandrie romaine et byzantine

Sous domination romaine, Alexandrie demeura une capitale provinciale impériale. La ville conserva son rôle commercial et ses collections de bibliothèques, malgré des bouleversements politiques constants.

  • Sous Auguste et les empereurs suivants, Alexandrie conserva un statut prestigieux. Elle possédait l'un des plus grands ports de l'Antiquité et abritait des communautés juives, grecques et romaines. Les communautés chrétiennes s'y développèrent : Alexandrie devint un patriarcat et un centre d'études chrétiennes (l'École catéchétique d'Alexandrie). Des théologiens comme Origène et Athanase y enseignèrent.
  • L'Antiquité tardive fut marquée par des troubles : tremblements de terre et révoltes sporadiques (la révolte juive de 38 apr. J.-C., les guerres des Diadoques, etc.). La Grande Bibliothèque elle-même fut partiellement endommagée par l'incendie accidentel provoqué par Jules César en 48 av. J.-C., mais certains documents et traditions subsistèrent.
  • Aux IVe et Ve siècles, la christianisation et un abandon progressif ont réduit l'importance de la bibliothèque. L'empereur romain Théodose ordonna la fermeture des temples païens à la fin du IVe siècle.
  • La population a probablement diminué. Néanmoins, Alexandrie est restée la plus grande ville d'Égypte et un important centre méditerranéen jusqu'à l'époque byzantine.

641 ap. J.-C. – 1517 : Conquête islamique et Moyen Âge

Conquête arabe (641 ap. J.-C.) : Les forces arabes musulmanes, sous le commandement d'Amr ibn al-As, s'emparèrent d'Alexandrie en 642 (certaines sources indiquent 641). Le califat rashidun fut alors instauré. Fustat Le Caire devint la nouvelle capitale, plus à l'intérieur des terres sur le Nil. Alexandrie cessa d'être la capitale politique de l'Égypte et, au fil des siècles, se transforma en une petite ville de province.

  • Début de l'ère islamique : Une nouvelle muraille (la muraille ayyoubide) entourait les ruines byzantines. Alexandrie demeurait un port majeur du califat.
  • Moyen-âge: La ville connut des hauts et des bas sous le règne de différents souverains. Elle subit des raids (les Croisés la pillèrent brièvement en 1365) et des catastrophes naturelles (des tremblements de terre comme celui de 956 endommagèrent des bâtiments). Son port s'envasait parfois.
  • Points de repère : De nombreux vestiges antiques tombèrent en ruine. Le phare de Pharos fut gravement endommagé par des séismes survenus après 300 apr. J.-C. et était finalement en ruines au XVe siècle. Sur son emplacement, le sultan mamelouk Qaitbay fit construire une nouvelle forteresse (citadelle) en 1477.
  • Malgré son déclin, Alexandrie a conservé des éléments multiculturels : de petites communautés chrétiennes et juives ont persisté jusqu’au Moyen Âge.

1517 – 1867 : L'ère ottomane et son déclin

En 1517, les Turcs ottomans conquirent l'Égypte. Alexandrie devint une partie de l'Empire ottoman, mais se trouvait loin de ses centres commerciaux méditerranéens (comme Istanbul). À l'arrivée de Napoléon, Alexandrie n'était plus qu'une petite ville (environ 10 000 habitants).

  • Invasion napoléonienne (1798) : En 1798, le général Bonaparte s'empara d'Alexandrie en route vers le Caire. L'expédition française y séjourna plusieurs mois. En 1801, les forces britanniques chassèrent les Français après leur défaite.
  • Muhammad Ali (début des années 1800) : Muhammad Ali Pacha, gouverneur ottoman albanais, modernisa l'Égypte. Il reconstruisit les infrastructures d'Alexandrie : de nouveaux quais, un palais à Montaza et des institutions. Il favorisa Alexandrie comme centre commercial, lui conférant un rôle économique, même si Le Caire était la capitale politique.
  • Au milieu du XIXe siècle, Alexandrie commença à se redresser. Des commerçants, des émigrants et des missionnaires européens y arrivèrent. La population de la ville augmenta de nouveau, atteignant environ 50 000 habitants en 1840 et plus de 200 000 au début du XXe siècle.

1867 – 1952 : Ville portuaire cosmopolite

  • L'Égypte khédivale et monarchique : L'ouverture du canal de Suez (1869), situé à proximité, a redynamisé le port d'Alexandrie. Un nouveau port (de Lesseps) a été construit. Alexandrie a attiré des Grecs, des Italiens, des Français et d'autres populations qui y ont bâti des quartiers (par exemple Žizinia, Bakos et le quartier de Mansheya).
  • Les Britanniques occupèrent l'Égypte à partir de 1882. Le tramway moderne d'Alexandrie (inauguré en 1860) et la ligne de chemin de fer vers Le Caire (1856) permirent de relier les deux régions. Les affaires prospérèrent : banques, usines textiles, compagnies maritimes.
  • Sur le plan architectural, les Européens ont laissé un héritage : des bâtiments Art déco, des villas néoclassiques et de larges boulevards (notamment dans le centre-ville de Mansheya et le quartier de Sakakini).
  • Révolution de 1952 : La fin de la monarchie et les changements des années 1950 ont poussé de nombreux ressortissants étrangers à quitter la ville. Alexandrie a alors entamé une nouvelle ère en devenant une partie intégrante de l'Égypte indépendante.

1952 – Aujourd'hui : Alexandrie moderne

Après 1952, Alexandrie est restée le principal port maritime et la deuxième ville d'Égypte. Son économie s'est diversifiée : Industrie: Les grands complexes pétrochimiques (Sidi Kerir) et le chantier naval d'Alexandrie se sont agrandis dans le cadre d'un plan d'État. Éducation: L'université d'Alexandrie (fondée en 1942 à partir d'un campus annexe de l'université Fouad Ier) s'est développée rapidement, favorisant la création d'écoles techniques et médicales. Croissance urbaine : La ville s'est étendue : de nouveaux quartiers (Borg El Arab à l'ouest, Kooforos à l'est) ont vu le jour. Une nouvelle université, l'Université Égypte-Japon des Sciences et Technologies (2009), a été fondée dans la région.

Malgré la modernisation, les sites historiques ont bénéficié d'un regain d'intérêt. Des archéologues ont exploré des épaves et des ruines sous-marines. L'infrastructure touristique (hôtels, port de plaisance à San Stefano) s'est développée.

Point de vue local : Nombre d'Alexandriens se souviennent encore de leurs promenades d'enfance le long de la ligne de tramway du XIXe siècle ou de leurs après-midis dans les jardins publics de Montaza. « La mer est dans notre âme », a commenté un vieux pêcheur, illustrant ainsi combien l'identité de la ville est intimement liée à la Méditerranée. Pourtant, les habitants soulignent aussi le défi que représente la montée des eaux : la nappe phréatique menace désormais les bâtiments anciens (voir Risques climatiques ci-dessous).

Le lien des Sept Merveilles

Le phare d'Alexandrie

L'un des anciens Les sept merveilles du mondeLe phare de Pharos guidait autrefois les navires dans le port d'Alexandrie la nuit.

  • Quoi et quand : Construite entre 280 et 247 av. J.-C. par Ptolémée II Philadelphe sur l'île de Pharos, au large des côtes, cette imposante tour de pierre culmine à environ 100-120 mètres, ce qui en fait l'une des plus hautes constructions humaines de son époque. Elle était éclairée par un grand feu dans une chambre située au sommet, dont la lumière était probablement reflétée par des miroirs.
  • Conception: Les récits décrivent trois niveaux : une partie inférieure carrée, une partie centrale octogonale et une partie supérieure cylindrique surmontée d’une statue. Sa lanterne était alimentée par des bûches ou du pétrole.
  • Destruction: Une série de tremblements de terre, entre 956 et 1323, endommagea gravement le phare. En 1480, il s'était effondré. Le sultan Qaitbay réutilisa les blocs restants pour construire le Citadelle de Qaitbay sur le même promontoire.
  • Héritage: Le terme phare C'est là que le mot « phare » a été inventé. L'atlas de l'ancien port ne connaissait pas de guide plus imposant. Des fouilles archéologiques sous-marines menées à la fin du XXe siècle ont mis au jour d'énormes blocs de pierre effondrés au large de l'île de Pharos. Un projet de musée sous-marin est en cours d'élaboration sur le site.
  • Aujourd'hui: Sur l'île principale se dresse la forteresse de Qaitbay, plus récente, construite entre 1477 et 1479 (voir la section Sites d'intérêt). Les visiteurs imaginent souvent que la lumière du phare brille encore sur ses remparts.

La Grande Bibliothèque (et Bibliotheca Alexandrina)

La réputation d'Alexandrie comme centre d'apprentissage découle de son Bibliothèque ancienne et Mouseion.

  • Qu'est-ce que c'était ? La bibliothèque d'Alexandrie (IIIe-Ier siècle av. J.-C.) était la plus grande bibliothèque de référence du monde antique, abritant entre 40 000 et 400 000 rouleaux de papyrus. Elle attirait des érudits de Grèce, de Rome et d'Égypte. Intégrée à une institution plus vaste (le Mouseion), elle fonctionnait comme une académie de recherche sous le patronage royal.
  • Érudits : Des personnalités telles qu'Euclide (géométrie), Ératosthène (qui calcula le premier la circonférence de la Terre avec une remarquable précision), Archimède (qui y séjourna plus tard dans sa vie), et bien d'autres y étudièrent. Ils firent d'Alexandrie une capitale scientifique de l'Antiquité.
  • Perte: Le sort de la Bibliothèque demeure incertain. Incendi en partie durant la guerre civile de Jules César en 48 av. J.-C., il perdit probablement une partie indéterminée de sa collection. Elle subsista sous une forme réduite, et fut peut-être définitivement détruite lors des conflits des IIIe et IVe siècles, ou bien réaffectée après la fermeture d'une bibliothèque annexe du Sérapéum. Quoi qu'il en soit, en 642 apr. J.-C., elle avait disparu, emportant avec elle un patrimoine de connaissances irremplaçable dans la légende.
  • Bibliothèque moderne : En 2002, l'Égypte a ouvert le Bibliothèque d'Alexandrie Pour faire revivre cet héritage, un complexe moderne monumental en bord de mer offre un espace pouvant accueillir jusqu'à 8 millions de volumes. Son architecture (une salle de lecture circulaire inclinée face à la mer) symbolise une nouvelle ère pour le savoir. La bibliothèque (avec planétarium, musées et expositions) abrite des millions de livres, de manuscrits et d'archives numériques. Elle a été inaugurée officiellement le 16 octobre 2002.

Note historique : Les savants alexandrins furent les premiers à connaître la circonférence de la Terre. En 240 avant J.-C., Ératosthène utilisa des calculs géométriques simples et les distances mesurées entre Alexandrie et Syène (Assouan) pour estimer la taille de la Terre à 1 ou 2 % près. Cette découverte, qui s'inscrit dans le riche milieu intellectuel de la bibliothèque, est souvent présentée comme « la première mesure du monde ».

Plus de 50 faits fascinants sur Alexandrie

  • Superpuissance hellénistique : Un siècle seulement après sa fondation, Alexandrie a surpassé Athènes et les autres cités grecques pour devenir la ville la plus peuplée du monde.
  • Centre de philosophie : Le Mouseion (Musée) abritait des philosophes qui débattaient de l'innovation contre la tradition – exactement le type de questionnement qui a défini l'époque hellénistique.
  • L'héritage du phare : Le phare d'Alexandrie était littéralement le premier véritable phare dans l'histoire écrite. Son nom est devenu un terme générique : phare en grec et des mots similaires dans de nombreuses langues signifiant « phare ».
  • Statistiques de la bibliothèque : On raconte que la Grande Bibliothèque a acquis des rouleaux par décret : les navires accostant au port voyaient leurs livres copiés, les originaux saisis pour constituer la collection.
  • Premières découvertes scientifiques : Euclide y a formulé la géométrie ; Ératosthène y a enseigné ; et la Souda (encyclopédie byzantine du Xe siècle) tire son nom d'un scholiaste d'Alexandrie.
  • Première université : Le complexe Mouseion/Bibliothèque est parfois considéré comme la première université de recherche de l'histoire.
  • La plus grande bibliothèque de l'Antiquité : L'ancienne collection (ainsi que ses « filles » du Sérapéum) contenait probablement des dizaines de milliers de titres, un exploit inégalé pendant des millénaires.
  • La colonne de Pompée : Culminant à 26,85 m, c'est le plus grand monument gréco-romain d'Alexandrie (une colonne unique en granit rouge égyptien érigée vers 297 apr. J.-C.). C'est la seule colonne antique encore debout à son emplacement d'origine.
  • Le « calendrier ambulant » : Le fondateur de la ville, Alexandre, aurait prévu que la ville soit entourée d'une chaussée de 7 jours (heptastadion) reliant Pharos.
  • En concurrence avec les temples : La légende raconte qu'Alexandre choisit cet emplacement juste après la conquête de Memphis pour y construire une ville « plus grande que le temple ou la ville de Memphis ».
  • Cosmopolis : À l'époque romaine, Alexandrie comptait plus de 30 langues parlées par ses habitants.
  • Patrimoine englouti : Des parties de l'ancienne Alexandrie (notamment des portions de la voie canope et du quartier royal) sont aujourd'hui sous l'eau, découvertes par des archéologues modernes au large des côtes.
  • Effets des séismes : La ville s'enfonce d'environ 3 mm par an en raison de l'affaissement tectonique. Une étude récente prévient que d'ici 2050, certaines parties de la ville pourraient être submergées si aucune mesure n'est prise.
  • Centre de commerce : Aujourd'hui, environ 60 à 70 % des importations égyptiennes transitent par le port ouest d'Alexandrie.
  • Âge du train : Le chemin de fer Alexandrie-Le Caire (1856) fut le premier chemin de fer d'Égypte, reliant les deux principales villes.
  • Tramway historique : Le tramway d'Alexandrie a ouvert ses portes en 1860 et est l'un des plus anciens au monde encore en service.
  • Mélange architectural : Les quartiers de la ville reflètent différentes époques : du baroque ottoman (le palais Salamlek de Montaza, datant de 1892) à la Belle Époque européenne (le quartier Art déco de Shatby) en passant par les tours modernes.
  • Passé multiculturel : Aux XIXe et XXe siècles, à Alexandrie, les Grecs, les Italiens, les Français et les Arméniens représentaient jusqu'à 40 % de la population. Cavafy et Durrell ont immortalisé cette époque cosmopolite.
  • Histoire juive : Alexandrie comptait autrefois environ 50 000 Juifs ; dans les années 1960, il en restait moins de 200. Aujourd’hui, il n’en reste peut-être que quelques dizaines.
  • Héritage sportif : Stade d'AlexandrieConstruit en 1929, il est le plus ancien stade de football encore existant en Égypte et en Afrique.
  • Eau souterraine : Un réseau d'anciens réservoirs/citernes s'étend sous la ville. Un seul était connu jusqu'à la fin du XXe siècle ; les archéologues en ont désormais découvert des dizaines d'autres.
  • Langue: La langue maternelle de Cléopâtre était le grec. Aujourd'hui, on y parle l'arabe égyptien (avec un héritage de phrases coptes chez les anciens).
  • Roses de Montaza : Les jardins du palais de Montaza comprennent la célèbre « roseraie », plantée à l'origine pour la princesse Fawzia (sœur de Farouk) lorsqu'elle épousa le Shah d'Iran en 1939.
  • Rythmes romains : L'amphithéâtre romain de Kom El-Dikka (IVe siècle ap. J.-C.) est unique : c'est le seul théâtre romain complet d'Alexandrie.
  • Musée maritime : Les pièces de navires récupérées (dont certaines datent du XIXe siècle) exposées au musée maritime de la ville témoignent du riche patrimoine naval d'Alexandrie.
  • Classement des villes méditerranéennes : Alexandrie est la plus grande ville de la Méditerranée après Istanbul, et la 11e plus grande d'Afrique.
  • Priorité au changement climatique : L'UNESCO a désigné Alexandrie comme l'une des villes les plus menacées au monde par la montée du niveau de la mer et l'affaissement des sols.
  • Fusion culturelle : Les artefacts des catacombes de Kom El Shoqafa mêlent dieux pharaoniques et images romaines — par exemple, des sculptures de style grec dans une tombe de style égyptien.
  • Os de cheval : Les Catacombes comprennent une chambre spéciale (la Salle de Caracalla) contenant des squelettes de chevaux sacrifiés à l'empereur Caracalla.
  • Les sept âges : Une tradition datant de l'Antiquité tardive retrace sept étapes de la construction des murailles d'Alexandrie ; chaque ville successive agrandissait ou reconstruisait ses murailles après des catastrophes.
  • Routes historiques : L'ancienne chaussée de l'Heptastadion était si haute qu'elle transformait les ports en bassins séparés, influençant encore aujourd'hui le débit de l'eau.
  • Triomphe naval : La légende raconte que la flotte égyptienne a jadis modifié la forme du Grand Port, mais il ne reste que peu de vestiges de cet arsenal naval, hormis des références textuelles.
  • Lever de soleil moderne : Les quartiers orientaux d'Alexandrie (comme Montazah et Abou Qir) offrent des levers de soleil spectaculaires sur le port et la Méditerranée, ce qui incite les joggeurs matinaux à la surnommer « la ville des levers de soleil ».
  • Mémoire du calendrier : Les célébrations de Pâques chez les coptes et les orthodoxes locaux ont souvent lieu plus tard qu'au Caire en raison de calendriers liturgiques anciens ancrés dans les églises d'Alexandrie.
  • Avertissements d'évacuation : Durant l'été, les alertes canicule incitent les écoles à avancer leurs horaires d'ouverture. Les autorités gèrent la circulation avec soin afin d'éviter les embouteillages en milieu de journée.
  • « La mariée de la Méditerranée » : La légende raconte que Napoléon admirait la beauté d'Alexandrie et la surnommait la « Fiancée de la Méditerranée ». (Napoléon, puis des auteurs arabes, ont utilisé une expression similaire pour évoquer la grâce de son littoral.)
  • Capitale des fruits de mer : Comparativement à l'Égypte intérieure, les fruits de mer (poissons, crevettes) occupent une place plus importante dans l'alimentation locale. Parmi les produits de la pêche de la ville figure le célèbre mulet d'Alexandrie.
  • Port international : Chaque jour, des marchandises arrivent par bateau à destination de pays comme la Grèce, l'Italie, la Turquie et l'Inde – preuve moderne de l'ancienne Route de la Soie par voie maritime.
  • Anecdotes sur les tramways : Le tramway côtier traversait la baie d'Abukir sur une chaussée jusqu'à ce qu'une tempête en 1997 l'emporte ; la ligne actuelle longe le littoral.
  • Célébrité littéraire : Alexandrie a inspiré les œuvres de C.P. Cavafy (poète du XXe siècle qui a évoqué sa gloire antique) et le « Quatuor d'Alexandrie » de Lawrence Durrell.
  • Double titre : Elle a été surnommée à la fois « Perle de la côte méditerranéenne » et « Fiancée de la Méditerranée » dans les récits de voyage.
  • Trésor englouti : En 2021, l'Égypte a lancé le Musée national des antiquités sous-marines d'Alexandrie exposer des objets provenant de la baie, récupérés par des plongeurs.
  • Frontière maritime : Le ferry le plus fréquenté d'Égypte relie Alexandrie à deux ports italiens : Brindisi (en été) et Venise (toute l'année), assurant ainsi la liaison maritime entre l'Italie moderne et l'Égypte.
  • Naissances notables : Outre Alexandre (fondateur), le sol d'Alexandrie a produit des personnalités telles que l'érudit et philosophe Philon (Ier siècle après J.-C.) et le poète Constantin Cavafy (1863-1933).

Note de planification : Les horaires de visite des principaux sites d'Alexandrie (comme la colonne de Pompée et les jardins de Montazah) varient selon la saison. En été, beaucoup ferment à 17 h en raison de la chaleur. Les week-ends (vendredi et samedi) sont souvent très fréquentés ; privilégiez donc les matinées en semaine si possible. Les plages publiques (par exemple à Stanley ou à Montazah) sont payantes (quelques livres égyptiennes) et surveillées par des maîtres-nageurs sauveteurs en été.

Alexandrie moderne aujourd'hui

Économie et industrie

Alexandrie demeure le cœur industriel de l'Égypte sur la Méditerranée. Son économie repose sur le pétrole et la pétrochimie : les importantes raffineries de Sidi Kerir et d'Asab traitent le pétrole brut local et importé. L'Alexandria Petroleum Company (APC) et l'Alexandria National Refining & Petrochemicals (ANRPC) figurent parmi les acteurs clés.

Autres secteurs : textile et habillement (usines héritées du XIXe siècle), ciment (plusieurs grandes usines à l’est de la ville), acier (Egyptian Iron & Steel), agroalimentaire (oléagineux, minoterie) et construction/réparation navale au chantier naval d’Alexandrie. Château d'El Arab La zone industrielle (à l'ouest de la ville) a attiré des constructeurs automobiles et de biens de consommation.

Selon certaines estimations, Alexandrie représente environ 40 % de la production industrielle totale de l'ÉgypteLes industries côtières reflètent les marchés mondiaux : les pétroliers déchargent du pétrole dans les réservoirs de carburant, ou des céréales destinées à la consommation libyenne et intérieure. Malgré la pression urbaine, l’expansion du secteur manufacturier se poursuit, notamment pour diversifier l’économie et réduire la dépendance aux revenus du canal de Suez.

Infrastructures et transports

  • Port: Les terminaux portuaires modernisés gèrent le trafic de conteneurs (le nouveau terminal à conteneurs d'Alexandrie, soutenu par l'Europe, figure parmi les plus grands d'Afrique). Le complexe portuaire dispose d'un vaste réseau de grues, de silos et de quais d'amarrage.
  • Routes : La ville est desservie par la route de Mahmoudia (reliant la ville au Caire à l'ouest) et la route du désert oriental (reliant la ville à Suez à l'est). La circulation est constamment embouteillée sur la Corniche (route du front de mer), surtout les week-ends d'été.
  • Rail: La gare d'Alexandrie (gare Misr) est reliée par une ligne principale au Caire et à Louxor. Une ligne ferroviaire côtière la relie également à Port-Saïd et à Damiette. Un projet de ligne à grande vitesse (Le Caire-Alexandrie) pourrait voir le jour dans les prochaines décennies.
  • Tramway et métro : Le réseau de tramway d'Alexandrie (entièrement aérien) s'étend sur 32 km du nord au sud. Métro d'Alexandrie a été proposée (Ligne 1 : Abbasiya–Miami) mais reste à l'étude.
  • Installations portuaires : Le port ouest abrite des terminaux à conteneurs et de marchandises en vrac ; le port est comprend des terminaux pétroliers. Des ferries assurent la traversée du Nil jusqu’au gouvernorat de Dakahlia et des liaisons méditerranéennes vers l’Italie.
  • Aéroport: L'aéroport international de Borg El Arab (à 20 km au sud-ouest) a ouvert ses portes en 2010 et assure des vols intérieurs ainsi que quelques vols internationaux (vols charters saisonniers). L'ancien aéroport d'El Nouzha a fermé ses portes en 2020.

Éducation et santé

  • Université d'Alexandrie : Fondée en 1942, elle compte aujourd'hui environ 200 000 étudiants. Ses principales facultés sont : la médecine (en lien avec l'hôpital universitaire principal d'Alexandrie), l'ingénierie, l'agriculture, les lettres et les sciences marines.
  • Institutions internationales : L'Université des sciences et technologies Égypte-Japon (depuis 2009) près de New Borg El Arab et l'Académie méditerranéenne (institut de troisième cycle) soulignent la croissance du secteur de l'éducation dans la ville.
  • Santé: Alexandrie compte des dizaines d'hôpitaux publics : notamment l'hôpital universitaire principal d'Alexandrie (anciennement Kasr Al-Aini), l'hôpital Sant Mark (santé des femmes) et des centres spécialisés en oncologie et en cardiologie. L'espérance de vie à Alexandrie est proche de la moyenne nationale (environ 73 ans).

Alexandrie est confrontée à des défis modernes intimement liés à sa géographie :

  • Changement climatique : La montée des eaux de la Méditerranée et l'affaissement des sols du delta menacent les quartiers situés en zone basse (Anfoushi, Bab Sharqi). Des études prévoient que, d'ici 2050, une part importante des infrastructures d'Alexandrie sera exposée aux risques d'inondation. Plus de 7 000 bâtiments ont été identifiés (en 2021) comme vulnérables aux infiltrations d'eau souterraine. La ville investit dans des digues, des stations de pompage des eaux pluviales et la modernisation de la gestion des canaux afin d'atténuer les inondations.
  • Densité urbaine : Les quartiers historiques (Raml, Mandara) sont densément bâtis ; les nouveaux logements se situent principalement à l’ouest (Wábour El Ma) et en bordure du désert. Les bidonvilles et les habitations informelles engendrent des tensions sociales.
  • Circulation et pollution : Comme beaucoup de mégapoles, Alexandrie est confrontée à des problèmes de congestion routière (notamment sur la Corniche et les routes secondaires) et de pollution atmosphérique due à l'industrie et aux poids lourds. L'interdiction récente de la circulation des camions anciens dans le centre-ville vise à améliorer la qualité de l'air.
  • Patrimoine contre développement : La nécessité de préserver l'archéologie se heurte souvent aux impératifs de la construction. Par exemple, de nouveaux projets immobiliers mettent parfois au jour d'anciennes tombes ou citernes, ce qui exige l'intervention d'archéologues. Concilier développement et protection du patrimoine demeure un enjeu constant.

Malgré ces difficultés, l'économie d'Alexandrie a affiché des performances supérieures à celles de nombreuses autres villes égyptiennes en matière d'investissement, notamment grâce à son statut de plaque tournante des transports et de l'industrie. L'agrandissement du port et le projet de nouvelle voie du canal de Suez, situé à proximité, ont soutenu cette croissance.

Informations pratiques : À partir de 2026, Alexandrie fonctionnera sur le fuseau horaire GMT+2 (pas d'heure d'été). Les magasins sont généralement ouverts de 8 h à 21 h ; ils sont généralement fermés le vendredi après-midi. Le courant électrique est de 220 V/50 Hz. L'eau du robinet est potable (chlorée), mais de nombreux habitants préfèrent l'eau en bouteille. L'anglais est couramment compris dans les hôtels et les restaurants, mais connaître quelques phrases en arabe est utile.

Principales attractions et monuments

Les différentes strates de l'histoire d'Alexandrie se reflètent dans la diversité de ses monuments. Parmi les principaux attraits, citons :

Sites antiques

  • La colonne de Pompée : Un imposant monument à colonne unique (27 m de haut) érigé vers 300 apr. J.-C. en l'honneur de l'empereur Dioclétien. Sans lien avec Pompée le Grand, il s'agit de la plus grande colonne romaine d'Égypte. Les visiteurs peuvent explorer les ruines du Sérapéum (ancien temple) et son musée, situés à proximité. La colonne de granit se dresse sur l'emplacement de l'ancien temple du Sérapéum.
  • Catacombes de Kom El Shoqafa : La nécropole souterraine la plus célèbre d'Alexandrie, creusée au IIe siècle après J.-C., est l'une des « Sept Merveilles du Moyen Âge ». Ce complexe funéraire à trois niveaux mêle des motifs égyptiens, grecs et romains. Un large escalier en colimaçon descend au cœur des chambres funéraires ; les sarcophages et les statues ornés en font un site incontournable.
  • Amphithéâtre romain (Kom El-Dikka) : Construit au IVe siècle, ce théâtre à ciel ouvert (environ 800 places) est unique en Égypte. Découvert dans les années 1960 lors de fouilles archéologiques, il conserve ses sièges en marbre d'origine et ses sols en mosaïque. Les historiens pensent qu'il faisait peut-être partie d'un ancien complexe universitaire. Les visiteurs peuvent encore admirer les gradins semi-circulaires et les salles adjacentes.
  • Site du phare d'Alexandre (Fort Qaitbay) : Bien que le phare d'origine ait disparu, la citadelle de Qaitbay se dresse sur ses ruines. Construite par le sultan Qaitbay entre 1477 et 1479, elle occupe la pointe de l'île de Pharos. C'est une forteresse médiévale bien conservée, avec ses remparts et ses tours. À l'intérieur, on trouve un petit musée maritime.
  • Mosquée Abu al-Abbas al-Mursi : Un sanctuaire du XXe siècle situé dans la vieille ville d'Anfoushi (en bord de mer), dédié à un saint soufi andalou vénéré du XIIIe siècle. Avec son minaret à la forme atypique et ses murs blancs, il est un lieu de culte emblématique de la région. (Il date de la fin du XIXe siècle et est de style néo-mamelouk.)
  • Musée archéologique de la colonne de Pompéi : Le petit musée situé sur le site, près de la colonne de Pompée, présente des objets mis au jour à proximité (dont des fragments de la statue de Sérapis du Sérapéum).

Monuments médiévaux et postérieurs

  • Citadelle de Qaitbay : Outre le phare, cette forteresse est l'un des sites les plus photographiés d'Alexandrie. Ses remparts crénelés et ses cours offrent une vue imprenable sur la Méditerranée. La citadelle (également appelée château de Qaytbay) abrite de petites expositions sur l'histoire navale de la ville.
  • Al-Montazah Palace & Gardens: Un complexe palatial royal des XIXe et XXe siècles. Les palais Salamlek (1892), plus ancien, et El-Haramlek (1932), plus imposant, furent construits pour le khédive d'Égypte et le roi Fouad Ier. El-Haramlek, avec ses tours ottomanes et florentines, abrite aujourd'hui un hôtel-musée. De vastes pelouses, des jardins mauresques et des pavillons en bord de mer entourent le domaine, qui s'étend sur 120 hectares sur une presqu'île côtière.
  • Bibliothèque d'Alexandrie : La bibliothèque moderne et étincelante (inaugurée en 2002) est un édifice emblématique de verre et de granit face à la mer. Les touristes peuvent visiter sa salle de lecture principale (un vaste espace circulaire sous une verrière) et les musées qu'elle abrite (Antiquités, Manuscrits). Son mur extérieur est orné de caractères issus de 120 systèmes d'écriture différents.
  • Pont Stanley : Ce pont à haubans pittoresque (inauguré en 2001) enjambe la baie d'Aboukir sur la corniche, près de la plage et du club nautique très fréquentés de Stanley. Il offre un spectacle saisissant la nuit et relie les jardins de Stanley à la route principale de la corniche.
  • Bains romains et villa (Kom El-Deka) : Jouxtant le théâtre se trouvent les ruines d'un complexe thermal romain et d'une villa (aux sols en mosaïque). Celles-ci offrent un aperçu de la vie quotidienne à Alexandrie à l'époque romaine.

Sites modernes et culturels

  • Musée gréco-romain : Présente de petits objets et des statues témoignant de la longue histoire d'Alexandrie (ouvert dans les années 2000, rue Fouad, près de la place Saad Zaghloul).
  • Musée national d'Alexandrie : Installé dans un hôtel particulier de style italien restauré, il abrite l'une des collections d'objets les mieux organisées d'Égypte, couvrant la période pharaonique jusqu'à Alexandrie au XIXe siècle.
  • Corniche et plages : La promenade de la Corniche (route du 26 juillet) s'étend sur 32 km le long de la mer. Les promeneurs profitent de vues imprenables sur la Méditerranée, parsemée de bateaux de pêche. Des plages comme Stanley ou les rochers de Maamoura, aux formes harmonieuses, sont des lieux de villégiature prisés en été. (On y trouve des locations de parasols et des clubs ; il est conseillé de porter des chaussures pour marcher sur les rochers.)
  • Plage de Montaza : La plage qui longe les jardins royaux est sablonneuse et bien entretenue. C'est une belle plage locale bordée de palmiers, bien qu'elle ne soit pas très large.
  • Monuments modernes : Le Grand Plaza de San Stefano Le complexe (zone d'Anfoushi) est un développement commercial et hôtelier en bord de mer comprenant un centre commercial haut de gamme, un cinéma et une marina sur une île artificielle.

Conseil d'initié : Grimpez le Citadelle de Qaitbay Juste avant le coucher du soleil, pour une vue panoramique sur la corniche d'Alexandrie. La lumière dorée sur la Méditerranée et la silhouette du pont Stanley au loin sont un régal pour les photographes.

Visiter Alexandrie

  • Meilleur moment : Le printemps (mars-mai) ou l'automne (septembre-novembre) offrent un temps agréable. Les étés sont chauds et humides (les lieux climatisés sont les bienvenus pour se rafraîchir).
  • Transport: Des taxis et des applications de covoiturage (Uber, Careem) sont disponibles. Évitez les heures de pointe sur la Corniche (16h-18h). Le tramway est un moyen agréable de se déplacer sur de courtes distances ; les billets sont très bon marché (quelques centimes de dollar).
  • Notes culturelles : Lors de la visite de lieux de culte, une tenue vestimentaire modeste est de rigueur (épaules et genoux couverts). Le vendredi après-midi, de nombreux commerces et sites ferment pour la prière.
  • Cuisine: Goûtez aux plats locaux d'Alexandrie : poisson grillé, riz à la grenade (« roz bil rumman ») et le fameux riz aux fruits de mer « sayadeya ».
  • Sécurité: Alexandrie est généralement une ville sûre pour les touristes. Comme dans toute ville, il convient de surveiller ses affaires dans les lieux fréquentés.

Alexandrie dans son contexte

Alexandrie contre le Caire

  • Rôle: Le Caire est la capitale, le centre politique et la plus grande ville d'Égypte (environ 20 millions d'habitants dans l'agglomération). Alexandrie est la deuxième ville du pays, spécialisée dans le commerce, l'industrie et les activités portuaires. De par son importance historique, Alexandrie est souvent considérée comme la « seconde capitale » de l'Égypte.
  • Climat: Alexandrie (sur la côte méditerranéenne) bénéficie d'un climat plus frais et venteux que le Caire, avec son climat désertique et chaud. Les hivers y sont plus humides ; au Caire, les chutes de neige sont quasi inexistantes.
  • Rythme: La vie à Alexandrie est plus paisible que dans la mégapole trépidante du Caire. Les Égyptiens disent parfois que Le Caire est synonyme de politique et d'affaires, tandis qu'Alexandrie est synonyme de mer et de culture.
  • Taille: L'agglomération du Caire compte environ 22 millions d'habitants ; Alexandrie, environ 6 millions. Toutes deux possèdent des quartiers historiques classés au patrimoine mondial de l'UNESCO (la vieille ville du Caire contre Mansheya/Zizinia à Alexandrie).
  • Distance: Située à environ 180 km, c'est une destination prisée pour une excursion d'une journée depuis le Caire (voir ci-dessous).

Classements régionaux et mondiaux

  • Egypte: Alexandrie est le plus grand port méditerranéen du pays et la plus grande ville de la côte méditerranéenne.
  • Afrique: Elle se classe environ au 11e rang des plus grandes villes d'Afrique.
  • Villes méditerranéennes : Parmi les grandes villes méditerranéennes, on peut citer Istanbul, Le Caire, Athènes, Barcelone, etc., mais Alexandrie se distingue par son ancienneté et son rôle de porte d'entrée de l'Afrique du Nord.
  • Économie: Le rendement économique d'Alexandrie est comparable à celui de petits pays. Figurant parmi les gouvernorats les plus riches d'Égypte, son PIB par habitant est parmi les plus élevés du pays.
  • Éducation et culture : L'université d'Alexandrie est l'une des plus prestigieuses d'Égypte, et la Bibliotheca Alexandrina est une institution culturelle d'importance régionale, voire mondiale. Le rayonnement académique et de recherche de la ville est élevé pour l'Afrique.
  • Vulnérabilité climatique : Parmi les villes égyptiennes, Alexandrie et les villes du delta du Nil sont les plus vulnérables à la montée du niveau de la mer, contrairement aux capitales de l'intérieur des terres.
  • Événements annuels : Elle accueille des festivals culturels (Biennale d'Alexandrie, Festival international du film d'Alexandrie), ce qui en fait une capitale culturelle de l'Égypte.

Note historique : Dans les années 1960, la population d'Alexandrie avait dépassé les 700 000 habitants et la ville était souvent considérée comme le cœur industriel de l'Égypte. Cependant, à la fin du XXe siècle, la croissance du Caire s'est accélérée de façon spectaculaire. Alexandrie conserve néanmoins une identité propre, incarnant le visage méditerranéen de l'Égypte à l'international.

FAQ sur Alexandrie

Q : Qui a fondé Alexandrie et quand ?
A: Elle fut fondée par Alexandre le Grand en avril 331 av. J.-C. La légende raconte qu'Alexandre choisit ce site pour y établir une capitale grandiose, allant jusqu'à longer le rivage à cheval pour en marquer les limites. Après la mort d'Alexandre, les Ptolémées en firent la capitale de l'Égypte.

Q : Pourquoi l'ancienne Alexandrie était-elle importante ?
A: Capitale du royaume ptolémaïque, Alexandrie devint un centre mondial du commerce et du savoir. Son Grand Port attirait des navires de la Méditerranée, de la mer Rouge et d'ailleurs. On y trouvait la célèbre bibliothèque d'Alexandrie (la plus grande du monde antique) et le phare de Pharos, et des érudits du monde entier venaient y étudier.

Q : Où se situe Alexandrie en Égypte ?
A: Située sur la côte méditerranéenne, à l'extrémité ouest du delta du Nil, à environ 180 km au nord-ouest du Caire, elle comprend des quartiers côtiers et lacustres ; le port oriental divise la pointe de la ville.

Q : Qu'est-il arrivé à la bibliothèque d'Alexandrie ?
A : Le sort de l'ancienne bibliothèque est incertain. Elle fut endommagée lorsque les troupes de Jules César incendièrent accidentellement une partie de la ville en 48 av. J.-C. Elle semble avoir subsisté sous une forme ou une autre pendant des siècles, avant d'être finalement détruite (peut-être lors des guerres civiles des IIIe et IVe siècles ou en 392 apr. J.-C.). Aucun de ses livres n'a été conservé. La bibliothèque moderne… Bibliothèque d'Alexandrie (ouvert en 2002) vise à honorer cet héritage.

Q : Qu'est-il arrivé au phare d'Alexandrie ?
A: Le phare de Pharos a été détruit par plusieurs séismes entre le Xᵉ et le XIVᵉ siècle. Ses ruines ont été réutilisées ; le sultan Qaitbay y a fait construire sa citadelle du XVᵉ siècle. Aujourd’hui, les visiteurs peuvent admirer cette citadelle (le fort Qaitbay), mais des archéologues sous-marins ont également remonté des pierres tombées au fond de la mer autour de l’île de Pharos.

Q : Quelle est la population d'Alexandrie aujourd'hui ?
A: Environ 5,8 millions (aire métropolitaine, estimation 2025). C'est la deuxième plus grande ville d'Égypte après Le Caire.

Q : Alexandrie est-elle une bonne destination touristique ?
R : Oui, pour les passionnés d'histoire et de Méditerranée. La ville offre des vestiges antiques (la colonne de Pompée, les catacombes), de magnifiques parcs en bord de mer (les jardins de Montaza) et la Bibliotheca, une bibliothèque moderne. Cependant, c'est une ville active (et non une station balnéaire) et il peut y faire très chaud en été. À partir de 2026, les voyageurs devront également tenir compte des indications des guides locaux concernant les risques d'inondations occasionnelles lors de rares orages.

Q : Qu'est-ce qui fait la renommée d'Alexandrie ?
A: Dans l'Antiquité, elle était réputée pour son phare (Pharaon) et sa bibliothèque. Sur le plan culturel, elle est célèbre pour son riche patrimoine hellénistique. Aujourd'hui, elle est connue comme le principal port d'Égypte et pour des sites emblématiques tels que la citadelle de Qaitbay, le palais de Montaza et son ambiance méditerranéenne.

Q : Pourquoi Alexandrie est-elle surnommée la « Fiancée de la Méditerranée » ?
A : Ce surnom romantique (également appelé « Perle de la Méditerranée ») reflète sa beauté et son importance maritime. Il évoque la manière dont la ville a été historiquement célébrée par les visiteurs et les écrivains ; les raisons de cette appellation relèvent en partie de la mythologie et en partie du mythe des récits de voyage du XIXe siècle.

Q : Alexandrie a-t-elle jamais été la capitale de l'Égypte ?
A: Uniquement durant la période ptolémaïque (Alexandrie étant la capitale de l'Égypte ptolémaïque). Après 641 apr. J.-C., les conquérants musulmans fondèrent Fustat (le vieux Caire) comme nouvelle capitale. Au XIXe siècle, Alexandrie rivalisa brièvement avec le Caire sur le plan commercial, mais elle n'a jamais été la capitale politique de l'Égypte moderne.

Q : Quel était le lien entre Cléopâtre et Alexandrie ?
A: Cléopâtre VII est née et a régné à Alexandrie. C'était le siège de son pouvoir et sa résidence. Ses palais se trouvaient dans le quartier royal. Après sa défaite face à Octave, elle mourut à Alexandrie en 30 av. J.-C., marquant la fin de la dynastie ptolémaïque.

Q : Quelle langue parle-t-on à Alexandrie ?
A : Aujourd'hui, l'arabe égyptien (dialecte masri) est la langue du quotidien. L'anglais et le français sont largement enseignés dans les écoles, si bien que de nombreux habitants parlent au moins un peu d'anglais. Historiquement, l'élite parlait grec ; l'arabe s'est imposé après le VIIe siècle.

Q : Quel est le climat à Alexandrie ?
A: Méditerranéen. Les températures maximales moyennes en été avoisinent les 28 à 30 °C, avec une forte humidité. Les hivers sont doux, avec des minimales autour de 10 °C en janvier. Les pluies tombent principalement de novembre à février. La mer tempère les températures par rapport à l'intérieur des terres égyptiennes.

Q : Certaines parties antiques d'Alexandrie sont-elles sous les eaux ?
R : Oui. De nombreux bâtiments et quartiers anciens ont été engloutis par les séismes et la montée des eaux. Des fouilles ont mis au jour des sections submergées de temples, de maisons et de l'ancienne route de Pharos, au large des côtes actuelles. Des vestiges sous-marins sont encore visibles par les plongeurs près de la baie d'Abou Qir.

Q: Que peut-on voir à Alexandrie aujourd'hui ?
A: Un mélange d'ancien et de moderne : des vestiges archéologiques (la colonne de Pompée, l'amphithéâtre de Kom El-Dikka, les catacombes de Kom El-Shoqafa), des forteresses médiévales (Qaitbay), des places et mosquées de l'époque coloniale (Sayeda Zeinab, le quartier du palais de Ras El-Tin) et des monuments contemporains (la Bibliothèque d'Alexandrie, la Corniche). Les plages et les jardins (Stanley, Montaza) constituent également des attractions modernes.

Q : Quelle est la distance entre Alexandrie et le Caire ?
A: Environ 180 km. En voiture ou en bus par la route du désert, le trajet dure environ 2,5 à 3 heures ; le train à grande vitesse (en cours de développement) ou le train classique mettent également environ 2,5 à 3 heures.

Q : Quel est le PIB d'Alexandrie ?
A : Le PIB de la ville (2024) est d'environ 36 milliards de dollars. En tant que centre industriel et commercial, son économie est importante selon les normes égyptiennes (environ un dixième du PIB national).

Q : Dans quel fuseau horaire se trouve Alexandrie ?
A: Heure normale d'Égypte, UTC+2. L'heure d'été n'est actuellement pas observée (à partir de 2026).

Q : Est-ce qu'Alexandria est une ville où l'on peut se déplacer à pied ?
A: Le centre d'Alexandrie (Corniche, Mansheya, Žizinia) se visite assez facilement à pied, et de nombreux sites touristiques sont à proximité. La Corniche et les jardins invitent à de belles promenades. Cependant, la ville s'étend sur une vaste superficie ; il est donc nécessaire d'utiliser le métro ou la voiture pour rejoindre les plages plus éloignées ou les attractions de la périphérie.

Q : Comment est la vie nocturne à Alexandrie ?
A: Bien que moins connue que les stations balnéaires, Alexandrie offre une vie nocturne animée le long de la Corniche et dans des quartiers comme Sporting. Cafés, bars à chicha et restaurants (spécialisés dans les fruits de mer !) restent ouverts tard. La promenade du front de mer s'anime le soir avec la présence des familles et des artistes de rue.

Conclusion

L'importance durable d'Alexandrie réside dans sa fusion de l'ancien et du moderne. De la vision fondatrice d'Alexandre à travers des siècles de savoir et de commerce, elle a été un carrefour culturel essentiel. L'Alexandrie d'aujourd'hui porte ces strates dans ses pierres et son histoire : la patine des philosophes grecs et des empereurs romains côtoie des ports animés et des industries modernes.

Points clés : – Alexandrie était un centre intellectuel majeur du monde antique (Phare, Bibliothèque) et demeure la première ville maritime d'Égypte. – Son climat et sa géographie lui confèrent un caractère unique : des hivers doux en bord de mer, des étés animés sur la Corniche et un paysage urbain façonné par plus de 2 000 ans d'histoire. – Sur le plan économique, elle reste un centre de commerce, d'industrie et de tourisme, contribuant à hauteur d'environ 10 % au PIB égyptien. – La ville est aujourd'hui confrontée aux défis contemporains du changement climatique et de la pression urbaine, mais des initiatives locales (infrastructures, conservation du patrimoine et aménagement durable) visent à préserver son héritage. – Pour les visiteurs comme pour les habitants, Alexandrie offre un tableau vivant : des merveilles antiques émergeant de la Méditerranée, de grands palais au cœur de parcs arborés et un esprit multiculturel enrichi au fil des millénaires.

En 2026, Alexandrie se trouve à la croisée des époques : ses défis futurs font écho à son passé glorieux. Les mêmes vents qui jadis portaient les érudits grecs rafraîchissent aujourd’hui les gratte-ciel modernes. Dans ce mélange de ruines et de progrès, Alexandrie demeure une ville d’une importance capitale, un joyau égyptien sur la mer.

Conseil d'initié : Lors de votre séjour à Alexandrie, essayez C'est moi. Le riz au poisson est un plat typique de la région. On le trouve frais au marché aux poissons de la place Tahrir, près de la mer.