Des caveaux de pierre des monastères médiévaux aux bars clandestins à l'éclairage tamisé, les musées du crime et du châtiment invitent les visiteurs à se confronter aux chapitres les plus sombres de l'histoire. Bien plus que de simples visites touristiques, ils offrent un enseignement sans concession sur la justice et la violence. Lea Kuznik, spécialiste du tourisme noir, définit ce dernier comme la visite de lieux « associés à la mort, à la souffrance, aux catastrophes et aux tragédies ». Ces dernières années, les médias spécialisés dans les affaires criminelles et la nostalgie des légendes de gangsters ont poussé des millions de personnes à arpenter ces couloirs empreints de tristesse. Les visites d'instruments de torture ou de repaires de gangsters peuvent satisfaire une curiosité morbide, mais elles peuvent aussi favoriser l'empathie et la compréhension. Les psychologues observent que les voyageurs recherchent ces lieux pour apprendre et se souvenir, se connectant à l'histoire à travers les objets et les récits. Dans le meilleur des cas, les musées du crime préservent des artefacts authentiques et racontent l'histoire des victimes ; dans le pire des cas, ils risquent de sensationnaliser la souffrance.
Le tourisme noir est bien plus qu'une mode passagère ; il est devenu une discipline universitaire (souvent appelée thanatourisme) et une catégorie de voyage à part entière. En Europe et en Amérique du Nord notamment, des sites tels que les mémoriaux de l'Holocauste et les lieux de catastrophes attirent les foules. Dans ce contexte, les musées du crime s'inscrivent pleinement dans la tradition du tourisme noir. Les chercheurs soulignent que les visiteurs s'y rendent « pour apprendre et comprendre, pour se reconnecter à leur propre histoire et identité, et par simple curiosité ». Contrairement à un film d'horreur, la visite d'un musée est généralement motivée par une volonté d'apprendre : les visiteurs recherchent du contexte, pas seulement la peur. Dans un bon musée du crime, des artefacts authentiques – documents, images, preuves – ancrent la visite dans des histoires humaines réelles.
Le tourisme noir soulève toutefois des questions éthiques. Les critiques s'inquiètent de l'exploitation : exposer des armes du crime ou des instruments de torture ne glorifie-t-il pas la violence ? En pratique, les experts proposent une vision plus nuancée. De nombreux conservateurs conçoivent leurs expositions de manière à susciter l'empathie envers les victimes et une réflexion sur le système judiciaire. Les études sur le tourisme noir soulignent que, malgré son attrait morbide, les expositions responsables peuvent « susciter de l'empathie pour les victimes » et « raconter leur histoire ». Par exemple, une vierge de fer médiévale exposée n'est pas qu'un simple « objet fascinant » : les cartels expliquent souvent son usage historique réel (ou son absence d'usage), aidant ainsi les visiteurs à distinguer le mythe de la réalité. De même, le revolver .38 d'un gangster invite à parler des vagues de criminalité de la Prohibition, et non seulement des héros de films d'action. En d'autres termes, les meilleurs musées du crime s'efforcent d'être éducatifs, et non exploiteurs.
Cela dit, le ton compte. Prenons l'exemple du musée Jack l'Éventreur à Londres : lors de son ouverture en 2015, il a suscité des protestations en raison de ses figures de cire macabres représentant les victimes et de sa bande-son digne d'un film d'horreur. Les critiques lui reprochaient de sensationnaliser la violence faite aux femmes sous couvert d'éducation. Nombre d'habitants restent encore aujourd'hui sceptiques à son sujet. À l'inverse, d'autres attractions – comme le Musée national irlandais de la famine ou les musées de la guerre du front de l'Est – abordent ces lieux avec un respect solennel. Des guides expérimentés incitent les voyageurs à visiter ces sites historiques avec recueillement : les considérer comme des mémoriaux, et non comme des parcs d'attractions. Cette curiosité mesurée peut mener à une compréhension profonde.
En résumé, les musées du crime et du châtiment s'inscrivent dans une tendance croissante de tourisme sombre, mêlant histoire et macabre. Les visites sont motivées par un intérêt humain inné pour les questions les plus sérieuses de la vie – le crime, le châtiment, la morale – mais elles sont plus enrichissantes lorsque les visiteurs sont disposés à apprendre. Tout au long de ce guide, nous mettrons en lumière comment chaque musée présenté concilie le charme du gothique et un contexte historique rigoureux. Notre objectif est d'informer plutôt que de provoquer l'émerveillement : à la fin de votre lecture, vous devriez savoir non seulement ce que ces musées exposent, mais aussi pourquoi et comment ils le présentent, et si une visite est appropriée pour vous ou votre famille.
Il est rare qu'une place de village médiévale évoque des exécutions publiques, mais Rothenburg ob der Tauber, en Bavière, fait exception. Derrière une façade médiévale se cache le Mittelalterliches Kriminalmuseum (Musée du crime médiéval), reconnu comme la plus grande collection d'objets d'histoire juridique d'Europe. Installé dans un ancien monastère du XIVe siècle (la commanderie Saint-Jean, fondée en 1396), le musée a emménagé dans ce bâtiment gothique en pierre en 1977. Ses étagères et ses réserves renferment environ 50 000 objets couvrant plus d'un millénaire de justice allemande et européenne : instruments de torture, ceintures de chasteté, masques de châtiment, épées de bourreau et même une copie du XVIIIe siècle du Malleus Maleficarum (« Marteau des sorcières »), utilisé pour poursuivre les personnes accusées de sorcellerie. Les visiteurs ressortent avec une compréhension claire de l'évolution des notions de crime, de preuve et de procédure régulière, des épreuves médiévales au droit moderne.
Le musée n'est pas anodin. Comme l'a dit un visiteur, « instruments de torture et châtiments infligés à la honte tapissent les murs de ce musée glaçant ». En effet, presque chaque pièce exposée est accompagnée de cartels précis (en allemand, en anglais et en chinois) qui démêlent le mythe de la réalité. Par exemple, la fameuse Vierge de fer – un sarcophage métallique fermé, hérissé de pointes – est sans doute la pièce maîtresse du musée. Le Dracula de Bram Stoker a popularisé l'idée qu'il s'agissait d'un instrument du crime, mais l'interprétation de Rothenburg propose une tout autre version. Selon le musée, la Vierge de fer servait principalement à des « châtiments honorifiques » (humiliations), et non à des meurtres. Le personnel précise que les pointes dangereuses ont été ajoutées ultérieurement, lors de reconstitutions destinées à la mise en scène. En bref, le musée réfute explicitement le mythe de l'instrument de torture. En vous approchant des panneaux gravés de la Vierge de fer, voyez-y une mise en garde contre la façon dont les médias modernes peuvent déformer l'histoire.
L'un des objets les plus tristement célèbres du musée est la Vierge de fer, une armoire métallique hérissée de pointes, sculptée à l'image d'une femme. Son aspect est terrifiant, mais les conservateurs de Rothenburg s'attachent à rétablir la vérité. Le musée explique que, contrairement à une idée reçue, la Vierge de fer n'a jamais servi à des exécutions ou à des tortures mortelles. Il s'agissait plutôt d'un instrument de punition du début de l'époque moderne, destiné à humilier les coupables (par exemple, en les enfermant une nuit) plutôt qu'à les tuer. Les clous exceptionnellement longs à l'intérieur ont été ajoutés plus tard, au XIXe siècle, pour un effet dramatique. Une plaque historique du musée indique que Bram Stoker s'est probablement inspiré de la Vierge de fer pour son roman Dracula. En réalité, la Vierge de fer médiévale exposée était à l'origine conçue comme une punition « honorifique », une sorte d'humiliation publique particulièrement pénible, et non comme un instrument de meurtre. Cette exposition illustre parfaitement la démarche du musée : chaque objet est accompagné d'explications, permettant aux visiteurs de comprendre la véritable histoire qui se cache derrière cette macabre mise en scène.
Au Moyen Âge, en Europe, la justice prenait souvent la forme d'un spectacle public. Un exemple frappant est celui des masques de la honte, utilisés pour humilier les délinquants mineurs. Atlas Obscura les décrit avec force détails : chaque masque était conçu sur mesure, les traits du visage symbolisant le crime de celui qui le portait. Par exemple, « le masque du commère a de longues oreilles et une langue encore plus longue pour indiquer que son porteur était susceptible de répandre des informations indiscrètement ». Un autre masque pouvait arborer des cornes pour le blasphème, ou un postérieur disproportionné pour une inconduite sexuelle. Au musée, on peut voir des dizaines de ces masques en fer rouillé, aux caricatures grotesques d'oreilles, de langues et de nez. Une légende explique comment un boulanger du XVIe siècle, dont le pain était de qualité médiocre, a fini par être plongé dans une cage à plongeon, tandis qu'un musicien désaccordé a été affublé d'une « flûte de la honte » (un collier métallique qui forçait le cou à passer dans un anneau, donnant l'illusion qu'il jouait de la flûte).
Ces masques, à première vue caricaturaux, étaient pourtant de véritables instruments de contrôle social. La collection de masques de la honte du musée est l'une des plus importantes au monde. En lisant leur histoire, on comprend que ces dispositifs punissaient la mendicité, les commérages et la déviance, et non les crimes violents auxquels nous sommes habitués aujourd'hui. En effet, voir une foule de spectateurs attendre l'apparition d'un délinquant portant un masque à oreilles d'âne (par exemple) illustre bien que le droit médiéval s'appuyait souvent autant sur le ridicule public que sur la torture. Cette section du musée, avec ses masques et ses vêtements à capuche, est particulièrement parlante : les sociétés médiévales imposaient la conformité par la honte, un thème que les visiteurs, notamment les adolescents, trouvent fascinant (voire troublant).
Le musée de Rothenburg ne se contente pas d'exposer des masques ; il présente également des instruments de torture brutaux, tels que des chevalets et des chaises, utilisés pour extorquer des aveux. Une salle abrite le tristement célèbre « chevalet », une structure en bois sur laquelle les victimes étaient allongées (voir les légendes des photos sur le site). Une autre montre la chaise de confession, un siège en fer hérissé de pointes et de vis. À distance de sécurité, on découvre comment chaque mécanisme était conçu pour intimider ou contraindre. L'objet le plus frappant de cette catégorie est sans doute la « flûte de la honte », un engin métallique placé autour du cou d'un musicien fautif. Le panneau explicatif indique qu'un musicien jugé incompétent avait le cou bloqué dans l'orifice rond supérieur, tandis que ses doigts étaient coincés sous le fer en dessous. Il en résultait une image grotesque du « mauvais musicien » contraint de jouer de la flûte. C'est précisément cet instrument que l'on voit sur la photo ci-dessus. Face à cette vision, les visiteurs s'exclament, stupéfaits par la cruauté surréaliste de l'objet : « Ils ont vraiment transformé la punition en spectacle ! »
Les passionnés d'histoire apprécieront le fait que nombre de ces objets soient des antiquités authentiques ou des répliques fidèles. Par exemple, un épervier de Virginie du XVIIe siècle exposé (dont les mâchoires ressemblent à des pétales) servait à torturer les personnes accusées de sorcellerie ou d'adultère. Une vitrine renferme de véritables épées de bourreau et des menottes. Mais le musée prend également du recul et replace ces objets dans leur contexte. Des panneaux explicatifs comparent l'« ordalie par le feu » ou l'immersion dans le bois aux réformes juridiques ultérieures. Le message principal : ces instruments illustrent le chemin parcouru par la justice européenne. En parcourant ces salles, on entend le cliquetis du fer et l'on voit des crânes et des nœuds coulants, toujours accompagnés de commentaires explicatifs. À la fin de la visite, on ressent à la fois l'horreur des châtiments médiévaux et la leçon marquante que la jurisprudence moderne est née de leur rejet.
Parmi les nouveautés du musée de Rothenburg figure une exposition temporaire consacrée aux procès de sorcières et aux croyances liées à la sorcellerie. Tout au long du XVIIe siècle, la Bavière fut en proie à une véritable paranoïa liée à la chasse aux sorcières, et le Musée du Crime met en lumière cette sombre période. Une vitrine abrite des brochures gravées sur bois et un XVIIe siècle Un exemplaire du Malleus Maleficarum (le tristement célèbre manuel des chasseurs de sorcières) est exposé, ainsi que des récits de procès de sorcellerie locaux. À proximité se trouve le « poirier étrangleur », un instrument de torture en fer en forme de poire, doté de quartiers internes. L’étiquette explique de façon glaçante qu’il était inséré dans la bouche ou un autre orifice de la victime et tordu, « exerçant une pression immense » jusqu’à ce qu’elle avoue. Des journaux intimes reliés en cuir de femmes accusées et des morceaux de cordes de pénitence rappellent que de nombreuses victimes étaient innocentes. Cette exposition fait écho aux superstitions de Martin Luther (d’où son titre). « Luther et les sorcières ») et examine comment la théologie a autrefois cautionné la violence.
La visite de cette section est facultative (l'exposition est temporaire). Certains la trouvent la plus poignante du musée, car elle met en lumière comment la misogynie et la superstition peuvent pervertir le droit. En présentant ces objets avec sobriété, le musée transforme un sujet macabre en une leçon : la peur et les préjugés ont jadis perverti la justice, un avertissement toujours d'actualité. Tous les textes de l'exposition sont en allemand, avec des résumés en anglais, permettant ainsi même aux non-germanophones de suivre le sombre récit du « Moyen Âge » de Rothenburg.
Informations pratiques pour les visiteurs (à compter de 2026) : Le Musée du Crime Médiéval se situe dans l'angle sud-ouest de la vieille ville de Rothenburg (Burggasse 3-5, près de la Marktplatz). Il est ouvert tous les jours d'avril à octobre de 10h00 à 18h00 (dernière entrée à 17h15) et de novembre à mars de 13h00 à 16h00. Le prix d'entrée est raisonnable (généralement entre 6 et 8 € ; pensez aux billets combinés avec d'autres musées). Des visites guidées en anglais sont disponibles sur demande. En raison de l'étroitesse des galeries et de la présence d'angles vifs sur les présentoirs, le musée recommande la présence d'un adulte pour les jeunes enfants ; de nombreuses familles avec adolescents s'accordent à dire que l'âge idéal est de 12 ans et plus. La photographie est autorisée dans la plupart des espaces (sans flash). Prévoyez au moins 2 à 3 heures pour la visite complète, mais vous pouvez parcourir rapidement les incontournables en une heure si vous êtes pressé. La boutique du musée propose des cartes postales et des ouvrages sur le droit médiéval. En été, profitez-en pour découvrir le charme de Rothenburg (calendrier des fêtes, tavernes et la célèbre visite nocturne avec le veilleur de nuit). N'oubliez pas que pendant les mois d'hiver, le musée ferme plus tôt et peut même être fermé pendant les jours fériés hivernaux – toujours Consultez le site officiel avant de partir..
Dans le deuxième arrondissement de Vienne (Leopoldstadt), le Wiener Kriminalmuseum offre une perspective nationale très différente sur la justice pénale. Installé dans un bâtiment baroque historique appelé le La maison du savonnier Installé dans une ancienne maison de savonnier datant de 1685, le musée retrace l'histoire du crime en Autriche du Moyen Âge à nos jours. Plutôt que de s'intéresser aux tortures médiévales, il met l'accent sur les affaires criminelles retentissantes et le maintien de l'ordre aux époques austro-hongroise et moderne. Les visiteurs pourront y découvrir des dossiers d'empoisonnements et de crimes de jalousie de l'époque victorienne, d'anciennes ballades de meurtres, et même des preuves liées à un tueur en série du XXe siècle. Jack UnterwegerParmi les pièces maîtresses figurent des menottes et des armes anciennes (par exemple, le revolver de 1901 utilisé dans un triple meurtre notoire) provenant de scènes de crime autrichiennes. De plus, le musée retrace l'évolution des méthodes médico-légales : photos de scène de crimeDes collections d'empreintes digitales et une série d'anciens uniformes de police sont exposés. Pour les passionnés d'histoire autrichienne, c'est un aperçu de la manière dont les tribunaux et la police de l'Empire des Habsbourg traitaient les meurtres civils et les complots politiques (assassinats impériaux, complots anarchistes, blocus de l'OPEP, etc.).
Le Musée du Crime est relativement petit (quelques milliers d'objets seulement), et comprend une vingtaine de salles d'exposition, d'après les visiteurs. Contrairement à celui de Rothenburg, axé sur le Moyen Âge, l'approche est ici plus directement historique. Par exemple, une section, intitulée « Peine capitale », présente des potences et une lame de guillotine sous vitrine. Une autre est consacrée à la criminalité dans l'histoire viennoise, avec des coupures de presse encadrées et des registres de police jusqu'aux années 1960. L'atmosphère rappelle celle d'un musée local des années 1990 : il fait autorité, mais sa présentation est un peu datée. Des audioguides en anglais (et souvent dans d'autres langues) sont néanmoins disponibles et fortement recommandés, car de nombreuses étiquettes sont uniquement en allemand.
Le Musée du Gangster Américain occupait une minuscule boutique au 80 St. Mark's Place, dans l'East Village de Manhattan. Pendant des années, il a attiré les touristes avides d'anecdotes, véritable temple du crime new-yorkais des années 1920 et 1930. Il a ouvert ses portes en 2010 au rez-de-chaussée d'un ancien bar clandestin, la William Barnacle Tavern, un bouge de l'époque de la Prohibition appartenant au caïd Frank « Himmy » Hoffmann. À l'étage, Lorcan Otway, le directeur du musée, exposait des objets souvenirs de l'époque des gangsters et proposait des visites guidées du sous-sol caché de l'immeuble, autrefois un lieu de rencontre nocturne secret. L'ensemble de la collection du musée tenait dans seulement deux petites pièces.
À l'intérieur, les visiteurs découvraient des murs tapissés de photos et des vitrines remplies d'objets liés aux bars clandestins. Parmi les pièces maîtresses figuraient les deux masques mortuaires de John Dillinger, la balle qui a tué Pretty Boy Floyd, des balles du massacre de la Saint-Valentin et une mitraillette Thompson (une « Tommy gun ») supposée être celle utilisée par Bonnie et Clyde. Chaque objet était accompagné d'anecdotes sur les célèbres gangsters qui écumaient autrefois les tavernes et les ruelles sombres du centre de New York. Des extraits audio et des actualités d'époque contribuaient à l'atmosphère. Pour de nombreux visiteurs, c'était fascinant de voir des reliques de gangsters à quelques pas seulement d'un trottoir ordinaire.
Cependant, fin 2021, des informations ont circulé selon lesquelles le propriétaire du musée prévoyait de changer la destination du bâtiment. Otway a annoncé à la presse qu'en l'absence de bail, il craignait d'être expulsé. En mai 2023, l'expulsion est devenue réalité : Roadside America et Wikipédia indiquent tous deux que le musée est définitivement fermé. À la mi-2025, ses objets ne sont plus exposés au public (certains ont été vendus aux enchères, d'autres donnés). Les visiteurs du quartier d'East Village ne trouveront plus qu'une sandwicherie à l'emplacement de l'ancienne enseigne du musée. Officiellement, la fermeture est définitive, bien qu'Otway espère trouver un nouvel espace.
Avec la disparition du Museum of the American Gangster, le tourisme criminel à New York s'est déplacé vers l'extérieur et en ligne. À la place d'un musée, la ville propose désormais de nombreuses visites guidées à pied retraçant l'histoire du crime organisé et de la Prohibition. Par exemple, des guides privés organisent des « visites à pied sur la mafia » dans l'East Village et Little Italy, en indiquant les anciens bars clandestins et repaires de gangsters. Voici quelques options notables (avec les prix en vigueur en 2025) :
– Visite privée à pied des gangsters et de la mafia new-yorkaise (environ 275 $ pour un petit groupe privé) – visites de sites liés à la mafia et aux procès du crime organisé.
– True Crime NYC : Promenade sur les traces de la mafia avec un détective retraité du NYPD (environ 89 $) – une visite de groupe publique menée par un ancien détective à travers Little Italy et Chinatown.
– Visite à pied de Little Italy sur le thème de la mafia et des gangsters (~30 $) – une visite en petit groupe à petit budget axée sur les gangsters des années 1890 à 1930 (circuits Salerno & Sons).
Ces visites incluent souvent des arrêts près de l'ancien site du musée des gangs (80, place St. Mark) et d'autres lieux emblématiques comme le tristement célèbre Ruelle des voleursSinon, les passionnés d'histoire criminelle peuvent visiter le Tenement Museum (pour un aperçu du contexte de l'époque de l'immigration) ou le Museum of the City of New York (qui propose parfois des expositions sur les forces de l'ordre). Pour l'histoire de la Prohibition, le Speakeasy Prohibition Museum de Soho (avec des reconstitutions historiques) est devenu une alternative populaire.
Dans l'East End londonien, le musée Jack l'Éventreur (12 Cable Street, Whitechapel) est devenu un lieu tristement célèbre pour son tourisme macabre. Il est entièrement consacré aux meurtres en série commis par « l'Éventreur » en 1888 et au contexte social plus large qui les entoure. Le musée se présente comme une expérience immersive dans l'époque victorienne. Les visiteurs traversent la reconstitution d'une rue londonienne, puis pénètrent dans… «Salle des meurtres» du salon victorien Vous pourrez y découvrir des documents de police et des preuves médico-légales liés à l'affaire Jack l'Éventreur. L'expérience se veut théâtrale : des figures de cire et des effets sonores, par exemple, créent une atmosphère macabre.
Malgré sa popularité auprès des touristes, le musée a suscité des réactions mitigées. À son ouverture en 2015, les critiques locales ont relevé qu'il avait été initialement présenté comme un musée d'« histoire des femmes », mais qu'en réalité, il se concentrait principalement sur la violence des meurtres de Jack l'Éventreur. Présenté comme un lieu éducatif, il contient néanmoins des reconstitutions graphiques des victimes. Certains habitants et historiens estiment que cela contribue à la glorification de ce crime misogyne. Un journaliste de History Today a d'ailleurs observé que le musée expose des effigies des victimes de Jack l'Éventreur accompagnées d'une bande-son en boucle de « cris de femmes », jugée macabre par certains. En revanche, ses partisans affirment qu'il met en lumière un chapitre essentiel de l'histoire londonienne et offre un éclairage historique sur les problématiques policières et sociales de l'époque.
À l'intérieur, les expositions de la « Salle des meurtres » sont incontournables : on y trouve des rapports de police originaux, des photographies des rues de Whitechapel et des objets comme la réplique d'un tablier ensanglanté sur une scène de crime. En déambulant dans les pièces obscures, les visiteurs peuvent manipuler des documents tels que des dépositions de témoins et des journaux d'époque. Ces éléments soulignent le mystère : malgré l'attention portée à ce mystère aujourd'hui, Jack l'Éventreur n'a jamais été appréhendé. Le musée s'inscrit également dans la culture contemporaine : il aborde les œuvres et théories inspirées par l'Éventreur.
La plupart des touristes combinent la visite du musée avec une promenade dans le quartier de Whitechapel, qui passe par les principaux lieux des meurtres et les témoins de la pauvreté victorienne. (Des visites guidées sont proposées par différentes compagnies depuis les années 1970.) Le musée constitue ainsi une étape incontournable d'un pèlerinage sur les traces de Jack l'Éventreur. Prévoyez une à deux heures de visite (le musée recommande une à deux heures), sans compter le temps nécessaire pour les visites complémentaires. Le musée est ouvert toute l'année, environ de 9h30 à 18h (il est toujours conseillé de vérifier les horaires avant votre visite). Le prix d'entrée est d'environ 11 à 14 £ pour les adultes, avec des audioguides disponibles.
Fonctionnalité | Rothenburg (Allemagne) | Vienne (Autriche) | New York, East Village (États-Unis) | Londres (Angleterre) |
Se concentrer | La justice en Europe médiévale (peines, procès) | Affaires criminelles et histoire des forces de l'ordre en Autriche | Gangsters de l'époque de la Prohibition, bars clandestins (années 1920-1930) | Crimes en série de l'époque victorienne (Jack l'Éventreur) |
Taille de la collection | ~50 000 artefacts | Quelques milliers d'artefacts (cartes, armes, documents) | Musée de deux pièces ; des dizaines d'objets | Des dizaines d'articles (documents, reconstitutions) |
Expositions remarquables | La Vierge de fer (mythe de la torture), amas d'instruments de torture | Armes du crime (par exemple, un revolver de 1901), outils de police, photos de scènes de crime | Les masques mortuaires de Dillinger ; les balles des règlements de comptes entre gangs | Diorama de la scène de crime de Jack l'Éventreur, rapports de police originaux |
Temps nécessaire | 2 à 3 heures | 1 à 2 heures | ~1 à 1,5 heure | environ 1 heure |
Adapté aux familles ? | Adolescents+ (nombreuses punitions médiévales graphiques) | Public général (Les enfants plus âgés peuvent suivre en anglais) | Réservé aux adultes (Thèmes forts, contenu adulte) | Adultes (Contenu graphique, meurtres de femmes) |
Ce bref comparatif met en lumière la spécificité de chaque musée. Celui de Rothenburg est de loin le plus vaste : un musée du droit à travers les âges. Celui de Vienne est plus petit et plus ciblé. Le musée des gangsters de New York, lorsqu'il était ouvert, était minuscule mais spécialisé, et l'attraction londonienne consacrée à Jack l'Éventreur propose une immersion dans un crime tristement célèbre. Utilisez le tableau ci-dessus pour choisir le musée qui correspond à votre itinéraire et à vos centres d'intérêt.
Ces musées du crime et du châtiment nous rappellent que l'histoire a un côté sombre, mais ils montrent aussi comment la réaction de la société face à la criminalité a évolué. À travers le monde, quelques thèmes se dégagent :