La fontaine de Trevi à Rome est non seulement un chef-d'œuvre baroque, mais aussi un célèbre puits à souhaits. Selon certaines estimations, les visiteurs y jettent environ 3 000 € par jour, soit environ 1 à 1,5 million d'euros par an. La tradition locale veut que jeter une pièce de monnaie dos à la fontaine (la main droite sur l'épaule gauche) garantisse un retour à Rome. Il ne s'agit pas d'une simple attraction touristique : c'est un rituel séculaire ancré dans la tradition païenne. S'appuyant sur des sources historiques et des témoignages directs, ce guide dévoile les raisons pour lesquelles nous jetons des pièces dans la fontaine de Trevi – des offrandes antiques aux divinités de l'eau aux films et œuvres caritatives modernes – et explique le symbolisme d'une, deux ou trois pièces, ainsi que la destination de cet argent.
Bien avant la Rome baroque, on jetait des objets précieux dans l'eau à travers le monde pour s'attirer les faveurs des divinités. L'offrande aux dieux de l'eau était courante dans les cultures païennes. Dans l'Antiquité, les Romains jetaient des pièces dans les rivières et les puits en guise de prières pour des voyages sans encombre et la prospérité. Une croyance locale voulait que la consécration d'une source ou d'une fontaine puisse invoquer la protection divine. Dans le cas de la fontaine de Trevi, cette croyance perdure dans l'idée que ses eaux étaient sacrées, une idée qui remonte à la légende de l'Aqua Virgo. Selon le mythe, en 19 av. J.-C., des soldats romains découvrirent une source d'eau vive grâce à une jeune fille (la « virgo », la vierge) qui les y guida. L'aqueduc construit à partir de cette source, l'Aqua Virgo, donna son eau et son nom à la fontaine de Trevi. Jeter des pièces dans la fontaine de Trevi est donc un écho moderne d'une pratique ancestrale : un hommage païen au pouvoir de l'eau. Au fil du temps, alors que le paganisme romain cédait la place au christianisme, les eaux de la fontaine ont conservé leur aura de mystère. L'idée sous-jacente – apaiser une divinité pour attirer la chance – s'est mêlée à une superstition spécifiquement romaine : le jet de pièces pour assurer son retour sain et sauf à la maison.
La fontaine de Trevi que nous voyons aujourd'hui fut achevée en 1762, mais son histoire remonte à des millénaires. Son eau provient de l'aqueduc d'Acqua Vergine, lui-même une renaissance du canal d'Agrippa datant de 19 av. J.-C. La légende raconte que les ouvriers de l'aqueduc ne découvrirent la source que lorsqu'une jeune fille (la Vierge La légende raconte que des soldats assoiffés s'y rendaient. Des siècles plus tard, le pape Clément XII (règne : 1730-1740) organisa un concours (1732) pour la rénovation des fontaines de Rome. Parmi 28 projets, celui de Nicola Salvi, de style baroque, fut retenu, devançant un architecte romain concurrent. Salvi commença les travaux en 1732, mais ne les vit jamais achevés : il mourut en 1751, laissant une grande partie du chantier inachevée. Après sa mort, Giuseppe Pannini reprit le projet et la fontaine fut finalement inaugurée le 22 mai 1762 par le pape Clément XIII.
Le nom « Trevi » vient de tre vieLes « trois routes » qui se croisaient autrefois à l'emplacement de la fontaine furent démolies. La place environnante fut même déblayée pour lui faire place. L'édifice achevé – d'environ 26 mètres de haut et 49 mètres de large – est un chef-d'œuvre de travertin, symbole de la fierté civique. Sa grandeur était censée symboliser la renaissance de Rome et sa maîtrise de l'eau. En effet, l'ensemble de la Piazza Poli se lit comme une affirmation de la domptation de la nature : Océan (Neptune) et son char dominent le centre, flanqués d'allégories de la santé et de l'abondance. Par son histoire et ses dimensions, la fontaine de Trevi devint le cadre idéal d'une grande tradition – même si cette tradition se résumait à jeter une pièce pour formuler un vœu.
Au cœur de la fontaine de Trevi, Océan (dieu des eaux) triomphe. Sa statue, sculptée par Pietro Bracci, émerge d'un char en forme de coquillage tiré par deux chevaux. hippocampesChaque hippocampe arbore une expression différente, symbolisant les deux humeurs de la mer – l'une calme, l'autre tumultueuse – guidées par le souffle des Tritons. Ces Tritons, jeunes tritons, tirent le char d'Océan et renforcent le thème de l'humanité domptant les forces de l'eau.
De part et d'autre d'Océan se trouvent deux figures féminines : l'Abondance (à gauche, versant des grains d'une corne d'abondance) et la Santé (à droite, tenant une coupe d'où boit un serpent). Ces personnifications célèbrent les vertus vivifiantes de l'eau. Le motif général est littéralement inscrit sur la façade : une inscription latine se lit comme suit : « Fontaine • Vierge • Forces • Industrie » – roughly, “Virgin [water] fountain, of plenty and ingenuity.” In effect, the fountain narrates the Dompter les eauxLes ingénieurs de Rome ont canalisé la source pure (l'eau « vierge ») dans une cascade architecturale contrôlée par l'homme.
Le matériau lui-même confère à l'œuvre une impression de pérennité. Les ouvriers ont extrait du travertin pâle de Tivoli pour tailler les blocs. La pierre blanche et texturée ainsi obtenue scintille lorsqu'elle est mouillée et invite au toucher – une des raisons pour lesquelles la fontaine attire autant les mains que les pièces de monnaie. Aujourd'hui, les visiteurs de la place s'arrêtent souvent devant Océan, émerveillés par ses détails : sa barbe ondulée, les chevaux, les armoiries papales richement ornées qui la surplombent. Ces détails, si méticuleusement travaillés, nous rappellent que même un rituel aussi anodin que le lancer de pièces se déroule sur un chef-d'œuvre d'art et d'ingénierie.
Le rituel des pièces de monnaie d'Helbig s'est mêlé aux coutumes existantes en s'appuyant sur une superstition encore vivante : les puits à souhaits et les sources sacrées. Au fil des décennies, il est passé d'une nouveauté réservée aux intellectuels à une tradition populaire. Ce processus a été considérablement amplifié par les médias. Par exemple, le film hollywoodien de 1954 Trois pièces dans la fontaine Il a romancé la légende et l'a fait connaître dans le monde entier, sous-entendant que chaque pièce exauce un vœu (et apporte finalement la gloire). Federico Fellini La douce vie (1960) a ancré davantage encore la fontaine de Trevi dans l'imaginaire collectif. Dans cette scène iconique, l'actrice Anita Ekberg entre dans la fontaine au clair de lune, éclaboussant joyeusement – une image cinématographique qui, involontairement, fait la promotion du tirage à pile ou face auprès de millions de personnes.
Malgré ces fantaisies, les pièces ne sont pas jetées au hasard. La technique établie – main droite, dos à la fontaine, par-dessus l'épaule gauche – s'est codifiée au fil du temps. À la fin du XXe siècle, jeter une pièce à la fontaine de Trevi était devenu une tradition incontournable. Guides et Romains se racontaient que l'une des pièces signifiait « retour », deux « trouver l'amour » et trois « se marier à Rome ». (Certains précisent que chaque pièce doit être jetée séparément, et non toutes en même temps.) En bref, un rituel moderne a émergé naturellement d'anciennes légendes : les visiteurs jetaient littéralement de l'argent dans une fontaine monumentale, formulant ainsi des vœux de fortune.
Depuis toujours, jeter une pièce est perçu comme un acte de confiance envers le destin. La tradition du vœu d'une seule pièce – établie au début du XXe siècle – porte la simple promesse que « cette visite ne sera pas la dernière ». Essentiellement, une pièce = votre retour à RomeAinsi, presque chaque visiteur en jette au moins un, signifiant peut-être mentalement « à plus tard ».
Le folklore s'est rapidement enrichi. Au milieu du siècle, les Italiens affirmaient qu'une deuxième pièce de monnaie garantissait le véritable amour – généralement celui d'une personne amoureuse d'un Italien – et qu'une troisième pièce annonçait le mariage. Popularisée par les guides de contes et les films, cette idée fait écho à une croyance plus ancienne : les fontaines romaines étaient souvent associées à des légendes romantiques. À propos de la fontaine de Trevi, une légende raconte l'histoire d'une jeune fille priant Neptune de sauver son fiancé soldat ; ce récit rejoint la tradition des offrandes de pièces de monnaie comme autant de supplications pour obtenir l'aide divine en amour. Jeter deux ou trois pièces de monnaie devint ainsi une façon de transformer cette aide divine en un signe d'espoir pour trouver l'âme sœur (et ensuite se marier).
Rien de tout cela n'est officiellement reconnu ; il s'agit d'une croyance populaire vivante. Les autorités municipales tolèrent simplement cette superstition, la jugeant inoffensive. Mais certains touristes demandent : « Est-ce vraiment vrai ? » La réponse est que ce rituel est symbolique. Un extrait d'un guide récent le résume bien : « Beaucoup croient qu’en lançant une pièce, le retour à Rome est garanti, tandis que la deuxième pièce assure un nouvel amour et la troisième conduit au mariage. »En résumé, les chiffres 1, 2 et 3 deviennent une mini-liste de souhaits. Que le destin existe ou non, le bassin de la fontaine est devenu un registre collectif d'espoirs : chaque pièce est un vœu personnel gravé à sa surface.
Une mauvaise technique est presque aussi grave que de ne pas lancer du tout. La tradition exige un geste rituel très précis :
Respectée scrupuleusement, cette petite cérémonie ne dure que quelques secondes – chaque lancer étant accompagné d'un vœu personnel. Les guides insistent sur l'importance de la faire consciemment, en fermant éventuellement les yeux ou en formulant une prière intérieure. Il est important de noter que les visiteurs sont avertis… ne pas s'attarder dans l'eau ou tenter de récupérer des pièces. En fait, la ville a même instauré des règles : lors de récents travaux de restauration, le bassin de la fontaine a été vidé, et les autorités municipales ont averti que jeter des pièces dans la fontaine vidée serait passible d’une amende de 50 €. (Des bassins peu profonds ou des boîtes à dons ont été mis à disposition à la place.) En temps normal, jeter des pièces est autorisé, mais touchant L'eau est techniquement illégale – une règle moderne visant à protéger le monument.
Même sans parler des pièces de monnaie, la fontaine de Trevi a inspiré des mythes romantiques. Une légende locale raconte l'histoire d'une belle Romaine et d'un soldat de l'Antiquité. Lorsque le soldat partit à la guerre, la jeune fille pria Neptune de le protéger. La légende dit que Neptune guida le soldat jusqu'à sa maison, et qu'il arriva précisément à cette fontaine alimentée par une source, où la jeune fille le reconnut et le retrouva. L'histoire se termine bien : le dieu exauça une prière d'amour, et la fontaine de Trevi fut à jamais associée à la fidélité.
Cette légende a également donné naissance à la tradition du verre brisé. Autrefois, à Rome, les jeunes femmes faisaient boire à leurs fiancés, sur le point de partir, l'eau de la fontaine de Trevi (réputée pure et fraîche), puis brisaient rituellement le verre. Ce geste symbolisait un amour indéfectible, une mise en scène dramatique qui montrait que, malgré la séparation physique, leur relation resterait intacte. En somme, les fragments brisés proclamaient : « Notre amour ne se brisera jamais. »
À droite de la fontaine se trouve un petit bassin inférieur muni de deux jets d'eau. Les Romains l'appelaient le Fontaine des amoureux – la Fontaine des Amoureux. Selon la tradition, les couples (ou les personnes sur le point de se fiancer) puisent de l'eau ensemble à ces jets. D'après une légende romaine : si l'on boit de l'eau de Trevi ensemble et que le verre se brise avant le départ de l'être aimé, le lien d'amour sera éternel. (Il s'agit d'une cérémonie de bord de route, aujourd'hui largement oubliée des touristes.) Quoi qu'il en soit, ces histoires renforcent le caractère de la fontaine, qui n'est pas seulement un monument historique, mais un lieu vivant. talisman romantique.
De nos jours, toute tentative de baignade ou de pataugeage dans la fontaine de Trevi est strictement interdite. Rappelant la scène culte d'Anita Ekberg, certains amateurs de sensations fortes s'y essaient encore, mais à quel prix ! Début 2025, un touriste qui s'était aventuré dans la fontaine pour recréer la fameuse scène de La Dolce Vita a écopé d'une amende de 500 € et d'une interdiction d'accès à vie. La loi italienne interdit désormais de se baigner ou même de toucher l'eau, et la police patrouille avec des caméras. (Les visiteurs en quête de nostalgie peuvent admirer les affiches de vieux films à proximité, mais la fontaine elle-même doit rester propre.)
Chaque jour, les employés municipaux vident ou écument la fontaine pour récupérer les pièces. La quantité est impressionnante. Les autorités estiment à environ 3 000 € la quantité de pièces récupérées chaque jour. Les chiffres officiels (de 2016) évaluent la collecte annuelle à environ 1,4 million d'euros, tandis que des rapports récents font état d'un montant pouvant atteindre 1,5 million d'euros. Des pièces de toutes les devises ont été trouvées (les visiteurs jettent souvent des centimes d'euros d'autres pays, en plus des centimes d'euro).
La collecte se fait avec soin : des équipes d’entretien vident régulièrement la fontaine ou utilisent des filets et des pompes à vide pour récupérer le trésor. Un seul téléphérique ou échafaudage ne suffit jamais, aussi des équipes d’ouvriers et de policiers assurent la sécurité lors de chaque opération. Une fois les pièces récupérées, elles sont comptées et triées.
Depuis 2001, la ville s'est consacrée à tous Les pièces de Trevi reversées à des œuvres caritatives. Le maire Walter Veltroni a décrété que l'argent serait destiné à des programmes d'aide locaux afin de mettre fin à la corruption historique qui entoure la fontaine. Aujourd'hui, la totalité de la somme est remise à Caritas Roma, l'association caritative catholique qui gère des soupes populaires, des distributions alimentaires, des centres d'hébergement et des services sociaux pour les plus démunis de la ville. Caritas indique que les pièces de Trevi représentent désormais une part importante (environ 15 %) de son budget annuel. Concrètement, le rituel du jet de pièces est devenu une source de dons essentielle : les vœux des touristes permettent littéralement de nourrir et d'abriter les Romains les plus vulnérables.
Deux fois par an, après les grands événements ou en basse saison, les services municipaux récupèrent les pièces. Sous la surveillance de la police, elles sont collectées et l'argent est versé dans les caisses de la ville. Conformément à la loi italienne, toutes les pièces sont reversées à Caritas Roma. L'association caritative les convertit ensuite en espèces et les utilise pour des programmes communautaires : achat d'ingrédients pour les soupes populaires, distribution de bons alimentaires et soutien aux centres d'hébergement pour sans-abri. Parfois, les pièces financent des projets spécifiques (comme des repas de fête pour les plus démunis). Les rapports officiels mettent en avant l'aspect positif de cette pratique : la superstition même liée à la fontaine permet de générer des ressources pour les citoyens les plus vulnérables de la ville.
Un porte-parole de Caritas souligne que cet afflux de dons est si régulier qu'ils peuvent établir leurs budgets en conséquence. D'une certaine manière, la tradition de la fontaine de Trevi a bouclé la boucle : les pièces que les pèlerins jetaient autrefois pour apaiser les dieux de l'eau servent désormais de manne aux affamés et aux sans-abri de Rome. Les guides rappellent souvent aux touristes qu'en participant à ce rituel, ils font involontairement un geste de générosité.
Compte tenu des sommes en jeu, des tentatives de vol ont eu lieu. De tout temps, des individus opportunistes ont tenté de récupérer l'argent de la fontaine. En 2002, puis en 2011, les médias italiens ont révélé que des hommes vidaient la fontaine pour s'emparer de pièces, parfois avec la complicité même de la police municipale. En 2003, un tribunal a statué que les pièces jetées dans la fontaine de Trevi étaient légalement considérées comme des « biens abandonnés », ce qui signifie qu'elles ne peuvent être volées au sens habituel du terme. Toutefois, la réglementation locale interdit formellement de pénétrer dans la fontaine ou d'y toucher. La position actuelle : N'essayez pas de récupérer les pièces. Des caméras et des gardes surveillent désormais le bassin. Des arrêtés municipaux prévoient des amendes, voire des peines de prison, pour toute personne prise en flagrant délit de tentative d'intrusion.
En pratique, tout prélèvement non autorisé de pièces est illégal en vertu des arrêtés municipaux. Des touristes ont été verbalisés et interdits d'accès pour avoir pataugé dans la fontaine, voire pour avoir escaladé les rochers. Fin 2024, le maire a averti que jeter des pièces pendant la vidange de la fontaine (pour réparations) était passible d'une amende de 50 €. À ce jour, les vols avérés (comme le fait de repêcher des pièces) sont rares ; le risque d'être pris sur le fait par la police ou les caméras de surveillance est élevé. Le plus sûr est de s'en tenir au rituel officiel qui consiste à jeter une pièce, en sachant que la ville gère ce trésor de manière responsable.
Aucun sanctuaire dédié aux vœux n'est complet sans sa présence dans l'art et les médias. Le cinéma, en particulier, a contribué à asseoir le statut mythique de la fontaine de Trevi. Le film de 1954 en est un bon exemple. Trois pièces dans la fontaine Le film (tourné en partie à Rome) tire son titre du rituel du lancer de pièces ; la chanson populaire « Three Coins » de Frank Sinatra associe explicitement ce geste à la quête du bonheur dans la Ville éternelle. Les paroles « Qui est celui qui exaucera mon vœu ? » ont popularisé cette idée dans l’Amérique de l’après-guerre.
Quelques années plus tard, Federico Fellini La douce vie (1960) a immortalisé la fontaine de Trevi à jamais. La scène de baignade nocturne d'Anita Ekberg a rendu la fontaine iconique, montrant des célébrités profitant de la vie romaine (et suggérant au passage : « Vous aussi, vous pouvez le faire ! »). Depuis, des dizaines de films et de séries télévisées ont mis en scène la fontaine de Trevi, généralement avec des amoureux ou des expatriés faisant des vœux. (Un exemple amusant : dans Le film Lizzie McGuire Un expatrié hollywoodien jette une pièce pour rester à Rome, un clin d'œil à la tradition.
Même les dirigeants mondiaux ont participé à la tradition. En octobre 2021, les chefs d'État du G20 se sont alignés pour jeter des pièces commémoratives en euros dans la fontaine de Trevi. Les appareils photo ont crépité lorsque Joe Biden a quitté les lieux, mais Macron, Johnson, Merkel et d'autres ont chacun utilisé ce rituel pour « retrouver le bonheur d'avant la COVID », comme l'a tweeté avec humour le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Leurs pièces – comme celles de tous les autres – avaient été frappées spécialement pour le sommet (avec l'Homme de Vitruve de Léonard de Vinci sur une face).
De toute évidence, la fontaine de Trevi occupe une place importante dans la culture, bien au-delà de ses pierres et de son eau. Les guides touristiques aiment souligner que même des membres de la royauté ont fait la queue ici. La douce vieIl est important de le souligner : la baignade dans la fontaine de Trevi est aujourd'hui interdite. Un règlement strict l'interdit formellement, et toute personne s'y jetant à l'eau s'expose à une amende de 500 €. (Bien loin de l'insouciance d'Anita Ekberg ! « La Dolce Vita a popularisé la baignade dans la fontaine, mais aujourd'hui, Rome l'interdit pour protéger le monument », note un guide touristique.) Désormais, les visiteurs prennent des photos, jettent des pièces et se remémorent ces instants magiques, comme au cinéma.
Au-delà du tirage à pile ou face, la fontaine de Trevi s'est enrichie de quelques rituels locaux. Nous avons déjà évoqué le rituel de la Fontaine des Amoureux, sur la droite. Autrefois, on buvait aussi de l'eau de la fontaine. Bien que construite sur une place royale, elle sert également de point de départ pour les rituels liés à l'eau de Trevi. montrer – une fontaine magistrale de l'Acqua Vergine. À Rome, cela signifie que son eau est légalement potable. Avant l'arrivée de la plomberie moderne, les Romains et les pèlerins buvait librement On raconte que, depuis les fontaines ornementales, à Trevi, les couples puisaient autrefois de l'eau dans une petite coupe et buvaient pour se saluer. L'Acqua Vergine étant encore aujourd'hui considérée comme l'une des eaux potables les plus pures de Rome, cette légende recèle une part de vérité.
Cependant, selon une tradition ancestrale, les visiteurs ne doivent plus boire directement à la fontaine de Trevi. (Des panneaux et des gardes de la ville dissuadent de boire dans le bassin.) Les Romains se dirigent plutôt vers un autre endroit. nez Une fontaine publique est à disposition à proximité pour se désaltérer. Le nouveau règlement, établi après la restauration, précise que l'eau de la fontaine de Trevi circule en circuit fermé ; s'y baigner ou boire directement peut donc favoriser la prolifération d'algues. Comme le dit un guide sans ambages : « Vous ne la boiriez pas, même si elle paraît limpide. » Ainsi, bien que techniquement potable, l'eau de la fontaine ne peut désormais être consommée qu'au robinet, afin de préserver l'hygiène.
En bref, la fontaine de Trevi est entourée de superstitions pour toutes les occasions : pièces porte-bonheur, potion des amoureux, et la fameuse… ne devrait pas Faire (nager ou ramasser des pièces). Chacune de ces pratiques a une histoire intéressante, reliant ce monument baroque à la vie quotidienne romaine.
Pour les visiteurs qui viennent pour la première fois, lancer une pièce n'est qu'une partie de l'expérience. Un défi consiste simplement à s'approcher La fontaine. Aux heures de pointe, la place est bondée. Pour éviter la foule, allez-y tôt le matin (peu après le lever du soleil) ou très tard le soir. De nombreux guides signalent qu'aux alentours de midi ou au coucher du soleil, il y a encore énormément de monde. (Conseil : Les moments juste avant 9 h ou après 22 h peuvent être étonnamment calmes, vous offrant une demi-heure de tranquillité.)
En raison de l'affluence, Rome exige désormais une réservation pour entrer sur place pendant les mois les plus touristiques. Depuis fin 2023, la ville a délimité la zone et mis en place un système de réservation. Les groupes de 400 personnes maximum sont autorisés à visiter la place de Trevi pendant 30 minutes, sur réservation. (À partir de 2025, un droit d'entrée officiel de 2 € était testé pour un accès plus rapproché.) L'accès à pied reste possible depuis les marches périphériques de la place, mais consultez le site web de l'office de tourisme de Rome pour connaître les dernières règles.
Une fois à la fontaine, gardez ces règles de bienséance à l'esprit :
– Utilisez n'importe quelle pièce en euros. Il n'y a pas de limite de valeur. Beaucoup de touristes jettent une petite pièce d'un centime, et c'est tout à fait normal. La fontaine recueille toutes sortes de pièces (en fait, des pièces de dizaines de devises différentes y ont été trouvées au fil des ans).
– Surveillez votre visée. Un grand filet recouvre le bassin central. Essayez de lancer la pièce de façon à ce qu'elle atterrisse dans la piscine, et non sur le rebord ou la rambarde (le personnel vérifie régulièrement les alentours pour ramasser les pièces oubliées).
– Soyez respectueux. Ne grimpez pas sur le marbre, ne jetez pas de déchets et ne dérangez pas les visiteurs locaux (la fontaine de Trevi est toujours considérée comme un lieu sacré par les habitants). Les photographes sont priés de ne pas gêner les autres, car beaucoup viennent prendre des photos de famille. Contrairement aux monuments classiques, ici, les gens interagissent avec le marbre ; soyez donc courtois dans ce lieu animé.
Pour les photos, le meilleur point de vue est légèrement à distance afin de capturer toute la façade. Notez qu'en 2023, la fontaine était en restauration et recouverte d'échafaudages ; si vous la visitez juste après, vérifiez que les échafaudages ont été démontés. Les habitants indiquent également qu'il est mal vu de se tenir sur les petits rebords en pierre près de l'eau (où les touristes prennent souvent des photos).
Est-ce que le lancer fonctionne vraiment ? À proprement parler, c'est de la superstition. Rien ne garantit que votre vœu (retour, amour ou autre) se réalisera – juste une dose de confiance et de plaisir. Selon certaines anecdotes, des millions de personnes ont jeté des pièces et… quelques Ils sont certainement retournés à Rome, mais c'est probablement une coïncidence, sans doute, et cela tient aussi à la satisfaction des touristes. Quoi qu'il en soit, ce geste a presque un côté rituel : les gens prennent plaisir à avoir le sentiment d'avoir accompli quelque chose d'important.
Puis-je formuler n'importe quel vœu ou dois-je seulement retourner à Rome ? Traditionnellement, le « vœu » d'une personne est lié au nombre de pièces trouvées. La version la plus ancienne est « retourner à Rome ». Les notions d'amour et de mariage sont apparues plus tard. En pratique, chacun peut formuler un vœu personnel, mais la légende locale évoque toujours, d'une manière ou d'une autre, le retour à Rome, l'amour ou le mariage.
Que faire si je n'ai pas de pièce d'un euro ? En pratique, au bord du bassin, vous trouverez des bureaux de change et des vendeurs de souvenirs (bien qu'il soit conseillé d'apporter vos propres euros). Certains vendeurs proposent des pièces en euros ou des jetons. Il est préférable d'avoir quelques petites coupures en euros (les pièces de 1 ou 2 centimes conviennent). Les touristes apportent souvent des centimes étrangers (certains jettent même délibérément des pièces italiennes de 1 centime en souvenir).
Existe-t-il un meilleur moment de la journée ? Comme indiqué plus haut : si possible, tôt le matin ou très tard le soir. Le milieu de journée est le moment le plus fréquenté. Tenez également compte de la météo ; les étés chauds à Rome sont synonymes de forte affluence et de fortes chaleurs, une visite tôt le matin ou au crépuscule est donc plus agréable.
Quelle est la profondeur de la fontaine ? Le bassin central de Trevi est peu profond – quelques centimètres seulement. Ce n'est pas une piscine. ne peut pas On peut y nager ou même y patauger de nos jours (les parois sont basses, mais l'eau n'est profonde que de quelques centimètres).
À qui appartient la fontaine ? La fontaine de Trevi appartient à la Ville de Rome et est entretenue par les autorités municipales. Commandée par la papauté, elle est aujourd'hui un monument culturel protégé par la municipalité. Les pièces de monnaie appartiennent à la Ville (données à des œuvres caritatives) et le monument est protégé par la loi en tant qu'œuvre d'art publique.
Jeter des pièces dans la fontaine de Trevi est bien plus qu'une simple tradition touristique. C'est un lien entre les visiteurs d'aujourd'hui et un passé complexe : ce geste mêle le culte antique de l'eau à la fierté civique baroque et même au glamour hollywoodien. Au fond, cette tradition perdure car elle répond à des aspirations universelles : l'amour, la chance, le désir de revenir dans une ville dont on est tombé amoureux.
Cette tradition a aussi une dimension morale : l’argent jeté n’est pas perdu dans les flots, mais utilisé pour aider les plus démunis de Rome. Cette dimension donne à ce geste une signification particulière. Ainsi, même si les appareils photo crépitent et que la foule se presse, le résultat est concret : les pièces collectées nourrissent les affamés et logent les sans-abri grâce aux programmes de Caritas.
Au final, le rituel de la pièce jetée à la fontaine de Trevi nous rappelle que même dans une métropole mondiale comme Rome, les aspirations de l'humanité restent ancrées dans des gestes simples. En jetant une pièce, le touriste s'inscrit dans la lignée des fidèles et des romantiques et, aussi fantaisiste que cela puisse paraître, participe à un espoir ancestral : la magie a encore sa place dans la Ville éternelle.