{"id":35481,"date":"2024-11-30T23:02:26","date_gmt":"2024-11-30T23:02:26","guid":{"rendered":"https:\/\/travelshelper.com\/staging\/?page_id=35481"},"modified":"2026-03-11T01:35:45","modified_gmt":"2026-03-11T01:35:45","slug":"culture-de-bahrein","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/destinations\/asia\/bahrain\/culture-of-bahrain\/","title":{"rendered":"Culture de Bahre\u00efn"},"content":{"rendered":"<p>La culture de Bahre\u00efn est fa\u00e7onn\u00e9e par l&#039;interaction d&#039;un h\u00e9ritage arabo-islamique profond\u00e9ment enracin\u00e9 et d&#039;une ouverture pragmatique aux influences mondiales. Son histoire insulaire, son ancienne civilisation Dilmun et ses traditions portuaires cosmopolites ont longtemps expos\u00e9 les Bahre\u00efnis \u00e0 la diversit\u00e9 des peuples et des id\u00e9es. Comme le souligne l&#039;Encyclop\u00e6dia Britannica, Bahre\u00efn \u00ab abrite une population plus diversifi\u00e9e et cosmopolite sur les plans ethnique et religieux que les autres \u00c9tats du Golfe \u00bb, et ses coutumes sociales, bien que conservatrices, sont nettement plus mod\u00e9r\u00e9es et d\u00e9tendues que celles des pays voisins. Cet \u00e9quilibre entre tradition et modernit\u00e9 impr\u00e8gne tous les aspects de la vie bahre\u00efnienne, des f\u00eates publiques aux usages priv\u00e9s. Alors m\u00eame que les gratte-ciels rutilants et les expositions d&#039;art internationales ont pris racine, les Bahre\u00efnis s&#039;efforcent consciencieusement de pr\u00e9server l&#039;artisanat local, la po\u00e9sie et les coutumes religieuses. Il en r\u00e9sulte une mosa\u00efque culturelle o\u00f9 les anciennes l\u00e9gendes Dilmun cohabitent avec les galeries d&#039;art modernes, et o\u00f9 les pratiques chiites et sunnites fa\u00e7onnent une soci\u00e9t\u00e9 pluraliste, m\u00eame imparfaitement. L&#039;histoire de la culture de Bahre\u00efn est celle d&#039;un h\u00e9ritage durable en dialogue avec le changement, une nation insulaire o\u00f9 les caf\u00e9s regorgent d&#039;histoires d&#039;hier alors m\u00eame qu&#039;ils diffusent des \u00e9v\u00e9nements sportifs en direct et des m\u00e9dias mondiaux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Religion et coexistence<\/h2>\n\n\n\n<p>L&#039;islam est la religion d&#039;\u00c9tat de Bahre\u00efn, et la loi islamique est une source principale de l\u00e9gislation. Cependant, le royaume s&#039;enorgueillit depuis longtemps de son dialogue interreligieux et de sa tol\u00e9rance. La Constitution de 2002 garantit explicitement la libert\u00e9 de conscience et \u00ab l&#039;inviolabilit\u00e9 du culte \u00bb dans son article 22, et son article 18 interdit la discrimination fond\u00e9e sur la religion. Dans la pratique, le gouvernement et la monarchie soulignent le pluralisme de Bahre\u00efn\u00a0: sous le roi Hamad, des institutions comme le Centre mondial du roi Hamad pour la coexistence et la tol\u00e9rance ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es, et Bahre\u00efn a accueilli des \u00e9v\u00e9nements interconfessionnels historiques (par exemple, la visite du pape Fran\u00e7ois en 2022 et sa participation \u00e0 un forum catholique-Al-Azhar) pour \u00ab\u00a0promouvoir la coexistence et la tol\u00e9rance\u00a0\u00bb. Les Bahre\u00efnis c\u00e9l\u00e8brent les f\u00eates musulmanes (A\u00efd el-Fitr, A\u00efd el-Adha et l&#039;anniversaire du Proph\u00e8te) comme des f\u00eates nationales\u00a0; les communaut\u00e9s chiites comm\u00e9morent \u00e9galement ouvertement l&#039;\u02bf\u0100sh\u016br\u0101. Parall\u00e8lement, les minorit\u00e9s religieuses sont visibles : Bahre\u00efn compte des \u00e9glises, des temples hindous et sikhs, et m\u00eame une communaut\u00e9 juive, refl\u00e9tant des traditions dhimmi, migrantes et expatri\u00e9es de longue date.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, le pluralisme religieux bahre\u00efni est complexe et imparfait. Les observateurs des droits de l&#039;homme constatent que la tol\u00e9rance officielle masque une r\u00e9alit\u00e9 in\u00e9galitaire. La Commission am\u00e9ricaine pour la libert\u00e9 religieuse internationale rapporte que Bahre\u00efn \u00ab\u00a0accorde g\u00e9n\u00e9ralement la libert\u00e9 de culte aux minorit\u00e9s religieuses, mais poursuit sa discrimination syst\u00e9matique et continue \u00e0 l&#039;encontre de certains musulmans chiites\u00a0\u00bb. Les chiites bahre\u00efnis se plaignent depuis des d\u00e9cennies d&#039;obstacles \u00e0 l&#039;emploi dans la fonction publique, d&#039;une repr\u00e9sentation politique limit\u00e9e et de restrictions \u00e0 la construction de mosqu\u00e9es. Juridiquement, la conversion \u00e0 l&#039;islam est lourde de cons\u00e9quences\u00a0: bien que non explicitement interdite, les convertis risquent la perte de leur h\u00e9ritage et de leurs liens familiaux sous la pression sociale et religieuse. Le code p\u00e9nal bahre\u00efni criminalise m\u00eame le fait de \u00ab\u00a0ridiculiser les rituels\u00a0\u00bb de toute religion reconnue. En bref, le royaume d\u00e9fend publiquement l&#039;amiti\u00e9 interreligieuse (des conseils de dialogue hebdomadaires aux forums de culte communs), tout en appliquant des lois qui freinent le pros\u00e9lytisme ou la critique de l&#039;islam.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9mographie religieuse de Bahre\u00efn (estimations 2020-2023)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><thead><tr><th><strong>Religion<\/strong><\/th><th><strong>Pourcentage de la population totale<\/strong><\/th><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><strong>Islam (toutes branches)<\/strong><\/td><td>\u224875\u201381%<\/td><\/tr><tr><td>\u2022 Musulmans sunnites<\/td><td>~35 \u00e0 40 % des citoyens (est.)<\/td><\/tr><tr><td>\u2022 Musulmans chiites<\/td><td>~40\u201345 % des citoyens (est.)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Christianisme<\/strong><\/td><td>\u224810\u201312%<\/td><\/tr><tr><td><strong>hindouisme<\/strong><\/td><td>\u22486\u20137 % (principalement des expatri\u00e9s)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Autre (Baha&#039;i, bouddhiste, sikh, juif, etc.)<\/strong><\/td><td>\u22480,2\u20131 %<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Ces chiffres illustrent la composition mixte de Bahre\u00efn, citoyens et expatri\u00e9s. Parmi les ressortissants bahre\u00efnis, presque tous sont musulmans, r\u00e9partis \u00e0 parts \u00e9gales entre chiites et sunnites (des sondages non officiels sugg\u00e8rent encore une l\u00e9g\u00e8re majorit\u00e9 chiite, bien que les dirigeants sunnites dominent la politique). Les travailleurs \u00e9trangers (pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de la population) repr\u00e9sentent pr\u00e8s du double du nombre de citoyens. Environ la moiti\u00e9 des expatri\u00e9s sont musulmans, mais l&#039;autre moiti\u00e9 apporte des religions comme le christianisme, l&#039;hindouisme et d&#039;autres. Selon des donn\u00e9es r\u00e9centes, les musulmans repr\u00e9sentent environ 80 \u00e0 81 % de la population totale, les chr\u00e9tiens environ 12 %, les hindous 6 \u00e0 7 %, et un petit nombre de bouddhistes, de juifs et d&#039;autres confessions compl\u00e8tent le reste. Cette mixit\u00e9 religieuse est en partie un ph\u00e9nom\u00e8ne moderne : avant la richesse p\u00e9troli\u00e8re, les commer\u00e7ants et les visiteurs de Bahre\u00efn comprenaient des hindous et des juifs (drapiers de Perse, familles de marchands d&#039;Inde, etc.) et m\u00eame des baha&#039;is.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 des tensions sectaires persistantes, le paysage religieux de Bahre\u00efn reste relativement pluraliste pour un pays du Golfe. Une petite communaut\u00e9 juive historique est concentr\u00e9e autour d&#039;une synagogue dans le vieux quartier de Manama. Quatre gurdwaras sikhs et plusieurs temples hindous accueillent les confessions des expatri\u00e9s, refl\u00e9tant l&#039;importante population gujarati et pendjabi de Bahre\u00efn. Plusieurs \u00e9glises catholiques et protestantes accueillent les expatri\u00e9s chr\u00e9tiens philippins, indiens et arabes. M\u00eame dans la culture officielle, Bahre\u00efn a mis en valeur son patrimoine religieux\u00a0: l&#039;Autorit\u00e9 bahre\u00efnienne pour la culture expose souvent de la musique hindoue, de l&#039;art bouddhique et des objets li\u00e9s \u00e0 l&#039;islam. Parall\u00e8lement, les autorit\u00e9s maintiennent une ligne fine\u00a0: les non-musulmans peuvent pratiquer en priv\u00e9, mais le travail missionnaire parmi les musulmans est interdit et les efforts de conversion sont de fait entrav\u00e9s par la loi et la coutume. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le gouvernement a publiquement affirm\u00e9 son soutien \u00e0 \u00ab\u00a0l&#039;harmonie religieuse\u00a0\u00bb, mais des observateurs ind\u00e9pendants signalent encore que les adeptes des deux principales branches de l&#039;islam m\u00e8nent des vies parall\u00e8les.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Composition d\u00e9mographique et diversit\u00e9 religieuse<\/h2>\n\n\n\n<p>La population de Bahre\u00efn est le reflet de si\u00e8cles d&#039;\u00e9changes. La majorit\u00e9 est arabe (notamment les Arabes baharna\/chiites et les Arabes sunnites, ainsi que des tribus comme les Al Arab et les Huwala), mais d&#039;importantes minorit\u00e9s d&#039;origine persane (Ajam\/chiites) et sud-asiatique composent \u00e9galement la population. Moins de la moiti\u00e9 des 1,7 million d&#039;habitants sont des citoyens bahre\u00efnis\u00a0; environ 54\u00a0% (en 2020) sont des ressortissants \u00e9trangers. Les expatri\u00e9s viennent principalement d&#039;Asie du Sud (Inde, Pakistan, Bangladesh, Sri Lanka) et d&#039;autres pays arabes, attir\u00e9s par les opportunit\u00e9s d&#039;emploi \u00e0 Bahre\u00efn. Les Indiens \u00e0 eux seuls seraient plus de 300\u00a0000, selon certaines estimations. Cette communaut\u00e9 d&#039;expatri\u00e9s rassemble de nombreux croyants hindous, bouddhistes et chr\u00e9tiens\u00a0; par exemple, d&#039;importantes congr\u00e9gations catholiques, protestantes et orthodoxes sont issues des communaut\u00e9s philippines et indiennes expatri\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sein de la population, la d\u00e9mographie religieuse est notable. Les chiffres exacts sont secrets d&#039;\u00c9tat, mais la plupart des estimations ind\u00e9pendantes situent les musulmans chiites bahre\u00efnis entre 55 et 60 % de la population, les sunnites entre 40 et 45 %. Un recensement de 1941 (le dernier \u00e0 avoir r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l&#039;existence de sectes) indiquait environ 52 % de chiites et 48 % de sunnites parmi les citoyens musulmans\u00a0; des donn\u00e9es et des enqu\u00eates ult\u00e9rieures sugg\u00e8rent une pr\u00e9dominance chiite. Ces communaut\u00e9s sont depuis longtemps m\u00e9lang\u00e9es\u00a0; par exemple, les Bahre\u00efnis chiites comprennent les Bahrani autochtones (dont beaucoup descendent des habitants de Dilmun pr\u00e9islamiques) et les &#039;Ajam (chiites persanophones, dont beaucoup sont issus d&#039;anciens immigrants). Les sunnites comprennent les Arabes urbains (descendants de tribus qui se sont install\u00e9s tr\u00e8s t\u00f4t) et les Huwala (familles sunnites d&#039;Iran). Tous sont bahre\u00efnis de nationalit\u00e9, bien que les disparit\u00e9s \u00e9conomiques et politiques soient souvent li\u00e9es aux sectes. Le gouvernement revendique la parit\u00e9 et accueille fr\u00e9quemment des citoyens chiites lors de r\u00e9unions officielles, mais les postes cl\u00e9s dans la s\u00e9curit\u00e9 et l\u2019administration restent majoritairement sunnites.<\/p>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 hors des grandes villes comprend \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments nomades et b\u00e9douins\u00a0; cependant, la plupart des tribus nomades sont d\u00e9sormais s\u00e9dentaris\u00e9es. L&#039;\u00eele principale et Muharraq sont particuli\u00e8rement parsem\u00e9es de villages ruraux, o\u00f9 les familles peuvent pratiquer l&#039;artisanat et l&#039;agriculture. Des \u00e9tudes g\u00e9n\u00e9tiques montrent m\u00eame que les populations de Bahre\u00efn font remonter leurs anc\u00eatres aux anciennes populations du Golfe, aux Anatoliens, aux Levantins et aux groupes irano-caucasiens, t\u00e9moignant de son histoire de carrefour. Les Bahre\u00efnis modernes parlent l&#039;arabe (avec un dialecte local du Golfe) comme langue maternelle, tandis que d&#039;importantes communaut\u00e9s utilisent \u00e9galement le persan, l&#039;ourdou, le malayalam, le tamoul et m\u00eame le tagalog, refl\u00e9tant ainsi la mixit\u00e9 des expatri\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces couches d\u00e9mographiques nourrissent directement la vie culturelle. Par exemple, la c\u00e9l\u00e8bre mosqu\u00e9e Al-Fateh de Manama accueille principalement des fid\u00e8les sunnites (bien qu&#039;ouverte \u00e0 tous), tandis que les mosqu\u00e9es chiites accueillent les comm\u00e9morations de Muharram. Les quartiers du vieux souk abritent des mosqu\u00e9es chiites et sunnites. En dehors du culte, les \u00e9coles sont s\u00e9par\u00e9es par confession (les chiites et les sunnites ont des syst\u00e8mes scolaires publics parall\u00e8les), ce qui s\u00e9pare les enfants au quotidien. Pourtant, les caf\u00e9s, les lieux de travail et les universit\u00e9s m\u00e9langent citoyens et \u00e9trangers. La majorit\u00e9 expatri\u00e9e \u2013 plus de la moiti\u00e9 de la population bahre\u00efnienne \u2013 conf\u00e8re \u00e0 Bahre\u00efn un caract\u00e8re cosmopolite. Les quartiers de Manama sont regroup\u00e9s par nationalit\u00e9 (quartier bengali, quartier philippin, etc.) et les f\u00eates \u00e9trang\u00e8res sont souvent c\u00e9l\u00e9br\u00e9es en soci\u00e9t\u00e9 (par exemple, Diwali ou les march\u00e9s de No\u00ebl dans les grands centres commerciaux). Le r\u00e9sultat net est une mosa\u00efque de population o\u00f9 la plupart des Arabes bahre\u00efnis s\u2019identifient comme musulmans (sunnites ou chiites), mais la soci\u00e9t\u00e9 environnante comprend des chr\u00e9tiens (souvent des chr\u00e9tiens occidentaux ou indiens), des hindous et d\u2019autres qui pratiquent relativement librement dans les enclaves d\u2019expatri\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Normes sociales et tenue vestimentaire<\/h2>\n\n\n\n<p>La vie sociale bahre\u00efnienne est ancr\u00e9e dans l&#039;hospitalit\u00e9, la famille et la courtoisie, avec un ton que de nombreux voisins du Golfe qualifient de \u00ab d\u00e9tendu \u00bb et \u00ab informel \u00bb selon les normes r\u00e9gionales. Les liens familiaux et tribaux sont primordiaux\u00a0: l&#039;identit\u00e9 premi\u00e8re d&#039;un individu est presque toujours sa famille \u00e9largie ou son clan. La loyaut\u00e9 envers la parent\u00e9 prime sur de nombreuses consid\u00e9rations, \u00e0 tel point que la culture bahre\u00efnienne valorise le n\u00e9potisme comme moyen de garantir la confiance dans les nominations. Il est courant que plusieurs g\u00e9n\u00e9rations vivent sous le m\u00eame toit ou dans une r\u00e9sidence familiale s\u00e9curis\u00e9e, et les grandes r\u00e9unions de famille (mariages, fun\u00e9railles ou simples visites) sont monnaie courante. En affaires et en politique, les relations personnelles influencent souvent autant la prise de d\u00e9cision que le m\u00e9rite. De m\u00eame, les bonnes mani\u00e8res privil\u00e9gient le respect des a\u00een\u00e9s et l&#039;harmonie collective\u00a0: lorsqu&#039;ils saluent, les Bahre\u00efnis se l\u00e8vent et saluent d&#039;abord les a\u00een\u00e9s, partagent le th\u00e9 avec les visiteurs et ne r\u00e9pondent jamais \u00e0 des questions impolies sur la famille ou la vie priv\u00e9e d&#039;autrui. Un visiteur remarquera qu&#039;offrir une tasse de caf\u00e9 \u00e0 la cardamome ou de th\u00e9 sucr\u00e9 (chaabit) est un \u00e9l\u00e9ment essentiel de l&#039;hospitalit\u00e9 bahre\u00efnienne. Refuser cette offre est consid\u00e9r\u00e9 comme impoli. De m\u00eame, des conversations honn\u00eates mais chaleureuses \u2013 demander des nouvelles de la sant\u00e9 de ses proches et \u00e9changer des banalit\u00e9s \u2013 accompagnent souvent la traditionnelle poign\u00e9e de main ou la bise. Femmes et hommes peuvent se saluer en public, mais l&#039;\u00e9tiquette bahre\u00efnienne veut que ce soit une femme qui prenne l&#039;initiative de toute salutation rapproch\u00e9e (par exemple, une bise sur la joue) avec un homme.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 Bahre\u00efn, la tenue vestimentaire refl\u00e8te l&#039;\u00e9quilibre entre tradition et modernit\u00e9. Dans la ville de Manama et sur de nombreux lieux de travail, les v\u00eatements de style occidental sont courants pour les deux sexes. Pourtant, les tenues traditionnelles restent tr\u00e8s visibles et respect\u00e9es. Les hommes bahre\u00efnis portent fr\u00e9quemment le thawb (\u00e9galement appel\u00e9 dishdasha), une tunique ample en coton blanc adapt\u00e9e au climat, ainsi qu&#039;une ghutra ou keffieh blanche. Celle-ci est souvent maintenue par un \u02bfiq\u0101l (cordon de t\u00eate) noir richement tress\u00e9, notamment lors des occasions officielles ou par les repr\u00e9sentants du gouvernement. Dans la rue, on croise un m\u00e9lange de styles\u00a0: employ\u00e9s de bureau en chemise et pantalon, commer\u00e7ants en thawb et policiers en uniformes brod\u00e9s aux motifs b\u00e9douins. Chez les femmes bahre\u00efniennes, les normes vestimentaires conservatrices sont plus souples que dans certains \u00c9tats du Golfe. Nombre d&#039;entre elles portent une longue \u02bfab\u0101yah (manteau) noire par-dessus leurs v\u00eatements et un \u1e25ij\u0101b (foulard) l\u00e9ger, mais le voile int\u00e9gral (niq\u0101b) est d\u00e9sormais rare en ville. Dans les quartiers chics et les centres commerciaux, les femmes de toutes confessions peuvent arborer des robes occidentales, des jeans et des baskets, ou des abayas sur mesure aux coupes modernes. Dans les milieux professionnels notamment, les femmes bahre\u00efniennes sont souvent voil\u00e9es et habill\u00e9es de mani\u00e8re formelle\u00a0: selon les guides culturels, environ un quart des femmes bahre\u00efniennes actives occupent un emploi \u00e0 l&#039;ext\u00e9rieur et sont bien repr\u00e9sent\u00e9es dans les secteurs de la m\u00e9decine, de l&#039;\u00e9ducation et des affaires. Pourtant, dans les villages ruraux et les communaut\u00e9s conservatrices, les femmes \u00e2g\u00e9es ont tendance \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 l&#039;abaya noire classique et au ch\u00e2le, notamment lors des visites \u00e0 la mosqu\u00e9e ou des r\u00e9unions de famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de l&#039;habillement, les normes sociales privil\u00e9gient l&#039;intimit\u00e9 et la d\u00e9f\u00e9rence. Poser des questions indiscr\u00e8tes sur la fortune personnelle ou les secrets de famille est mal vu. Les invit\u00e9s doivent se d\u00e9chausser en entrant dans une maison bahre\u00efnienne et sont tenus de s&#039;habiller sobrement en signe de respect, m\u00eame si l&#039;h\u00f4te est moins habill\u00e9. Les hommes sont g\u00e9n\u00e9ralement cens\u00e9s se serrer la main et, en cercle restreint, s&#039;embrasser sur la joue\u00a0; les femmes embrassent g\u00e9n\u00e9ralement d&#039;autres femmes ou des proches. Tout contact physique en public, au-del\u00e0 de ces politesses modestes, est \u00e9vit\u00e9. Le style de conversation bahre\u00efnien est poli et affectueux\u00a0: les inconnus qui se rencontrent dans les magasins ou les caf\u00e9s engagent souvent de br\u00e8ves conversations amicales sur la famille, et il est courant d&#039;entendre les gens dire \u00ab\u00a0Mar\u1e25aba\u00a0\u00bb (bonjour) ou \u00ab\u00a0As-sal\u0101m \u02bfalaikum\u00a0\u00bb et r\u00e9pondre par un sourire chaleureux. Toutes ces coutumes refl\u00e8tent l&#039;h\u00e9ritage islamique et les racines b\u00e9douines de Bahre\u00efn, temp\u00e9r\u00e9es par une ouverture urbaine\u00a0: les premiers dirigeants de l&#039;\u00eele appr\u00e9ciaient la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 envers leurs invit\u00e9s, et cette coutume reste ancr\u00e9e dans l&#039;\u00e9tiquette quotidienne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Expression artistique et artisanat traditionnel<\/h2>\n\n\n\n<p>Bahre\u00efn cultive une riche tradition artisanale tout en s&#039;ouvrant \u00e0 l&#039;art moderne. Des si\u00e8cles de commerce et d&#039;empire ont laiss\u00e9 un h\u00e9ritage \u00e0 l&#039;artisanat de l&#039;\u00eele\u00a0: poterie, tissage, travail du m\u00e9tal et construction navale sont autant d&#039;activit\u00e9s florissantes dans certaines r\u00e9gions de Bahre\u00efn. La Salle des m\u00e9tiers traditionnels du Mus\u00e9e national de Bahre\u00efn recr\u00e9e un souk anim\u00e9 et met en valeur ces m\u00e9tiers, en particulier l&#039;\u00e9conomie perli\u00e8re qui a fa\u00e7onn\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 bahre\u00efnienne. Dans le village d&#039;A\u02bfali, des g\u00e9n\u00e9rations de potiers fa\u00e7onnent l&#039;argile rouge\u00e2tre de Bahre\u00efn en pots \u00e0 eau et urnes caract\u00e9ristiques \u2013 un artisanat qui remonte \u00e0 la civilisation Dilmun de l&#039;\u00e2ge du bronze. Chaque printemps, le festival de la poterie d&#039;A\u02bfali attire habitants et touristes venus admirer les fours anciens en activit\u00e9. La vannerie est une autre tradition vivante\u00a0: le village de Karbabad, pr\u00e8s de Manama, est c\u00e9l\u00e8bre pour ses artisans qui tressent nattes et paniers en feuilles de palmier dattier. Comme une grande partie de l&#039;art populaire du Golfe, l&#039;artisanat bahre\u00efni \u00e9tait autrefois destin\u00e9 aux besoins essentiels (stockage de l&#039;eau, pr\u00e9paration des repas), mais il est aujourd&#039;hui aussi expos\u00e9 comme objet d\u00e9coratif dans les boutiques et les march\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tissage Al-Sadu est l&#039;un des artisanats bahre\u00efnis les plus embl\u00e9matiques. Ce textile tiss\u00e9 \u00e0 la main, traditionnellement par les femmes b\u00e9douines, pr\u00e9sente des motifs g\u00e9om\u00e9triques en laine et en poil de chameau. Chaque motif Sadu raconte l&#039;histoire de la vie dans le d\u00e9sert, et les couleurs proviennent de teintures naturelles locales. Bien que les tissus industriels aient supplant\u00e9 de nombreux usages du Sadu au milieu du XXe si\u00e8cle, on assiste \u00e0 un renouveau\u00a0: le Mus\u00e9e national et des groupes culturels organisent r\u00e9guli\u00e8rement des ateliers et des expositions de tissage, permettant ainsi aux jeunes femmes de suivre un apprentissage aupr\u00e8s de ma\u00eetres tisserands. Aujourd&#039;hui, le Sadu orne des housses de coussin, des tentures murales et des costumes nationaux, symbole vivant du pass\u00e9 nomade de Bahre\u00efn.<\/p>\n\n\n\n<p>La forge est un autre artisanat dont on est fier. Les souks de l&#039;or de Bahre\u00efn (notamment ceux de Manama) bourdonnent d&#039;activit\u00e9\u00a0: les bijoutiers fabriquent de tout, des traditionnelles bo\u00eetes \u00e0 dot aux cafeti\u00e8res (dallah) orn\u00e9es de calligraphies arabes et de filigranes. Des objets en argent et en or \u2013 amulettes, br\u00fble-parfums, fourreaux de poignards \u2013 \u00e9voquent la richesse de l&#039;\u00e8re des perles et du commerce nomade. C&#039;est pr\u00e9cis\u00e9ment pour cette raison que l&#039;UNESCO a class\u00e9 le Chemin des Perles de Bahre\u00efn (\u00e0 Muharraq) au patrimoine mondial\u00a0: l&#039;une de ses expositions est le tableau d&#039;un ancien collier de perles enfil\u00e9 sans perceuse, pr\u00e9servant ainsi le secret de l&#039;enfilage. La p\u00eache aux perles a jadis fait la renomm\u00e9e mondiale de Bahre\u00efn. Ses marchands et plongeurs de perles ont laiss\u00e9 derri\u00e8re eux non seulement du folklore et des chants, mais aussi des objets tangibles. Le \u00ab\u00a0Collier de Perles\u00a0\u00bb, site class\u00e9 au patrimoine mondial de l&#039;UNESCO, comprend des cabanes de plongeurs, des maisons de commerce et des forts\u00a0; le quartier de Riyad abrite m\u00eame un mus\u00e9e moderne du Chemin des Perles o\u00f9 les visiteurs peuvent essayer des combinaisons de plong\u00e9e et admirer des coquillages. Aujourd&#039;hui encore, les bijoutiers bahre\u00efnis enfilent des perles sur des colliers et des bracelets, pr\u00e9servant ainsi un savoir-faire de patience.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#039;artisanat maritime est profond\u00e9ment ancr\u00e9 ici. Les Bahre\u00efnis construisent et naviguent sur des boutres \u2013 de grands voiliers en bois \u2013 depuis des mill\u00e9naires. Les chantiers navals traditionnels de Manama et de Muharraq fabriquent encore des boutres g\u00e9ants, souvent command\u00e9s comme maisons flottantes ou pour des courses. Au-del\u00e0 des bateaux, certains m\u00e9tiers anciens survivent\u00a0: le village d&#039;\u02bfAl\u012b est connu pour ses panneaux de carreaux de c\u00e9ramique faits main (qui ornent souvent les mosqu\u00e9es), et les tisserands de Karbabad vendent des paniers et des chapeaux en feuilles de palmier. Bahre\u00efn compte \u00e9galement des ferblantiers et des fabricants de lanternes qui fa\u00e7onnent des lanternes (fanous) et gravent des motifs arabes sur les lampes. Lors des foires annuelles et au Souq al-Araba (le march\u00e9 du mercredi \u00e0 Manama), ces artisans exposent des louches, des tapis d&#039;angle, des textiles brod\u00e9s et des poteries. M\u00eame des objets simples \u2013 un mabkhara (br\u00fble-encens) ou un panier en palmier dattier tress\u00e9 \u2013 t\u00e9moignent de l&#039;identit\u00e9 locale.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement, l&#039;art contemporain se d\u00e9veloppe. Les galeries de Manama (comme Al Riwaq Art Space, fond\u00e9e en 1998) exposent des peintures, des photographies et des sculptures d&#039;artistes bahre\u00efnis et r\u00e9gionaux. Bien que modeste compar\u00e9e aux centres artistiques du Moyen-Orient, la communaut\u00e9 avant-gardiste de Bahre\u00efn existe bel et bien. Quelques noms c\u00e9l\u00e8bres ont \u00e9merg\u00e9\u00a0: par exemple, \u00e0 la fin du XXe\u00a0si\u00e8cle, des peintres comme Loulwah Al-Haroon se sont fait conna\u00eetre pour leurs \u0153uvres abstraites et Muhammad Al Dairi pour ses sc\u00e8nes figuratives. Aujourd&#039;hui, des \u00e9v\u00e9nements annuels comme la Biennale d&#039;art de Bahre\u00efn et le festival \u00ab\u00a0Le Printemps de la Culture\u00a0\u00bb \u200b\u200baccueillent des expositions internationales, permettant ainsi aux habitants de d\u00e9couvrir r\u00e9guli\u00e8rement l&#039;art moderne europ\u00e9en et asiatique aux c\u00f4t\u00e9s d&#039;\u0153uvres bahre\u00efniennes. La Bahrain Arts Society, fond\u00e9e dans les ann\u00e9es\u00a01980, organise des expositions mensuelles dans sa salle Al-Jaroud, refl\u00e9tant ainsi la tradition d&#039;hospitalit\u00e9 bahre\u00efnienne et une ouverture moderne aux \u00e9changes interculturels.<\/p>\n\n\n\n<p>En litt\u00e9rature et en folklore, Bahre\u00efn fait \u00e9galement le pont entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent. L&#039;\u00e9pop\u00e9e nationale Sha&#039;ir et les contes populaires circulent encore dans le langage courant. La po\u00e9sie bahre\u00efnie a des racines classiques\u00a0: il y a des si\u00e8cles, des po\u00e8tes composaient dans la noble forme b\u00e9douine nabati. De nos jours, la po\u00e9sie en arabe classique fleurit. L&#039;ic\u00f4ne po\u00e9tique du pays est Ali al-Sharqawi, dont les vers sur l&#039;amour et la patrie ont fait de lui un po\u00e8te appr\u00e9ci\u00e9 dans tout le pays. Parmi les autres sommit\u00e9s, citons Qassim Haddad, ancien pr\u00e9sident de l&#039;Union des \u00e9crivains de Bahre\u00efn, et Ebrahim Al-Arrayedh, dont la po\u00e9sie, laur\u00e9ate du prix de l&#039;\u00c2ge d&#039;or du Qatar, est inscrite au programme scolaire. Bahre\u00efn compte une forte proportion de po\u00e8tes\u00a0: par exemple, Hamda Khamis a publi\u00e9 le premier recueil de po\u00e9sie bahre\u00efni \u00e9crit par une femme en 1969, et des po\u00e8tes comme Fatima al-Taytun et Fawziyya al-Sindi jouissent d&#039;une renomm\u00e9e r\u00e9gionale. La prose s&#039;est d\u00e9velopp\u00e9e plus tard : le premier roman en anglais de l&#039;\u00eele \u00e9crit par un auteur bahre\u00efni (QuixotiQ d&#039;Ali Al-Saeed, 2004) a \u00e9t\u00e9 une \u00e9tape importante, et les maisons d&#039;\u00e9dition locales produisent d\u00e9sormais des romans, des nouvelles et de la litt\u00e9rature pour enfants en arabe.<\/p>\n\n\n\n<p>Historiquement, l&#039;h\u00e9ritage de Bahre\u00efn remonte \u00e0 l&#039;Antiquit\u00e9. Les fouilles arch\u00e9ologiques de Qal&#039;at al-Bahre\u00efn r\u00e9v\u00e8lent que cette petite \u00eele fut autrefois la capitale de Dilmun, une civilisation de l&#039;\u00e2ge du bronze mentionn\u00e9e dans la l\u00e9gende sum\u00e9rienne. Des couches d&#039;habitations, de temples et de forts atteignant 12 m\u00e8tres de haut couvrent des mill\u00e9naires. Le sommet de Qal&#039;at abrite aujourd&#039;hui un imposant fort portugais du XVIe si\u00e8cle, t\u00e9moin d&#039;une histoire marqu\u00e9e par les influences arabes, perses et europ\u00e9ennes. Des mus\u00e9es r\u00e9partis dans tout le royaume exposent des objets de Dilmun\u00a0: sceaux \u00e9labor\u00e9s, poteries et outils en cuivre, reliant Bahre\u00efn aux mythes du paradis de Gilgamesh. Plus r\u00e9cemment, le Chemin des Perles \u00e0 Muharraq (class\u00e9 au patrimoine mondial de l&#039;UNESCO) pr\u00e9serve les rues portuaires des XVIIIe et XXe si\u00e8cles, les maisons des familles de perliers et les parcs \u00e0 hu\u00eetres, preuves tangibles du pass\u00e9 de Bahre\u00efn comme fournisseur mondial de perles.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la vie culturelle bahre\u00efnienne est impr\u00e9gn\u00e9e de continuit\u00e9. Un Bahre\u00efni d&#039;aujourd&#039;hui peut lire de la po\u00e9sie Dilmun \u00e0 l&#039;\u00e9cole primaire, \u00e9couter des proverbes marins prononc\u00e9s par un a\u00een\u00e9, puis \u00e9couter de la pop internationale en voiture et porter un costume europ\u00e9en au travail. Les festivals illustrent ce m\u00e9lange\u00a0: parall\u00e8lement aux f\u00eates islamiques de l&#039;A\u00efd et de l&#039;Achoura, Bahre\u00efn organise chaque ann\u00e9e en f\u00e9vrier et mars un festival de musique et d&#039;arts du Printemps (Printemps de la Culture), qui attire des orchestres, des ballets et des groupes de jazz venus du monde entier. Les c\u00e9l\u00e9brations de la F\u00eate nationale, le 16\u00a0d\u00e9cembre, sont ponctu\u00e9es de danses traditionnelles de l&#039;\u00e9p\u00e9e (rifa&#039;i) et de feux d&#039;artifice sur des airs de pop occidentale. Dans l&#039;art et les loisirs quotidiens, ce m\u00e9lange d&#039;ancien et de nouveau r\u00e9sonne\u00a0: par exemple, on joue des trompettes al-nafir et des tambours daf lors des mariages, mais l&#039;orchestre peut ensuite se d\u00e9hancher sur des tubes occidentaux sous les n\u00e9ons. La sc\u00e8ne culturelle bahre\u00efnienne suit ainsi un fil conducteur\u00a0: pr\u00e9server le patrimoine \u2013 perles, po\u00e9sie, artisanat \u2013 tout en absorbant continuellement de nouvelles formes d&#039;art, cuisines et id\u00e9es venues de l&#039;\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Litt\u00e9rature et h\u00e9ritage historique<\/h2>\n\n\n\n<p>Les traditions narratives et \u00e9crites de Bahre\u00efn ont toujours fait partie de son identit\u00e9. Comme le souligne un \u00e9crivain\u00a0: \u00ab\u00a0Bahre\u00efn poss\u00e8de une riche tradition litt\u00e9raire, pourtant relativement m\u00e9connue des \u00e9trangers.\u00a0\u00bb La sc\u00e8ne litt\u00e9raire \u00e9tait initialement domin\u00e9e par la po\u00e9sie arabe classique. Au cours du XXe si\u00e8cle, presque tous les auteurs bahre\u00efnis \u00e9crivaient en arabe, s&#039;inspirant de th\u00e8mes islamiques et pr\u00e9islamiques. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, des cercles de po\u00e9sie coexistaient avec des familles r\u00e9citant des vers par c\u0153ur. Au milieu du si\u00e8cle, des institutions comme la Biblioth\u00e8que publique de Bahre\u00efn (fond\u00e9e en 1946) et, plus tard, le Centre pour la culture et la recherche, collectaient les manuscrits de po\u00e8tes locaux. L&#039;Association des \u00e9crivains de Bahre\u00efn, fond\u00e9e en 1969, devint le centre de l&#039;\u00e9criture cr\u00e9ative\u00a0; elle organisait des lectures et encourageait la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d&#039;auteurs bahre\u00efnis modernes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pays appr\u00e9cie \u00e9galement ses chroniqueurs historiques. Les historiens traditionnels ont pr\u00e9serv\u00e9 les r\u00e9cits de l&#039;ascension de la dynastie Al Khalifa, qui sont enseign\u00e9s \u00e0 l&#039;\u00e9cole. Plusieurs voyageurs irakiens et britanniques du XIXe si\u00e8cle ont document\u00e9 les coutumes bahre\u00efniennes, auxquelles les auteurs modernes font parfois r\u00e9f\u00e9rence. Ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, les travaux universitaires (d&#039;universitaires bahre\u00efnis et de chercheurs expatri\u00e9s) ont couvert des sujets aussi vari\u00e9s que l&#039;arch\u00e9ologie de Dilmun ou les questions sociales contemporaines. L&#039;Autorit\u00e9 gouvernementale pour la culture et les antiquit\u00e9s a publi\u00e9 des ouvrages sur la mythologie, des anthologies de po\u00e9sie et des \u00e9tudes sur le dialecte local (\u00ab\u00a0arabe bahre\u00efni\u00a0\u00bb) afin de conserver une trace \u00e9crite de la culture immat\u00e9rielle.<\/p>\n\n\n\n<p>La litt\u00e9rature bahre\u00efnienne contemporaine explore de nouvelles formes. \u00c0 partir des ann\u00e9es 1980, de jeunes po\u00e8tes ont commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire des vers libres et de la prose, influenc\u00e9s par les styles occidentaux. Les th\u00e8mes sont souvent devenus ouvertement personnels ou politiques\u00a0: certains po\u00e8tes abordent l&#039;identit\u00e9 nationale, les r\u00f4les de genre, voire les tensions d&#039;une soci\u00e9t\u00e9 divis\u00e9e. Si la quasi-totalit\u00e9 des publications restent en arabe, on observe un bilinguisme naissant\u00a0: une poign\u00e9e d&#039;\u00e9crivains (souvent des expatri\u00e9s ou des rapatri\u00e9s) publient en anglais ou dans des \u00e9ditions bilingues. L&#039;un des \u00e9v\u00e9nements marquants fut QuixotiQ (2004) d&#039;Ali Al-Saeed, un roman surr\u00e9aliste en anglais \u00e9crit par un Bahre\u00efni, qui marqua la premi\u00e8re fois qu&#039;un auteur bahre\u00efni \u00e9crivit un roman directement en anglais. Plus r\u00e9cemment, des maisons d&#039;\u00e9dition locales ont traduit des \u0153uvres \u00e9trang\u00e8res en arabe, et vice versa, exposant progressivement les lecteurs bahre\u00efnis \u00e0 la litt\u00e9rature mondiale et proposant des r\u00e9cits bahre\u00efnis \u00e0 l&#039;\u00e9tranger. La Foire internationale du livre de Bahre\u00efn, qui se tient chaque ann\u00e9e depuis les ann\u00e9es 1970, attire d\u00e9sormais des auteurs r\u00e9gionaux et des milliers de visiteurs, pr\u00e9sentant des romans arabes et des traductions.<\/p>\n\n\n\n<p>En mati\u00e8re d&#039;h\u00e9ritage historique, Bahre\u00efn rend un vibrant hommage \u00e0 son pass\u00e9. Les plus anciennes d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques (les tombes et le fort de Dilmun) sont expos\u00e9es au Mus\u00e9e national et sur des sites class\u00e9s au patrimoine mondial. Des contes populaires, comme ceux de l&#039;oiseau mythique Anqa&#039;a ou des B\u00eates des Djinns, sont repris dans les livres pour enfants. L&#039;\u00e9pop\u00e9e de Gilgamesh d\u00e9signe Dilmun comme le \u00ab Jardin des Dieux \u00bb, une fiert\u00e9 pour les Bahre\u00efnis qui pr\u00e9sentent ces l\u00e9gendes dans les expositions des mus\u00e9es. Les inscriptions de l&#039;\u00eele au patrimoine mondial de l&#039;UNESCO (les tombes de Dilmun et le Chemin des Perles) sont fr\u00e9quemment \u00e9voqu\u00e9es dans les programmes scolaires, sensibilisant ainsi les \u00e9l\u00e8ves bahre\u00efnis aux accomplissements de leurs anc\u00eatres. En bref, les institutions litt\u00e9raires et culturelles de Bahre\u00efn s&#039;efforcent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment de relier les citoyens modernes \u00e0 un r\u00e9cit ancien\u00a0: celui o\u00f9 Bahre\u00efn \u00e9tait autrefois un jardin d&#039;\u00c9den aquatique, puis une capitale mondiale des perles, et dont la po\u00e9sie et la prose perp\u00e9tuent cet h\u00e9ritage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Patrimoine musical<\/h2>\n\n\n\n<p>La musique \u00e0 Bahre\u00efn refl\u00e8te le m\u00eame m\u00e9lange de racines locales et de rayonnement international que l&#039;on retrouve dans d&#039;autres arts. Les traditions folkloriques sont ch\u00e8res aux Bahre\u00efnis\u00a0: ils sont fiers de leur musique sawt, un genre musical distinctif du Golfe m\u00ealant m\u00e9lodies arabes et rythmes de percussions africains et indiens. Le sawt s&#039;est d\u00e9velopp\u00e9 au d\u00e9but du XXe\u00a0si\u00e8cle \u00e0 Manama et Muharraq. Il a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Bagdad dans les ann\u00e9es\u00a01930, mais c&#039;est Bahre\u00efn qui l&#039;a rendu c\u00e9l\u00e8bre\u00a0; des pionniers bahre\u00efnis comme Mohammed Faris et Dhabi bin Walid sont devenus des stars r\u00e9gionales, fa\u00e7onnant un style qui s&#039;est r\u00e9pandu dans tout le Golfe. Les chansons sawt font g\u00e9n\u00e9ralement appel \u00e0 l&#039;oud (luth \u00e0 manche court), au violon et au tabla, avec des chants plaintifs \u00e9voquant l&#039;amour ou la vie dans le d\u00e9sert. Quelques l\u00e9gendes folkloriques contemporaines subsistent\u00a0: le regrett\u00e9 Ali Bahar, leader du groupe Al-Ekhwa (\u00ab\u00a0Les Fr\u00e8res\u00a0\u00bb), \u00e9tait appr\u00e9ci\u00e9 pour ses interpr\u00e9tations pop modernes de morceaux traditionnels.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre tradition typiquement bahre\u00efnienne est le fidjeri, le r\u00e9pertoire des p\u00eacheurs de perles. Le fidjeri est un style a cappella exclusivement masculin, chant\u00e9 par les \u00e9quipages de plongeurs pour coordonner leur travail et exprimer le d\u00e9sir du retour au pays lors des longs voyages. Bien que le commerce des perles ait disparu, les ch\u0153urs fidjeri continuent de se produire dans des clubs culturels et lors d&#039;\u00e9v\u00e9nements patrimoniaux. Son m\u00e9lisme envo\u00fbtant et sa structure en appel-r\u00e9ponse rappellent les voyages en mer d&#039;autrefois. Les danses Liwa et Tanbura, introduites par les Afro-Bahre\u00efniens (descendants de marins d&#039;Afrique de l&#039;Est) \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle, y sont apparent\u00e9es. Elles font appel \u00e0 des tambours, \u00e0 un grand cor \u00e0 anche double et \u00e0 des rythmes de transe, et restent populaires dans certains villages c\u00f4tiers lors des mariages et des f\u00eates publiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#039;\u00c9tat a \u00e9galement investi dans les institutions musicales. Bahre\u00efn a fond\u00e9 le premier studio d&#039;enregistrement du Golfe apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale et dispose aujourd&#039;hui d&#039;un Institut de musique et d&#039;un petit orchestre bahre\u00efni. Sous cette \u00e9gide, les jeunes Bahre\u00efnis apprennent les instruments occidentaux et les techniques classiques. D&#039;ailleurs, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, un v\u00e9ritable orchestre philharmonique de Bahre\u00efn a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 (dirig\u00e9 par Mubarak Najem), refl\u00e9tant la volont\u00e9 du gouvernement de diversifier l&#039;offre culturelle. La pop, le jazz et le rock sont \u00e9galement bien vivants\u00a0: des groupes locaux se produisent dans les clubs et lors du Printemps de la Culture annuel. Le groupe de rock progressif Osiris, fond\u00e9 dans les ann\u00e9es 1980, a jadis int\u00e9gr\u00e9 des gammes folkloriques bahre\u00efniennes \u00e0 des compositions avant-gardistes. Et oui, il existe m\u00eame une sc\u00e8ne heavy metal \u00e0 Bahre\u00efn, avec des concerts en plein air sous les \u00e9toiles.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la t\u00e9l\u00e9vision et \u00e0 la radio, les m\u00e9dias bahre\u00efnis pr\u00e9sentent de la musique locale et internationale. Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, le Festival international de musique de Bahre\u00efn accueille des orchestres et des solistes venus d&#039;Europe et d&#039;Asie, et le Festival de jazz de Bahre\u00efn accueille des artistes des pays arabes voisins. Parall\u00e8lement, le Mahraganat (\u00e9lectro-sha&#039;abi) et la pop arabe d&#039;\u00c9gypte et du Liban sont diffus\u00e9s dans les bo\u00eetes de nuit et \u00e0 la radio, aux c\u00f4t\u00e9s de la pop khaliji (pop moderne du Golfe). Dans les mosqu\u00e9es, les r\u00e9citations du Coran et les chants religieux continuent d&#039;\u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9s\u00a0; m\u00eame les chanteurs pop interpr\u00e8tent parfois des hymnes spirituels pendant le Ramadan. En r\u00e9sum\u00e9, la musique reste un \u00e9l\u00e9ment intime de l&#039;identit\u00e9 bahre\u00efnienne\u00a0: des fl\u00fbtes nay des rassemblements soufis aux salles de concert haut de gamme, la culture sonore bahre\u00efnienne couvre tout le spectre de la tradition et de la mondialisation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sport et identit\u00e9 nationale<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 Bahre\u00efn, le sport sert souvent de passerelle entre tradition et modernit\u00e9, et constitue un espace rare o\u00f9 les barri\u00e8res sociales sont moins prononc\u00e9es. Le football est de loin le sport le plus populaire. Le championnat national, fond\u00e9 en 1952, compte des clubs comme Al-Muharraq et Riffa, qui inspirent la loyaut\u00e9 locale. Les jours de match, les stades se remplissent de supporters de tous horizons. L&#039;\u00e9quipe nationale de football est devenue un symbole d&#039;unit\u00e9\u00a0: Bahre\u00efn a notamment remport\u00e9 la tr\u00e8s convoit\u00e9e Coupe du Golfe (Coupe du Golfe Arabique) pour la premi\u00e8re fois en 2019, un exploit c\u00e9l\u00e9br\u00e9 au-del\u00e0 des clivages confessionnels. Fait remarquable, le pays a r\u00e9it\u00e9r\u00e9 cet exploit d\u00e9but 2025, suscitant l&#039;enthousiasme de la nation et des hommages communs de personnalit\u00e9s chiites et sunnites. Ces victoires demeurent une source de fiert\u00e9 durable et ont \u00e9t\u00e9 retransmises en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale, montrant les Bahre\u00efnis en liesse.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#039;\u00c9tat promeut \u00e9galement activement une culture sportive diversifi\u00e9e. Le basket-ball, le volley-ball et le handball b\u00e9n\u00e9ficient d&#039;un public fid\u00e8le (les clubs concourent au niveau r\u00e9gional), et le cricket rassemble une communaut\u00e9 passionn\u00e9e parmi les expatri\u00e9s sud-asiatiques. Pas moins de 20 athl\u00e8tes bahre\u00efnis se sont qualifi\u00e9s pour les r\u00e9cents Jeux olympiques, souvent en recrutant des talents \u00e9trangers (par exemple, des coureurs kenyans naturalis\u00e9s). L&#039;athl\u00e9tisme et la natation sont des disciplines en plein essor, Bahre\u00efn investissant dans des installations d&#039;entra\u00eenement. Clin d&#039;\u0153il au pass\u00e9, les sports \u00e9questres restent valoris\u00e9s\u00a0: des courses hippiques et des \u00e9preuves de saut d&#039;obstacles ont toujours lieu \u00e0 Sakhir, et des pistes de courses de chameaux (avec des jockeys robotis\u00e9s de haute technologie) sont entretenues, t\u00e9moignant du patrimoine \u00e9questre b\u00e9douin.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#039;engagement sportif mondial le plus prestigieux de Bahre\u00efn est son circuit automobile. En 2004, Bahre\u00efn est entr\u00e9 dans l&#039;histoire en devenant le premier pays arabe \u00e0 accueillir un Grand Prix de Formule 1. Le Circuit international de Bahre\u00efn, situ\u00e9 dans le d\u00e9sert de Sakhir, accueille la course presque chaque ann\u00e9e depuis. L&#039;\u00e9preuve inaugurale en 2004 a \u00e9t\u00e9 remport\u00e9e par la Ferrari de Michael Schumacher, et en 2014, la course nocturne sous les projecteurs a fait du Grand Prix de Formule 1 de Bahre\u00efn le premier Grand Prix enti\u00e8rement nocturne du calendrier (apr\u00e8s celui de Singapour). Outre la F1, le circuit accueille des courses de dragsters et le Championnat du monde d&#039;endurance (8 Heures de Bahre\u00efn). Ces \u00e9v\u00e9nements attirent des visiteurs du monde entier et sont consid\u00e9r\u00e9s comme des symboles de l&#039;image internationale moderne de Bahre\u00efn. Leur calendrier a parfois \u00e9t\u00e9 controvers\u00e9 (par exemple, en raison de troubles int\u00e9rieurs), mais ils placent ind\u00e9niablement Bahre\u00efn sur la sc\u00e8ne sportive mondiale.<\/p>\n\n\n\n<p>D&#039;autres \u00e9v\u00e9nements cultivent \u00e9galement l&#039;identit\u00e9 nationale. Bahre\u00efn organise des r\u00e9gates annuelles pour bateaux traditionnels dans ses eaux. Le gouvernement soutient une association de boxe amateur (l&#039;\u00e9quipe nationale a r\u00e9cemment remport\u00e9 des m\u00e9dailles asiatiques) et m\u00eame les arts martiaux mixtes\u00a0: le cheikh Khalid bin Hamad Al Khalifa a fond\u00e9 la BRAVE Combat Federation, qui organise des combats internationaux de MMA \u00e0 Bahre\u00efn et promeut les combattants locaux. Tout cela illustre une tendance\u00a0: Bahre\u00efn consid\u00e8re le sport comme un moyen d&#039;unifier sa population diversifi\u00e9e et de projeter une image moderne. Dans le discours public, les athl\u00e8tes et les \u00e9quipes performants sont c\u00e9l\u00e9br\u00e9s, au-del\u00e0 des clivages confessionnels, comme les r\u00e9alisations \u00ab\u00a0bahre\u00efniennes\u00a0\u00bb. L&#039;\u00e9ducation physique scolaire comprend toujours le football et le basket-ball, mais aussi des jeux traditionnels comme l&#039;al-arsi (une danse proche de la lutte) et le keekle (une sorte de corde \u00e0 sauter)\u00a0; ces jeux culturels anciens perdurent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le soir de la F\u00eate nationale (16 d\u00e9cembre) ou de la Journ\u00e9e la\u00efque du Conseil de coop\u00e9ration du Golfe, des d\u00e9fil\u00e9s de rue accueillent des enfants brandissant des drapeaux et de petits tournois de football. M\u00eame les franchises internationales y ont leur place\u00a0: les jeunes Bahre\u00efnis suivent les matchs de la Premier League anglaise et de la NBA sur la t\u00e9l\u00e9vision par satellite. On observe \u00e9galement une \u00e9volution significative entre les sexes\u00a0: des \u00e9quipes f\u00e9minines de football ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es (l&#039;\u00e9quipe f\u00e9minine des moins de 19\u00a0ans a fait la une des journaux en remportant le championnat de la F\u00e9d\u00e9ration de football d&#039;Asie de l&#039;Ouest en 2019). De plus en plus de filles pratiquent d\u00e9sormais le netball et l&#039;athl\u00e9tisme, refl\u00e9tant \u00e0 la fois les droits modernes et la modestie traditionnelle (les \u00e9quipes f\u00e9minines concourent souvent en abayas ou en surv\u00eatements et s&#039;inspirent de la fiert\u00e9 tribale). En somme, le sport \u00e0 Bahre\u00efn illustre la double identit\u00e9 du pays\u00a0: il pr\u00e9serve certains sports traditionnels (courses hippiques, voile inspir\u00e9e des perles) tout en s&#039;engageant avec enthousiasme dans les jeux et comp\u00e9titions internationaux. Pour de nombreux Bahre\u00efnis, encourager un match est \u00e0 la fois un passe-temps moderne et un rituel communautaire partag\u00e9, qui transcende certaines barri\u00e8res sociales et souligne leur identit\u00e9 d&#039;appartenance \u00e0 une petite mais fi\u00e8re nation du Golfe.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><em>Des mosqu\u00e9es et souks aux salles de concert et aux stades, on per\u00e7oit la mission du pays : honorer sa lign\u00e9e arabo-islamique tout en s&#039;ouvrant au monde. Concr\u00e8tement, cela se traduit par la protection des textes sacr\u00e9s et de la tradition tribale, tout en permettant aux artistes et athl\u00e8tes bahre\u00efnis de se produire sur les sc\u00e8nes internationales. Cela se traduit par un gouvernement qui finance des ateliers de poterie ancienne tout en sponsorisant des pistes de course high-tech. Cela implique un enseignement dans les \u00e9coles coraniques parall\u00e8lement \u00e0 des cours de diplomatie internationale. Il en r\u00e9sulte une soci\u00e9t\u00e9 ouverte, ambitieuse et pourtant bien ancr\u00e9e : les Bahre\u00efnis r\u00e9citent aujourd&#039;hui des po\u00e8mes anciens \u00e0 la lueur des lanternes, et bloguent en direct sur leurs smartphones. Ainsi, le paysage culturel de Bahre\u00efn demeure une synth\u00e8se de tradition et de modernit\u00e9 \u2013 une mosa\u00efque sans cesse reconstitu\u00e9e au gr\u00e9 des arriv\u00e9es de nouveaux carreaux.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La religion pr\u00e9dominante est l&#039;islam, et les Bahre\u00efnis sont r\u00e9put\u00e9s pour leur tol\u00e9rance envers diverses pratiques religieuses. Les mariages entre Bahre\u00efnis et expatri\u00e9s sont assez rares\u00a0; de nombreux Philippino-Bahre\u00efniens, comme l&#039;actrice, en sont un exemple. Un enfant des Philippines, Al-Alawi, Mona Marbella.<\/p>","protected":false},"author":1,"featured_media":35484,"parent":35335,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"elementor_theme","meta":{"_eb_attr":"","footnotes":""},"class_list":["post-35481","page","type-page","status-publish","has-post-thumbnail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/35481","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=35481"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/35481\/revisions"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/35335"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/35484"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/travelshelper.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=35481"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}