La plus grande richesse du lac d'Ohrid réside dans sa biodiversité. Il figure parmi les lacs les plus riches en biodiversité au monde, si l'on considère sa superficie. Chaque niche écologique y est représentée par des espèces uniques. Le plancton et les algues microscopiques qui peuplent le lac abritent des dizaines d'organismes parfaitement adaptés, mais c'est surtout sa faune ichtyologique et benthique qui est remarquable. On y trouve huit espèces de cyprinidés endémiques et deux espèces de truites endémiques distinctes (la truite d'Ohrid, *Salmo letnica*, et *Salmo ohridanus*). Ces truites, que l'on a un temps cru apparentées à des espèces marines, sont en réalité des vestiges du Tertiaire.
La vie des invertébrés présente un endémisme encore plus marqué. Par exemple, environ 73,5 % des espèces d'escargots d'eau douce du lac sont endémiques. Les organismes submergés ressemblant à des éponges et les minuscules crustacés comptent également des dizaines de variétés uniques. Les scientifiques ont recensé plus de 30 copépodes endémiques, 68 escargots endémiques (dont 50 sont totalement uniques) et plus de 170 espèces endémiques d'amphipodes et d'isopodes benthiques. En bref, par rapport à sa superficie, ce lac relativement petit rivalise avec des lacs beaucoup plus vastes comme le Baïkal ou le Tanganyika en termes d'endémisme. Chaque été, les chercheurs découvrent de nouvelles variantes, voire de nouvelles espèces, dans les anfractuosités cachées des profondeurs du lac d'Ohrid.
Cet écosystème reflète le caractère clair et oligotrophe du lac. Les concentrations de nutriments y sont faibles et les proliférations d'algues rares. La visibilité sous-marine peut atteindre 20 mètres. Le brassage étant limité (seuls les 150 à 200 premiers mètres environ sont renouvelés chaque hiver), les eaux profondes restent froides et riches en oxygène toute l'année. Même au fond, les concentrations d'oxygène demeurent proches de celles de la surface, un facteur essentiel à la préservation des espèces anciennes.
Les rives du lac sont également importantes pour les oiseaux et les zones humides. Les roseaux et les baies marécageuses abritent un grand nombre d'oiseaux d'eau et de limicoles, notamment pendant les migrations et en hiver. Jusqu'à 5 000 pélicans frisés peuvent hiverner sur les vasières poissonneuses d'Ohrid, et de nombreux cormorans pygmées et fuligules ferrugineux, espèces menacées, y trouvent refuge. Le marais de Studenchishte (situé juste à l'est d'Ohrid) est une zone humide protégée essentielle à la biodiversité. De manière générale, le lac d'Ohrid est reconnu comme une zone importante pour la conservation des oiseaux en Europe.
Sur le plan écologique, Ohrid est un trésor mondial. Son statut de « musée de fossiles vivants » n'est pas qu'une simple figure de style : le lac abrite littéralement des organismes datant d'époques où les paysages européens étaient bien plus chauds et humides. La protection de ces espèces est l'une des principales raisons de l'inscription de la région lacustre au patrimoine mondial de l'UNESCO.
La plupart des visiteurs séjournent dans la vieille ville d'Ohrid. Située sur la rive nord-est, la vieille ville offre un cadre historique, des restaurants et un accès facile aux sites touristiques à pied. Le long du port central et du front de mer (baie de Kosteni), une variété d'hôtels et de maisons d'hôtes bordent la promenade. Parmi les petits hôtels populaires, citons la Villa Verica et la Villa Nena (en bord de mer, près de Kaneo) et l'Hôtel Marko (en centre-ville, avec terrasse donnant sur le lac). L'Otel Napredok (bâtiment historique sur la rue principale) et l'Hôtel Ohrid sont des établissements de milieu de gamme réputés. Les auberges de jeunesse économiques comme la Villa Susanna attirent également les routards.
Pour un séjour plus paisible au bord du lac, la région de Ljubanishta-Peštani, à 5-8 km au sud d'Ohrid, est très prisée. Cette bande côtière abrite plusieurs complexes hôteliers familiaux, hôtels de plage et locations de vacances. Idéale pour les familles (plage calme, aires de jeux), elle offre une vue imprenable sur le coucher de soleil sur Ohrid. Le musée de la Baie des Os est accessible en quelques minutes de bateau. Plus au sud, Trpejca, un village de pêcheurs, propose également des maisons d'hôtes de charme (comme Kalemi 2 et Treehouse) nichées dans une crique.
Struga, à 15 km au nord, est une autre option. Cette ville plus importante, située à l'extrémité ouest du lac, est réputée pour son festival de poésie. On y trouve davantage d'appartements et d'hôtels de chaînes (comme l'hôtel Drim) ainsi que des restaurants plus abordables, mais elle est dépourvue du centre historique d'Ohrid. Certains visiteurs y séjournent pour profiter d'un cadre plus paisible, puis se rendent à Ohrid en voiture ou en bus (à 15-30 minutes de là).
Du côté albanais, Pogradec propose des hôtels et des maisons d'hôtes en bord de lac. Située sur une presqu'île, la ville possède une agréable promenade, mais compte moins d'hôtels de luxe internationaux. Les hébergements albanais sont généralement un peu moins chers et incluent de grands complexes hôteliers comme l'Hôtel New York ou l'Hôtel City Park (une chaîne hôtelière de milieu de gamme en bord de lac). Les visiteurs ayant besoin d'un visa albanais ou souhaitant explorer Prespa y passent souvent la nuit.
En général, les hébergements situés sur la côte nord-est d'Ohrid (vieille ville, quartier de Kaneo) sont les plus pratiques pour les visites touristiques. Ceux qui souhaitent se détendre sur la plage privilégient souvent la côte sud (Peštani, Ljubanishta) ou Pogradec. Il est conseillé de réserver tôt pour juillet-août, car les hôtels affichent souvent complet. En septembre et début octobre, les conditions restent bonnes et les prix sont plus bas.
Louer un bateau sur le lac d'Ohrid est une expérience incontournable. Dans le port principal et sur les plages, vous trouverez des kiosques et des agences proposant la location de bateaux (uniquement auprès d'opérateurs agréés) et des excursions. Vous pouvez opter pour des excursions en groupe ou des sorties privées : des pirogues à longue queue (environ 50 à 70 € la location pour 2 h) vous emmènent suivre des itinéraires personnalisés le long du rivage. Ces bateaux peuvent généralement accueillir de 4 à 12 personnes et sont pilotés par un capitaine qui peut également faire office de guide.
Circuits typiques : – Ohrid ↔ Saint Naum (demi-journée) : Naviguez le long de la magnifique baie sud, faites une halte au monastère et aux sources de Sveti Naum (voir ci-dessus), puis revenez par le village de pêcheurs ottoman de Sv. Stefan. Le prix est généralement de 15 à 20 € par personne pour une excursion de groupe (réservation sur le quai).
– Croisière au coucher du soleil : Une excursion privée de deux heures dans la baie d'Ohrid au crépuscule (idéale en été) comprend généralement des boissons et l'utilisation d'une chaîne hi-fi. Tarif : environ 100 à 150 € au total.
– Transfrontalière vers Lin : Bien que moins fréquents, certains bateaux traversent jusqu'à Pogradec pour une visite de Lin/Baie des Os (environ 50 €/personne, appelez les opérateurs à l'avance).
Négociation et conseils : En haute saison ou dans les zones touristiques, les capitaines de bateaux locaux vous abordent souvent directement. Pour obtenir le meilleur prix, comparez les offres : renseignez-vous auprès d’au moins deux agences avant de vous engager. Notez que la plupart des prix sont indiqués en euros ou en mark convertible ; assurez-vous de la devise. Une excursion d’une heure (par exemple, le long du front de mer ou jusqu’à la forteresse) coûte environ 10 à 15 € pour un petit bateau (2 à 4 personnes), tandis que les sorties à la demi-journée ou les excursions coûtent entre 40 et 60 € par personne. Vérifiez toujours que le bateau est équipé de gilets de sauvetage et d’un kit de sécurité ; les opérateurs sérieux affichent les licences officielles. Il est d’usage de laisser un pourboire de quelques euros pour un bon service (surtout pour les sorties privées).
Si vous préférez partir sans guide, vous pouvez louer un petit bateau électrique auprès de Pit-Stop Boats, près du port. Ces bateaux sont accessibles aux débutants par temps calme ; les tarifs commencent à environ 10 €/heure. (Leur vitesse et leur autonomie sont limitées, ils sont donc surtout adaptés aux excursions aux alentours d’Ohrid.)
Pour louer un kayak ou un SUP, rendez-vous dans les cafés près de Gradiste ou de Plazh Potpesh. Comptez environ 5 à 10 € de l'heure, avec des réductions pour les locations à la demi-journée. Vous pourrez ainsi pagayer tranquillement jusqu'aux plages voisines ou simplement vous laisser porter par le courant sur une eau calme – une façon sereine d'apprécier la clarté de l'eau d'Ohrid.
Depuis la crête de Galicica surplombant le lac, les fleurs sauvages encadrent un panorama exceptionnel sur le lac d'Ohrid. Les sentiers de randonnée du parc national de Galicica (à l'est d'Ohrid) offrent précisément de tels points de vue. Les visiteurs peuvent emprunter des chemins traversant des châtaigneraies et longeant des cabanes de bergers jusqu'au sommet du mont Magaro. De là-haut, on aperçoit les lacs d'Ohrid et de Prespa côte à côte, témoignant de la beauté saisissante des paysages de la région.
La gastronomie d'Ohrid est un incontournable de toute visite. La star culinaire du lac est la truite d'Ohrid (Salmo letnica), un salmonidé d'eau douce prisé pour sa saveur riche. Les plats à base de truite, grillée ou poêlée au beurre citronné et aux herbes, sont omniprésents dans les restaurants au bord du lac. (Les voyageurs soucieux de l'environnement doivent savoir que la truite est désormais protégée ; de nombreux restaurants proposent donc de la truite d'élevage ou de la carpe « belvica », plus petite. Ce changement saisonnier a permis à la population de truites de se reconstituer.)
Parmi les autres spécialités locales, on trouve le tavče-gravče (haricots blancs à la sauce tomate épicée), l'ajvar (tartinade de paprika), le gravče na tavče et les kifli (pâtisseries feuilletées au fromage), comme le soulignent les critiques gastronomiques. La cuisine macédonienne reflète les influences méditerranéennes et balkaniques : l'huile d'olive, les légumes frais et les viandes grillées (čevapi) y occupent une place de choix. Les dolmas (feuilles de vigne farcies) et les buranci (soupe aux haricots) sont des plats traditionnels très appréciés. Les amateurs de street food se régalent de bureks (tourtes à la viande ou au fromage) vendus dans les boulangeries de la place principale.
Les meilleurs restaurants se trouvent souvent au bord de l'eau. Le restaurant Sveti Stefan Lakeside (près de l'église de Kaneo) propose chaque jour des spécialités de truite. En contrebas de Struga, les restaurants Biser et Kajace, sur la plage de Potpesh, sont réputés pour leurs poissons du lac. En ville, l'Osterija Zadarska et le Restaurant Dubrovnik (tous deux situés près de la promenade principale) mêlent cuisine internationale et classiques balkaniques. Pour une vue panoramique, le restaurant Millenium, perché sur une colline au sud de la vieille ville, offre un magnifique coucher de soleil.
Marchés : visitez le marché du samedi dans la vieille ville d’Ohrid pour découvrir les produits locaux et l’artisanat. Vous y trouverez des agriculteurs vendant des fruits de saison, du miel, du rakija (eau-de-vie de fruits) et des bocaux d’ajvar maison ou de truite en conserve. Pour vos souvenirs, privilégiez les perles d’Ohrid : des perles nacrées fabriquées à la main dans les ateliers locaux. Ces perles d’imitation sont disponibles en colliers et boucles d’oreilles ; un bon indicateur est de choisir celles fabriquées dans les ateliers d’Ohrid (les boutiques sont souvent signalées par des panneaux). Méfiez-vous des contrefaçons bon marché ; les véritables perles d’Ohrid ont un éclat irisé distinctif et coûtent plus cher. Renseignez-vous auprès des vendeurs sur le « sceau de la perle d’Ohrid » pour garantir leur authenticité.
Enfin, tenez compte des coutumes locales en matière de restauration : les serveurs en Macédoine sont accueillants, mais il est d’usage de laisser un pourboire de 10 % au restaurant. L’eau du robinet est potable ; les hôtels sont équipés de filtres ou fournissent des bouteilles. À Ohrid, l’eau du robinet est traitée et sans danger, mais de nombreux visiteurs préfèrent l’eau en bouteille ou bouillie lors de leurs randonnées.