Visiter Méroé, c'est s'immerger dans un paysage surnaturel. Le site se dresse sur les sables plats de la plaine aride du Nil. Pour y accéder depuis Khartoum (point de départ habituel), on roule vers le nord-est sur une route rectiligne et poussiéreuse. À mesure que la route s'éloigne vers le nord de la ville, le Nil s'éloigne et le paysage se fond progressivement dans un désert jaune. Par temps clair, un mirage scintille à l'horizon – puis, comme le rappelle avec émotion un chroniqueur de voyage du Smithsonian, « des dizaines de pyramides abruptes » apparaissent soudain, perçant l'horizon telles les flèches d'une cité de conte de fées. Le spectacle est si saisissant que les visiteurs disent souvent « c'est comme ouvrir un livre de contes de fées ». En effet, sans rien de plus haut que des palmiers dattiers à des kilomètres à la ronde, les pyramides de Méroé se dressent majestueusement du haut de leurs 30 mètres, se détachant sur le ciel infini.
Lever de soleil sur les pyramides de Méroé. Sur une route du désert quittant Khartoum, les visiteurs aperçoivent soudain, « au-delà du mirage », des dizaines de pyramides abruptes se dressant à l'horizon. La lumière matinale dore les tombes de grès et d'adobe, et une caravane de chameaux serpente souvent sur le sable alentour.
Depuis l'autoroute, on aperçoit la vie locale : des hommes en jalabiyas blanches et turbans chevauchant des chameaux à travers les dunes, des tentes bédouines dressées le long de la route et des enfants gardant des chèvres. Quelques vendeurs informels, assis sur des nattes de paille, proposent des maquettes de pyramides en argile ou des colliers de perles aux couleurs vives. Sinon, la région semble préservée du tourisme. Il n'y a ni hôtel ni restaurant sur le site des ruines ; juste du sable, du soleil et du silence. Comme le remarque un observateur, « la région est largement épargnée par les pièges du tourisme moderne ». Se rendre au cimetière royal à pied, c'est gravir de hautes dunes ondulées ; du haut de ces collines sablonneuses, les pyramides, alignées avec soin, semblent s'élever à 30 mètres à ciel ouvert. Ici, pas de foule, pas de bus qui déchargent des foules ; souvent, on a les ruines pour soi ou on ne les partage qu'avec les chameliers et les enfants du village.
Les visiteurs doivent se préparer à des conditions difficiles. Le jour, le soleil est intense et les températures peuvent dépasser les 40 °C en été (de mai à septembre), tandis que les nuits d'hiver (d'octobre à avril) peuvent être étonnamment fraîches. Au cœur de l'été, l'air est sec et immobile ; imaginez-vous debout sur du sable jaune, entouré de murs brisés et de statues, avec pour seule compagnie une brise chaude. L'eau est strictement limitée ; prévoyez au moins 3 à 4 litres par personne et par jour. L'ombre est rare (quelques acacias à proximité du site), et la seule commodité est une petite salle de bain en ciment à l'entrée (généralement ouverte). Pour des conditions optimales, prévoyez votre visite pendant les mois les plus frais (d'octobre à mars environ). Notez que la saison des pluies est brève ; les précipitations annuelles moyennes sont inférieures à 100 mm.